Alkékenge, amour en cage, physalis, coqueret du Pérou, lanterne japonaise ou chinoise, que de curieuses appellations pour notre fameuse cerise de terre. Planté en mai, le plant va devenir un mastodonte vers la mi-août pour enfin donner des petits fruits en forme de baies que l’on ramassera méticuleusement semaine après semaine jusqu’au premier gel. Il faudra les sécher pendant des jours, voire des semaines, pour qu’on décide enfin de les consommer. Une fois dans votre bol, ils se laissent avaler avec l’assiduité de l’accro, un à un, sans partage. Sucrée et acidulée à la fois, la cerise de terre québécoise (Physalis pruinosa) est différente de la Physalis alkekengi, de par sa couleur orangée et sa comestibilité. Dans son sens étroit, « alkékenge » désigne la lanterne chinoise, plante ornementale de l’espèce Physalis alkekengi dont les fruits sont enfermés dans une enveloppe d’un orange vif. Les botanistes disent que le plant est originaire d’Amérique du Sud et du Pérou en particulier. Le terme « alkékenge » est apparu dans la langue française au XIVe siècle; il vient de l’ancien français « alquequange » ou « alcacange », lequel dérive de l’arabe Al-Kakendi, nom d’un célèbre médecin et pharmacien au service du caliphat oriental en Asie centrale pendant l’âge des ténèbres. Qu’à cela ne tienne, on cultive maintenant la cerise de terre un peu partout tout en s’assurant que les risques de gel soient nuls (le plant s’arrête de produire) ou qu’il fasse trop chaud comme dans les tropiques. Nous l’aimons fraîche même si nous avons découvert très récemment une confiture d’alkékenges d’une saveur inouïe…
