Derniers paniers

Sous le porche - Under the PorchAvec le panier de cette semaine, vient à sa fin la saison 2015, généreuse en rebondissements heureux et à l’occasion douteux.  Nous reviennent des moments forts, un printemps mémorable pour les brassicacées, la magnanimité des ratons laveurs et des oiseaux envers le maïs mais des pluies abusant de la  gentillesse des tomates.  Chaque année passant est source de riches enseignements et celle-ci ne déroge pas des autres : il y aura plus de serres à la ferme car il faut mieux protéger les plants des aléas climatiques et vous offrir une saison prolongée.

Grange à l'aube - Barn at DawnCeci dit, l’automne s’est finalement installé à la ferme, d’abord en dévêtant la plupart de nos grands arbres et en brassant ensuite toutes les feuilles, de façon égale, à travers les jardins et les champs.  L’ail et le topinambour sont bel est bien plantés, les fraises paillées et il ne nous reste plus qu’à nettoyer l’entrepôt et ranger nos bacs, une fois vos paniers livrés.

Vous avez été, comme à l’accoutumée, fidèles aux rendez-vous, pleins de bons mots, toujours souriants même si quelques fois pressés et c’est pour cela que ce modèle de mise en marché nous plait tant.  Nous vous espérons de retour l’an prochain, nombreux à profiter de cette vision de l’agriculture de proximité.

Deux brouettes - Two Wheelbarrows

Arbres de ma forêt

Il a fait -5 dans la nuit de samedi à dimanche et -11 hier soir.  Un rappel s’il en est un que l’hiver est à nos portes et qu’il va falloir s’y faire.  Ces températures inclémentes nous obligent à presser la cadence, comme planter notre ail de l’an prochain, chose que nous avons faite hier sous un soleil radieux et au fond de l’air revigorant.  On a aussi continué à ramasser d’autres racines, votre lot cette semaine, et prié pour un peu de chaleur afin de donner du coffre aux betteraves et aux rutabagas, subjugués par la froidure ambiante.  Notre impression est que 2015 n’aura pas son été indien, la saison nous ayant tout de même choyés durant septembre.

Feuilles d'automne - Fall Leaves

Avec la froidure et la perte d’une partie de leurs  feuilles, c’est le moment que choisit ce fermier pour visiter ses arbres.  Si les boisés de la ferme sont relégués aux oubliettes durant la saison haute, c’est une toute autre histoire quand la bise s’en vient…  Tout d’un coup, on se rappelle de l’existence de ce monde caché et on y pénètre comme si on prenait la clé des champs, heureux de redécouvrir cet espace délaissé.  Ces jours ci, ces boisés ne possèdent ni la luxuriance de l’été ni la nudité de l’hiver.  Ils sont dans un entre deux, attendant un autre vent du nord pour mieux se révéler.  C’est le moment que je choisis pour reprendre mes droits, fouler leur sol et dire tout haut aux chasseurs qui s’y cachent que le maitre de céans est arrivé.

Érable jaune - Yellow Maple

Symphonie

La symphonie en courge suit son cours.  Cette semaine, un peu en retard diront certains, on vous propose la citrouille.  Petite, se casant assez facilement dans nos paniers et bacs, elle est vraiment faite pour les amateurs de tartes.  N’attendez donc pas Halloween pour la mettre en valeur, on ne la cultive pas pour cela.  Comme une courge n’arrive jamais seule, on ajoutera une poivrée ou une délicata pour faire un chiffre rond.  On est aussi allé fouiller dans les entrailles de la terre afin de voir si les topinambours étaient prêts.  Test positif, on vous offrira aussi cette drôle de racine à la réputation sulfureuse mais tellement non méritée.  Un visiteur belge qui s’était arrêté à la ferme cette fin de semaine nous racontait que les troupes allemandes, durant la 2ième guerre, réquisitionnaient les pommes de terre et laissaient les rutabagas et les topinambours aux populations locales.  Depuis, il semble que ces deux légumes peinent à remonter la pente des aliments fétiches des cuisiniers d’aujourd’hui.  Il faut énergiquement réparer cette injustice.

Secrets bien gardés

Cette semaine, la pomme est à l’honneur. Devrait-on parler du petit verger que nous avons planté à nos débuts ou des pommiers perdus que nous retrouvons ça et là, au fil de nos promenades sur les berges?  On fera les deux.  On voulait un verger de pommes, de poires et de prunes.  Ce ne sont que les premiers qui ont l’air d’avoir compris nos attentes et cette année, nous avons commencé à récolter des Empire, Cortland, Red Delicious et autres Russet.   Les fruits sont délicieux mais en régie bio, on les accepte tels quels.  Il faut dire que ce maraîcher, d’un naturel plutôt impatient, a décidé de planter les variétés les plus connues sur le marché, clairement les plus susceptibles à certaines maladies ou ravageurs, ne se doutant pas de l’attention que ces dernières demanderaient s’il fallait rechercher le fruit parfait.

Escabeau Pommier Coach House Apple Tree Ladder

Heureusement que la nature fait bien les choses car voilà que l’on peut trouver, au gré de nos activités sur les terres, de petits secrets bien gardés.  En l’occurrence, une demi-douzaine de pommiers rustiques, vieux comme le monde et clairement le résultat de la dissémination aléatoire d’un pépin balloté par le vent. Le premier pommier, on l’appellera le Coach House, vu sa proximité à ce bâtiment de ferme, a bel et bien été planté par la jardinière hors pair de ces lieux et les pommes qu’il produit chaque année, à profusion, sentent le goût d’une époque révolue, un temps durant lequel on ne rechignait pas devant le sucré amer de ses fruits.  Mais ce sont deux autres pommiers qui ont attiré notre attention : un squelette de pommier que le hasard a littéralement amené au pied du pont en ‘reconstruction’ mais qui produit encore un délice de pomme, sucrée, mielleuse, avec une petite touche citronnée dans le fond du palais (appelons-la Arlington…).  Et enfin, un pommetier situé de l’autre côté du même pont et dont les fruits d’un jaune ambré, sont tout simplement une révélation gustative…

Pommier Coach House Apple Tree_BIS

Ambivalence

Je vous avais dit que j’y reviendrais et voilà, une autre semaine qui passe et le maraîcher est toujours aussi ambivalent dans son rapport à la machine.  Pour certains, un des attraits principaux du travail à la ferme est justement l’usage d’une panoplie de trucs et de machins, de tracteurs de tous acabits et d’accessoires pour pratiquement chaque activité agricole.  Des heures de plaisir pour celui ou celle à qui une main graisseuse ne rebute point.  Mais pour le fermier derrière ces lignes, chaque bri mécanique, tout bruit suspect de moteur, chaque arrimage d’accessoire, est source de frustration pour ne pas dire autre chose.  Pourquoi ce rapport suspect?  La réponse n’est pas aussi évidente que cela et il faut aller la chercher, je pense, dans une drôle de dichotomie entre la vision simple et bucolique que nous avons du travail de la terre et la présence quasi obligatoire de la machine dans l’accomplissement de nos tâches quotidiennes.  C’est un peu comme si ce fermier avait encore l’âme plongée dans un profond 19ième siècle mais un corps défendant dans le 21ième.  Dure réalité car ces deux visions s’entrechoquent souvent même si elles trouvent occasionnellement matière à compromis.  Comme un vieux couple condamné à vivre ensemble, l’agriculture d’aujourd’hui ne peut se passer ni de l’une ni de l’autre.

Fleur de topinambour - Jerusalem Artichoke Flower

Automne

Rien de mieux qu’une nuit à 6 degrés Celsius et une journée à 16, venteuse de surcroît, pour s’inscrire dans ce début automnal. Tout d’un coup, l’idée de vous servir des courges et des navets pendant quelques semaines ne parait plus un affront, un ravissement en fait. Ces légumes bien sûr et bien d’autres, les racines sympathiques, les feuillus mais encore quelques solanacées qui se dandinent fièrement dans quelques champs, insouciantes, au moins jusqu’au premier gel. Ces premières fraicheurs sont aussi un appel à protéger certains plantations, les fraises en particulier que l’on a commencé à pailler. Pour le moment, la paille est déposée dans les entre-rangs et aussitôt qu’il fera vraiment froid, nous recouvrirons les plants de cette même paille pour leur sommeil hivernal.

Straw berries - Fraises paillées
À compter de cette semaine, vous recevrez divers types de courges, certaines qui se conservent très bien sur vos comptoirs et d’autres qu’il vaut mieux consommer rapidement. Notre préférée est la delicata, une courge au goût raffiné et qui se consomme avec épluchure une fois cuisinée. On vous fournira des recettes au besoin. Le nettoyage de l’ail prend plus de temps que prévu. Sa distribution ne se fera qu’à partir de la semaine 16, c’est-à-dire celle du 27 septembre.

Racines et rails

Nous étions prêts à passer à la dernière étape de cette saison, vous savez, celle qui, sans être vraiment automnale, nous engageait lentement mais sûrement dans le fabuleux monde des courges et de la racine.  Mais c’est sans compter sur Dame Nature qui, soufflant le chaud et le froid, nous laisse bien perplexe sur le temps à venir.  Tenez, au moment de pondre ces lignes, il pleuviote allègrement mais un énième clic sur notre site météo préféré nous laisse miroiter encore une autre semaine chaude, celle d’un été indien comme nous aimons les avoir en ce Québec profond.  Nous allons donc remettre à la semaine prochaine l’entrée officielle de l’automne (selon ce maraîcher) et s’en tenir encore à des légumes estivaux, faciles à trancher et à poêler.

Vieux pont ferroviaire, avril 2015 - Old Railway Bridge, April 2015

Les grands projets se suivent aux Jardins d’Arlington et en attendant que l’étang soit creusé d’ici quelques semaines, voilà qu’un concours de circonstances nous précipite vers la construction d’une plateforme reliant une partie de nos champs à une autre. Plusieurs d’entre vous qui avez visité la ferme savez de quoi nous parlons mais à ceux qui n’en ont aucune idée, sachez que jadis, jusqu’aux années 40, un train de marchandises passait à travers nos champs et qu’un énorme pont avait été construit pour lui permettre d’enjamber la rivière divisant la partie ouest de nos terres.  Le projet est assez fou mais tout à fait dans l’esprit de reconstitution qui nous sied.

Grand Trunk Railway Company of Canada 1879

Canicule septembrale

La canicule continue de sévir.  On ne devrait pas en être surpris, c’est souvent le cas au Québec à ce moment ci de l’année.  Une dose finale d’été avant le déclenchement de l’automne.  Mais Septembre, c’est aussi le mois du premier gel, celui qui va stopper net la croissance de certains légumes, pour ne pas dire les assommer pour de bon. L’an dernier, il est arrivé le 18.  Les cucurbitacées, frileuses de nature, vont tout simplement rabattre leurs ailes et se coucher pour de bon.  C’est le temps de sortir les courges d’hiver des champs et les entreposer dans une de nos granges.  Mais pour d’autres légumes, les feuilles en particulier (roquette, laitue, radis, brassicacées, etc.), l’automne est souvent clément et ce n’est pas un gel qui va contredire cela.

Nettoyage de champ - Field Cleaning

Septembre, c’est aussi la nécessité de préparer ses champs pour l’hiver et chaque jour compte si on veut pouvoir semer un engrais vert qui aura le temps de germer et croître, l’idée étant que l’on veut que la plupart de nos parcelles soit couverte d’un tapis vert retenant le sol et limitant les différents types d’érosion.

Étang d'irrigation - Irrigation Pond

La nature est abondante cette semaine et on a dû faire des choix.  Nous continuerons à donner des concombres, récoltés quotidiennement mais les poivrons prendront une semaine de repos, un séjour additionnel sur le plant ne leur faisant aucun mal.  Les caciques de l’été seront encore là, les tomates, les aubergines mais aussi les derniers melons et du haricot.

Visite et vision

Ils étaient venus avec la ferme intention de se ressourcer, nous ont-ils dits.  Un couple charmant, lui complétant une maitrise en architecture, elle finissant des études en santé publique.  Fins connaisseurs du bio mais aussi des grandes questions environnementales de l’heure, ils étaient venus tester le confort de notre paille et la luminosité de nos étoiles.  Ils ont dû aimer car ils sont restés trois jours, partageant ainsi le quotidien de la ferme dans toute sa diversité.  Et au moment de partir, ils nous ont laissé toute une surprise, sous la forme d’une clé USB.  C’est une vision de la ferme que nous ne connaissions aucunement mais qui renouvelle l’enchantement que celle-ci nous procure, un paysage à couper le souffle, le tout servi par une technologie de plus en plus présente chez les agriculteurs, celle des drones.  Bien sûr, on entend surtout parler des usages belliqueux de cette technologie mais en agriculture, c’est devenu un moyen très efficace de pointer le doigt sur certains bobos et trouver remèdes.  Pour nous maraîchers qui travaillons sur de petites surfaces, il n’est pas nécessaire de survoler ses champs pour savoir ce qui s’y passe mais quand on est grand producteur céréalier, un espion sous la forme d’une petite soucoupe volante est tout à fait approprié. J’ai promis à l’architecte que j’irai voir Lozeau cet hiver…

S’il fallait une preuve que la nature sait badiner avec nous, nous l’avons eue sous la forme de températures caniculaires rappelant plutôt un juillet normal.  Trop tard pour les tomates que nous avons évacuées des champs mais très bon pour les légumes de l’automne et nos engrais verts, tous appréciant ce regain de chaleur.  Il faudra juste s’assurer de bien irriguer tout cela.

Compte à rebours

Paillis plastique - Plastic MulchAvec cette 11ième semaine de paniers, c’est le compte à rebours qui commence.  Il y a un air de fin de saison qui plane dans les champs.  Non pas que l’été nous quitte, bien au contraire, on en vit le zénith.  Le fermier vit tout simplement l’impression qu’il ferait mieux de se dépêcher de planter ses derniers radis, roquettes et autres feuilles d’automne s’il veut pouvoir en offrir dans ses derniers paniers.  On a profité de ces magnifiques journées ensoleillées pour travailler certains de nos champs, poser du paillis plastique pour la mise en terre des fraises de l’an prochain et nettoyer les plates-bandes qui accueilleront l’ail de 2016.  Bien sûr que l’on pourrait attendre un peu pour compléter certaines de ces activités mais l’agriculteur est un être inquiet, qui s’assume comme on l’a déjà dit, pensant souvent au pire et n’aimant pas remettre à demain ce qu’il peut faire aujourd’hui.  En plus des plantations qu’il ne faut pas rater, il y a le nettoyage des champs, c’est-à-dire le ramassage de tout ce plastique qui a servi à protéger plusieurs légumes des mauvaises herbes envahissantes.  C’est un sujet délicat et qui trotte dans la tête de bien de producteurs bio.  Doit-on ou pas utiliser du paillis plastique dans nos champs, sachant qu’en septembre et octobre, tout doit être retiré des champs et envoyé aux sites d’enfouissement!  La question est politique car malgré des démarches de notre part aux différents ministères concernés, il ne semble pas y avoir de solution évidente au recyclage des plastiques souillés.  Il y a bien sûr les paillis organiques biodégradables mais là aussi, le taux de dégradation dans le sol laisse pas mal à désirer et souvent, en travaillant les sols l’année suivante,  nous ramassons bien du paillis dans nos dents de vibro.  À suivre.

Ail : c’est le temps de vous informer que vous pouvez placer vos commandes pour l’ail d’entreposage.  Comme vous le savez, l’ail que nous vous offrons est un ail hyper frais, parfait pour l’entreposage à long terme chez vous, suivant certaines conditions : un endroit sec, un peu frais et l’ail protégé dans un sac en papier.  Cette année, on a eu le temps de faire quelques tresses de 3 livres et ils seront offerts en formule premier arrivé premier servi.  Les prix ne bougent toujours pas, 10 dollars la livre ou 22 dollars le kilo.  Nous avons seulement deux variétés cette année, un peu d’ail ukrainien (gouteux, relevé, mauve, 6 à 8 gousses par bulbe) et le Music (ail typique d’ici, blanc souvent, bien gouteux, avec 4 à 5 gousses en moyenne).  On attend vos commandes.