Une dernière fois

Il a fait un peu froid ces temps-ci à la ferme.  Tellement froid d’ailleurs qu’il a fallu se réfugier dans la chambre froide pour emballer les légumes et monter les paniers!  C’est un peu la beauté et l’inconvénient de nos vieilles bâtisses, elles gardent bien leur fraicheur durant l’été mais arrivé l’hiver, tout le monde plie bagage pour de meilleurs cieux.  À ces températures, on ne peut pas trop demander aux plantes qui perduraient encore en serre… froide.  On a récolté les derniers épinards, seuls légumes feuilles dans vos paniers et laissé là les navets qui faisaient du surplace depuis quelques semaines faute de les avoir plantés plus tôt.  Vous devinerez donc que la plupart des légumes de cette dernière semaine seront des racines…Ce panier sera le dernier de la saison allongée.  Nous vous remercions d’avoir participé avec nous à cette nouvelle expérience vu que nous n’en avions jamais offert auparavant.

À tous, nous vous  souhaitons un bel hiver, de belles fêtes, en espérant vous retrouver nombreux la saison prochaine.  En attendant, au plaisir de vous retrouver tous une dernière fois!

Givre et plantes chenues

Le marché Atwater complété et une bonne moitié des abonnés nous ayant quitté à la fin octobre, les tâches se sont tout d’un coup allégées à la ferme.  L’impensable est même arrivé, nous avons assisté à un premier concert de la saison hivernale à la Cinquième Salle, un voyage nostalgique au cœur d’une Algérie à jamais perdue.  À Stanbridge East, les vents ont soufflé fort, nettoyant tout sur leur passage.  Nous avons même goûté à un deuxième gel mortel, un avertissement aux maraichers qu’il y a une limite à garder des légumes feuilles dans les champs, même si leur seuil de tolérance peut être bien généreux.  Nous avons donc récolté  les feuilles moutardes lundi avant le -4 annoncé pour la région.  Qu’à cela ne tienne, le reste des légumes feuilles est en serre et ceux-là peuvent encore tenir le coup, du moins, on l’espère…

La paix dans nos campagnes est un tant soit peu dérangée par le début de la chasse aux cervidés.  Tôt le matin, ça pistole ici et là, souvent pour la forme car des chevreuils dans nos forêts, il semble y en avoir de moins en moins.  Mais telles nos oies sauvages reprenant la route du Sud aux premiers froids, la gente carnassière se sent un irrésistible besoin de taquiner le lièvre aux abords de novembre.  Drôle de gente, effectivement.  Ces Don Quichotte des temps modernes, accoutrés de leurs gilets fluorescents et de leurs vestes camouflages, vont passer des heures de plaisir à grelotter dans leurs caches en attendant qu’un deux pointes daigne les croiser.  Bon, on s’y habitue et la saison ne dure que deux semaines de toutes façons.

Il y aura du légume dans vos paniers de cette deuxième semaine allongée (carottes, fenouil, betteraves, Pak Choy, etc.) et aussi des feuilles, le kale, la moutarde Fun Jen, de la roquette et des épinards.

Première saison allongée

Cette première incursion à livrer des paniers durant novembre sera une découverte aussi bien pour vous que pour nous.  Va-t-on ramasser les betteraves dans la neige? Va-t-il falloir attendre la mi-journée pour récolter les légumes feuilles tellement ils étaient gelés? Seul le temps nous le dira même si on espère que la température des prochaines semaines ne nous jouera pas de mauvais tours.  Au plaisir de vous retrouver tous et n’oubliez pas qu’il fait sombre assez vite…

Bras nus

C’est en t-shirt et le front perlé que nous avons récolté les légumes de la dernière semaine de la saison régulière.  Cela ne nous est jamais arrivé depuis que nous nous sommes lancés dans ce métier, habitués que nous étions à grelotter, les mains dans l’eau glacée des petits matins.  Nous nous sommes donc empressés de récolter les légumes feuilles ce lundi avant l’arrivée des pluies abondantes annoncées pour mardi soir.  Il a aussi fallu faire vite et mettre en terre l’ail de l’an prochain et à la différence des années précédentes, cette plantation s’est faite dans la sérénité d’une terre meuble et aérée, plutôt que les mains dans la gadoue et le regard transi.  Enfin, nous avons aussi réussi à herser les dernières parcelles dans lesquelles il fallait vite planter nos engrais verts, du seigle d’automne, seule céréale capable d’affronter les grands froids à venir.

 

Givrés

On l’aura finalement eu notre nuit en dessous de zéro.  Après quelques fausses alertes et autant de déceptions, voilà que la météo décide de respecter la norme et les températures de saison, même si pour une nuit seulement.  À moins deux degrés Celsius, on sépare le bon grain de l’ivraie, l’annuelle de la vivace, le galinsoga du Pak Choy, tout cela sous le sourire réjoui mais grelottant de ce maraicher.  Moins deux, c’est aussi le moment où l’avoine et le pois passent le relais au seigle, recomposant ainsi la courtepointe des engrais verts de cette ferme.  Le seigle, voyez-vous, aime le froid, en retire toute la substantielle moelle et sera le premier à vous saluer au retour du printemps.  Comme l’ail, un autre fieffé coquin qui a besoin de vernaliser pour repartir de plus belle, le seigle prend ses forces durant la froidure de novembre, s’endort lentement sous le couvert des premières neiges pour mieux vous épater quand la chaleur aura repris droit de cité aux premières giboulées.  Ne brûlons pas les étapes par contre, il reste encore quelques mois de froid intense à supporter…

La fin du tunnel

Même si le froid n’est pas encore au rendez-vous, nous avons senti le vent du changement avec les pluies de cette fin de semaine, sporadiques mais drues, avant le déluge que nous avons reçu lundi.  Les récoltes de cette semaine se sont donc faites les pieds dans la gadoue et le bas du dos humide.  Nous n’avons pas le choix de toutes façons, la fenêtre des récoltes étant bien courte et l’organisation des paniers tout autant.  La bonne nouvelle touchant aux précipitations est l’effet qu’elles vont avoir sur les engrais verts que nous avons semés au cours des dernières semaines et qui devaient avoir bien soif.  L’eau va leur donner un regain d’énergie et avec le temps clément encore programmé, il y aura certainement une augmentation substantielle de leur biomasse.  Ceci dit, nous avons hâte de voir les températures baisser car, comme vous le savez, seul un bon froid constant, proche du zéro, va augmenter le taux de sucre de certains légumes, les betteraves, les carottes en particulier.  En attendant, le rideau tombe, littéralement, sur les solanacées de cet été.  Les tunnels dans lesquels nous avons fait pousser aubergines et tomates seront démantelés cette semaine et rangés dans nos entrepôts, à ressortir aux premières lueurs du printemps, l’an prochain.  En attendant, le nettoyage d’automne bat son plein et graduellement, de moins en moins d’accessoires agricoles jonchent les champs, au grand plaisir de ce maraicher…

Franchir le Rubicon

J’aimerais dire que nous avons franchi le Rubicon et que les nuits froides des derniers jours vont sonner le glas de toute la flore non désirée qui peuplent nos allées et platebandes mais rien de tout cela.  Les températures ne baissent pas assez et comme ces fameux invités qui ne savent pas à quel moment saluer leurs hôtes et déguerpir, il y a toute une panoplie de folles annuelles qui s’accrochent à la vie et qui n’en finit pas de nous narguer.  Finalement, c’est plutôt le coup de herse dans les parcelles récoltées qui met un terme à ce badinage plutôt que les gels tardifs si escomptés.  Dans les tunnels des solanacées, le moral est au beau fixe grâce à la protection accrue des toiles de plastiques.  Les plants ne sont plus vraiment beaux à voir mais par je ne sais quel miracle mal expliqué, la communication entre la plante et le fruit semble encore opérer.  Il y aura donc encore quelques légumes estivaux à se mettre sous la dent cette semaine en plus de la ration de racines auxquels vous vous attendez, tout cela agrémenté bien sûr d’une courge — citrouille ou délicata, on verra…

Du lever au coucher du soleil : les journées filent

Les superbes couchers de soleil se suivent et se ressemblent à la ferme.  Comme nous avons ressorti la grosse artillerie la semaine dernière, ce coup d’éclat de la nature ne nous a pas trop inquiété.  Il fallait juste gérer les temps d’irrigation des différentes parcelles afin d’économiser l’eau de l’étang qu’une autre semaine de sécheresse videra substantiellement…  Mais ce temps estival ne peut durer indéfiniment!  Nous sommes bien au Québec, n’est-ce pas?  En attendant ces gouttes salvatrices, le nettoyage des champs est bien lancé.  Il faut ramasser les paillis plastique des premières solanacées, regrouper les barres de métal qui ont soutenu nos tomates, passer la herse à disques et finir de semer les derniers engrais verts avant que les champs ne soient complètement impraticables pour la grosse machinerie.  Les dernières grosses récoltes s’en viennent aussi, le rutabaga et le céleri-rave ce lundi mais aussi les carottes, les betteraves et quelques légumes racines moins connus tels les radis noirs, daikon ou melon.  Petit moment de plaisir, tous les jours, je vais vérifier la croissance des légumes feuilles que nous avons transplantés ces dernières semaines.  Il y aura bien sûr plusieurs variétés de laitues à offrir dans les paniers mais aussi de la feuille moins connue même si aussi délicieuse, le cresson, le mizuna, le komatsuna, le pourpier…  J’ai hâte.

Au beau fixe

La température au beau fixe, c’est du déjà vu en septembre.  Après avoir pesté pendant des mois sur le temps morose qu’il a fait ce printemps, voilà que nous subissons les affres de l’été.  Pas de pluie à l’horizon alors qu’il fait sec et chaud depuis une bonne dizaine de jours.  Il a fallu ressortir les tuyaux d’irrigation pour les nouvelles cultures qui cloront la saison et retrouver les mécanismes que nous avions un peu oubliés durant le gros de l’été.  Si cet état de fait est un baume pour ces cultures, des feuilles surtout, il ne sauvera pas les légumes qui ont trouvé la saison difficile, les tomates en particulier.  Méconnaissables dans leurs tunnels, ils attendent une main compatissante pour les libérer de leur condition.

Le panier de cette semaine est encore un mariage de deux saisons, l’été côtoyant l’automne de façon assez égale.  Le déclic se fera très probablement d’ici une semaine ou deux quand vous commencerez à recevoir certaines racines que nous sommes sur le point de récolter, le rutabaga, le céleri-rave.  D’autres racines attendent aussi leur tour mais il ne faut pas aller trop vite avec elles car seul les premiers froids vont leur donner le tonus et la saveur propre auxquels vous êtes habitués.  Je reviendrai sur ceux là un peu plus tard…

Bonne samaritaine

Le changement de diète est radical à la ferme, ces temps-ci.  Depuis l’arrivée de Sarah, notre nouvelle employée durant le mois de septembre, nous sommes soumis à un régime végétalien draconien et ma foi, on aime ça!  Tel le cordonnier mal chaussé, nous avons rarement le temps de cuisiner nos propres légumes et malgré les supplications pour que nos enfants reprennent le flambeau et le chemin des cuisines, nous nous rabattons souvent sur ce qu’il y a de plus facile, de plus rapide, mais goûteux tout de même, l’inaliénable salade tomates, oignons et feta, agrémentée à l’occasion d’une laitue sauvée in extrémis des becs de pondeuses gâtées.  Sarah a donc pris les choses en main, en se disant bien que si elle voulait varier le menu autour d’ici et se sustenter de façon respectable, l’effort allait venir d’elle.  Forte d’une expérience en restauration et d’un intérêt marqué pour la cuisine végétalienne, voilà qu’elle nous fait redécouvrir les délices des légumes frais, cuits à point, regorgeant de saveurs et d’épices rarement utilisées chez nous.  L’aventure va durer encore deux semaines mais déjà on appréhende Octobre quand notre bonne samaritaine ne sera plus des nôtres, elle qui a jeté son dévolu sur des contrées exotiques et lointaines.  Merci, Sarah.

Le temps des récoltes

C’est la dernière grande récolte de la saison qui se passe ces temps-ci à la ferme, celle des courges d’hiver.  Non qu’il n’y aura pas d’autres grandes récoltes d’ici octobre mais aucune de cette envergure.  On ne peut pas éviter les courges d’hiver dans une ferme; elles prennent toute la place qu’on veut bien leur allouer voire un peu plus.  Rampantes ou buissonnantes, elles s’étalent de tout leur long pour ne plus faire qu’un tapis végétal après quelques semaines de croissance.  Cette année, nous avons tenté une expérience entrevue chez un autre fermier, celle de les planter sur une grande parcelle de seigle que nous avions couché et détruit préalablement, l’idée centrale étant de baisser notre usage de paillis plastique.  Bien semée, le seigle peut effectivement agir à titre de barrière tout en devenant éventuellement de la matière organique pour les champs quand il sera hersé.  Je ne peux statuer encore mais les résultats, basés sur la récolte des courges spaghetti, votre courge cette semaine, semblent concluants.  Reste à voir comment se sont débrouillées les autres variétés que vous trouverez dans vos paniers au cours des prochaines semaines.

Notre nouvelle employée, Sarah, venue nous donner main forte durant le mois de septembre et très bonne cuisinière végétalienne devant l’éternel, nous a concocté une bien bonne recette lors du long weekend pour apprêter la dite Spag.  Alors qu’elle cuit au four pendant 45 minutes à 400 degrés Fahrenheit, vous vous faites une sauce composée d’un mélange hétéroclite mais ô combien délicieux des éléments suivants : huile d’olive, cannelle, cumin, clou de girofle, coriandre en grains, sel et poivre.  Une fois la courge cuite, vous la videz dans un bol et vous y jetez la sauce épicée.  Cela vous changera de la sempiternelle courge à la sauce tomate.  Au plaisir de vous retrouver tous.

Quand ça sent l’automne

Le petit air bien frisquet du matin, même si tempéré par nos belles journées ensoleillées de fin d’août, nous propulse clairement dans un état d’esprit automnal.  Tout dans les champs commence à perdre son lustre, sauf peut-être la verge d’or, dernier bastion des abeilles qui font leurs dernières emplettes de pollen, avant la disette annoncée.  La saison est ponctuée de grandes récoltes rythmant le passage du temps.  Après celle de l’ail, à la fin juillet, voilà que nous venons de ramasser les oignons de garde, toutes couleurs confondues, pour les entreposer et assécher leur feuillage.  Suivront plus tard cette semaine, les courges d’hiver que l’on a délaissées pendant presque trois mois et qui doivent se demander quand viendra leur tour.  Spaghetti, delicata, buttercup, butternut, musquée de Provence, citrouille, elles vont toutes sortir du champ, pour le long mûrissement si important à leur intégrité physique et culinaire.  Tout ce beau monde arrive presque en même temps, créant une congestion dans nos espaces d’entreposage et tout aire ouverte, tout couloir de passage est mis à contribution pour accueillir ces légumes, très bientôt dans vos paniers de toutes façons.

Le panier de cette semaine contient un de mes oignons préférés, le Red Tropeana Lunga.  Récolté à ce stade-ci, nous ne pouvions inclure les feuilles peu appétissantes.  Mais l’oignon est un beau spécimen à manger cru (pas mal fort, merci) mais aussi à faire revenir pour ceux qui aimeraient se faire des oignons confits.  La valse des laitues a aussi repris son cours et compte tenu de leur état, il se pourrait bien que vous en ayez deux voire trois dans vos paniers.  Au plaisir de vous retrouver tous.