Mars est probablement le pire des mois pour un producteur maraîcher. C’est un genre d’entre deux, un no man’s land. Il neige, il pleut, il reneige et la température fait du yo-yo. Ce n’est pas qu’on veuille à tout prix aller aux champs car même sans neige, en avril par exemple, la terre est gorgée d’eau et aucun agriculteur qui se respecte n’ira s’aventurer dans ses champs. Malgré la patience réputée des gens de la terre, mars est tout simplement le mois de trop, le mois du ‘on n’en peut plus de cet hiver qui se prolonge’. Ce qui explique pourquoi certains fermiers, dont nous faisons partie, se mettent à peupler leurs étables d’animaux de tous genres. Moutons, veaux, chevaux, poules, tout est bon pour meubler les longues journées d’hiver, sans oublier bien sûr la lecture de tous ces traités d’agriculture empilés au chevet du lit depuis des mois et qui se demandent qui va les dépoussiérer à l’occasion. Comme nous sommes abonnés à une flopée de revues agricoles et que nous succombons souvent à l’achat de livres, nos piles sont hautes. Sans l’hiver pour passer à travers, il aurait fallu changer d’habitude.
Pour ceux qui aiment se tenir au courant des choses agricoles, nous vous conseillons les lectures suivantes : notre bonne Pravda agricole, « La terre de chez nous,» publié par l’UPA (Union des producteurs agricoles); Small Farm Canada et leurs excellents textes sur l’agriculture diversifiée; et Growing for Market, revue américaine très portée sur le modèle ASC (agriculture soutenue par la communauté). Du côté livres, nous proposons quelques auteurs d’intérêt. Tout d’abord, l’environnementaliste et professeur de journalisme américain Michael Pollan et son The Omnivore’s Dilemma : A Natural History of Four Meals (2006), ainsi que The Botany of Desire : A Plant’s-Eye View of the World (2001), tous deux sur la liste des best-sellers du New York Times. Ensuite, la pigiste (et maintenant agricultrice bio) américaine Kristin Kimball, auteure de The Dirty Life : On Farming, Food, and Love (2010), un récit très personnel de sa transition d’une vie on ne peut plus urbaine à New York, vers une aventure 100% agricole sur une ferme bio aux abords du lac Champlain. Il y a aussi l’universitaire québécois David Dupont et son traité sociologique sur l’histoire de l’agriculture au Québec intitulé « Une brève histoire de l’agriculture au Québec : de la conquête du sol à la mondialisation ». Et enfin, pour toute la famille, Florence Thinard et « Une seule Terre pour nourrir les hommes » chez Gallimard Jeunesse – une belle introduction « au lien fondamental entre l’agriculture et l’alimentation, la Terre et notre assiette ».


