On nage dans le mystère aux Jardins d’Arlington, ces jours-ci. Claire a décidé qu’il fallait élucider la date de construction et le bâtisseur de notre grande grange rouge, celle où dorment déjà les visiteurs de passage d’Aventure sur paille. Partie d’une bribe d’information soutirée à un architecte allumé : “… cette grange est bâtie selon la Règle d’or en architecture maçonnique …”, voilà que notre enquêteuse se met à compulser les annales de sociétés historiques avoisinantes, les contrats notariés entre propriétaires du village et l’influence de la franc-maçonnerie dans la région. Oui, nous disons bien franc-maçonnerie car deux loges existent bien à Stanbridge East (une pour chaque langue…) et selon les thèses de ma dite épouse, le bâtisseur de cette grange devait être un franc-maçon pour qui la Règle d’or était affaire de religion. L’enquête, diligemment menée mais non encore concluante, nous apprend que le Canton de Stanbridge était propriété de M. James McGill (pensez université) dans les années 1800, que la première famille à occuper la ferme (nous ne serions que la 3ième) était la famille Beatty dont un des descendants (H.C. Beatty), était un notable connu des cercles économiques montréalais et que dans les années 50, une certaine Contessa Feltrinelli, veuve joyeuse de l’aristocratie italienne, faisait la pluie et le beau temps entre Rome, Genève, Milan et… Stanbridge East. Et dire qu’on nous avait murmuré que la vie pouvait être ennuyeuse à la campagne…

