No Man’s Land

C’est un endroit que nous nous plaisons à décrire et à re-décrire, un no man’s land situé dans le coin le plus reculé de nos champs maraichers, accoté à l’étang d’irrigation que nous avons agrandi ces dernières années.  On dit no man’s land parce que personne ni s’y aventure, la parcelle étant laissée à elle-même depuis qu’elle est devenue le dépositaire de tous les rejets naturels de la ferme: le fond de l’étang, une argile bleue que nous avons épandue sur plusieurs pieds de hauteur et des roches, plein de roches ramassées dans les champs mais aussi les anciennes fondations des quelques bâtisses mises à terre dans le cadre de rénovations passées.  Si nous en parlons, c’est parce qu’une fois de plus, la nature a repris ses droits et en quelques années, la mauvaise herbe a réussi à prendre pied dans l’argile et à passer à travers l’amoncellement de pierres.  Durant l’été, il est pratiquement impossible de savoir ce qui s’y cache vu la  luxuriance de la végétation et le grouillement de la faune.  De ce constat, nous avons décidé d’y poser nos deux ruches afin que les abeilles puissent profiter de ce buffet à ciel ouvert.  Nous nous préparons déjà à la première miellée et d’ici peu, quelques jarres apparaîtront dans un point de livraison près de chez vous.

To Catch a Racoon - Comment attraper un raton laveur

Malgré l’acharnement d’un raton laveur bien larron et peut-être sujet à sa magnanimité, nous pensons que vous aurez dans vos paniers nos premiers épis de maïs.  On a tout fait pour l’attraper mais plus futé que les mouffettes, la bête échappe à nos pièges chaque soir.  Qu’à cela ne tienne, il y en assez dans le champ pour satisfaire quelques faims.

Electric Fence - Clôture électrique

Rappelez vous qu’un maïs frais se mange dans les 24 heures de sa récolte, cru si possible ou au pire plongé dans l’eau bouillante 2 ou 3 minutes au maximum.  Le procédé n’est pas imposé mais fortement recommandé.

No Man's Land Fleurs - Flowers

Vol d’épi

On l’a attrapé finalement.  Cela faisait quelques jours qu’il nous narguait, se régalant des premiers épis bien formés, égratignant tout sur son passage, laissant présager une hécatombe dans le champ de maïs. On ne savait pas vraiment à quoi s’attendre, un raton laveur, peut-être une mouffette.  Finalement, le pire des deux s’est laissé tenter par la boite de sardines (à l’huile) que nous avons placée dans le piège.  On dit le pire car se débarrasser d’une mouffette, c’est un peu comme une bataille où il n’y a pas de vainqueur; on en sort tous perdants, l’animal se protégeant avec son vaporisateur et nous qui devons ramasser le piège à la main.  Prochaine étape, la remise en liberté, idéalement chez le voisin le moins sympathique du coin…  Non, pas vraiment.  On a roulé quelques kilomètres, à l’orée d’un bois et là, on l’a relâché pour qu’il aille faire ses dégâts chez quelqu’un d’autre.  Le cas de la mouffette réglé, on doit passer à celui des oiseaux.  L’exercice n’est pas aussi simple, demande la formation d’une patrouille qui fait le va et vient dans les rangs de maïs, de façon régulière.  On vous tiendra au courant de l’efficacité de la méthode.

Du côté légumes, la saison continue à surprendre.  Les tomates ne veulent toujours pas rougir même si on entrevoit des tentatives d’expiation.  Elle le feront  éventuellement, pour les abonnés du jeudi peut-être et après bien sûr, ce sera impossible à arrêter.  Les aubergines s’en viennent aussi mais tout aussi lentement et il en est de même des poivrons.  Un dernier mot sur les laitues qui brillent par leur absence dans les paniers en ce début de saison.  La raison est bien sûr la pluie qui a beaucoup endommagé le bas de feuilles, nous obligeant à en enlever beaucoup ou à les jeter.  Nous en sommes désolés mais les transplants des prochaines semaines sont beaux et on rattrapera le temps perdu.  Un grand merci pour votre patience.

Épi de maïs - Corn Cob

Parlons fumier

Le sujet n’est pas des plus bucoliques mais il faut en parler.  On a épandu du fumier cette fin de semaine, une ‘job de bras’ comme on dit ici mais absolument nécessaire si on veut avoir quelques beaux légumes durant la saison.  Il est arrivé par camions de 10 roues, 15 tonnes à la fois, déposé l’un après l’autre pour former un bel andain d’un brun foncé, odeur incluse.  Pour les narines inexpérimentées, tout s’équivaut mais pour celui qui a testé les différents types de fumier que nos animaux domestiques sont capables de nous fournir, il y a toute une palette d’odeurs à découvrir, allant du plus perçant lisier de truie à celui bien fade du mouton ou du cheval.  Il y a aussi les fientes de poules et le classique, celui de la vache, bouseux, odorant et combien riche dans ses apports en azote et potassium.  Samedi, donc, nous avons procédé à l’épandage d’un bon mélange de fumier de poule et de porc, préparant ainsi la saison prochaine car c’est bien de cela qu’il s’agit, s’assurer que les champs dans lesquels se développeront les familles de légumes les plus gourmandes de 2016 auront ce qu’il faut pour bien partir.  Il fut un temps où les fermiers faisaient des bras et des mains pour s’en débarrasser. Ces temps sont révolus car trouver du bon fumier, en accord avec les normes du bio, est devenu une gageure et pour cela, on cultive nos relations avec les fermiers avoisinants car c’est d’eux que provient une partie du succès d’une saison.

Belle de jour, liseron - Morning Glory

Course effrénée

L’heure de tombée de cet article est une indication du genre de weekend que l’on a eu.  Une autre course effrénée, cette fois ci pour contrer les effets de la chaleur.  Cela veut dire déployer des systèmes d’aspersion sur les nouveaux transplants et dérouler du goutte à goutte là où on ne l’avait pas encore fait.  Vous allez vous dire, après les pitoyables complaintes suite aux dernières pluies, qu’un maraicher bio est au mieux un être insatisfait, au pire un schizophrène.  Nous reconnaissons ces contradictions et les assumons.  Ceci dit, nous avons le plaisir d’annoncer qu’une fois n’est pas  coutume, que vous aurez encore du brocoli dans vos paniers, et aussi du chou-fleur.  Avec les printemps chauds des dernières années, ces légumes se débrouillaient mal dans nos champs, montaient en fleur très vite ou ne poussaient pas à leur plein potentiel.  Cette fois ci, la nature nous a bien arrangé ça et le résultat sera dans vos paniers.

Tomates mûrissantes_Ripening Tomatoes

Comme nous entrons de plein pied dans le cœur de l’été, ayez une pensée compatissante aux solanacées qui ont longuement patienté avant de retrouver leur environnement propice.  Si la tendance se maintient, aurait dit un animateur connu, on devrait avoir nos premières tomates dans une dizaine de jours.  De quoi réjouir ce maraîcher bio…

Aneth au soleil couchant_Sunset Dill

CASE 95 hp

Rien de mieux pour égayer une autre semaine pluvieuse que l’arrivée de la haute technologie à la ferme, cette fois sous la forme d’un rutilant tracteur Case de 95 hp.  Certains diront qu’on ne me connaissait pas une fibre mécanique et ils auront tout à fait raison.  Mais après avoir vécu les dernières saisons à quémander l’aide de tous pour me sortir de bien de bris, j’ai abdiqué, augmenté le passif de la ferme et enrichi en passant le complexe agroindustriel ambiant.  Bref, c’est avec le sourire de la quiétude anticipée que j’ai reçu le bolide que j’ai tout de suite mis à contribution par le hersage d’une grande parcelle d’engrais verts.  Un jour, je trouverai le temps de vous écrire sur le rapport conflictuel que certains fermiers établissent avec la machine, rapport que j’assume totalement et qui teintera pendant longtemps ma vision du travail de la terre.  Pour le moment, disons que la machine a gagné.

Un homme et son tracteur - A Farmer and His Tractor

La tendance est encore aux légumes printaniers, moins feuillus possiblement mais toujours dans une palette de vert, chou, chou-rave, chou chinois, laitue, fleur d’ail, etc.   À la suggestion d’un membre de la ferme, nous nous sommes concoctés cette fin de semaine une délicieuse soupe aux lentilles et à la bette à carde qui nous éloigne de la sempiternelle bette à la vapeur ou sautée.  Si cette feuille a eu le temps de bien pousser, vous en aurez dans vos paniers, sinon ce sera ce bon vieux kale.

Outil de récolte - Harvest Tool

Stress agricole

Merle sous le porche - Robin in the Eaves
Lapin dans l'herbe - Rabbit in the Grass
Il a fallu faire vite.  Car la pluie s’en venait.  Vendredi, samedi, désherber tout, les fines herbes, les jeunes brocolis, le chou-rave, les haricots, les carottes et j’en passe.  Planter aussi tout ce qui trainait sur nos tables depuis une semaine, encore les brocolis, le chou-rave, car une bonne pluie, quand elle arrive à point, ça ne se refuse pas.  Tout faire donc dans un état de léger stress, vous savez, le bon, comme son cousin le cholestérol, celui qui est sensé nous faire atteindre des sommets dans l’efficience et la productivité.  Bref, on a fini la journée du samedi les mains lourdes mais le cœur léger.

Dimanche, pour s’excuser auprès de mes employés pour ces deux journées de labeur intensif, je les ai amenés à Oka, rencontrer des gens qui se débarrassaient d’un tracteur sarcleur.  En fait, c’était surtout pour faire un petit tour de l’abbaye d’Oka, monument fantôme condamné au silence éternel depuis le départ des trappistes.  Même si du silence, ils en voulaient, je ne suis pas certain que c’est à celui-ci qu’ils aspiraient.

On a fini la journée à Victoriaville, à visiter les serres dont veut se départir un ancien maraicher.  Si tout se passe bien, nous installons nos deux premières serres cet automne pour être prêtes l’an prochain.  Nous voulons débuter de plus en plus tôt, c’est-à-dire la 1ière ou 2ième semaine de juin et pour ce faire, il faut des serres, fermées et bien ventilées.  On aura l’occasion de vous en parler plus longuement.
Oka

Première semaine, premiers légumes

On a passé la semaine à se tourner les pouces ou à prier.  À se tourner les pouces car au rythme des pluies, on a rongé nos freins en espérant voir l’éclaircie au bout du rang.  On a prié aussi pour que cesse le déluge mais vous savez comment les prières peuvent être aléatoires en cette époque séculaire.  Bref, c’est avec un soulagement certain que nous avons accueilli les premiers rayons de soleil du weekend.  Disons que le mal était fait car si l’eau est essentielle à la vie sur terre, son excès est tout simplement un irritant.  Nos terres sont drainées mais pas au point de faire des miracles.  On a donc rangé nos tracteurs, condamné certains champs où même marcher à pied aurait laissé des traces pour la postérité et vaqué aux petites affaires.

Poules nouvelles - Fresh Hens

Avec le retour de Galarneau, nous avons réussi à récolter nos premiers légumes, les épinards, le tatsoi, le chou-rave, mais aussi l’escarole, le kale et la bette à carde.  Pour compléter ce premier panier penchant ostensiblement vers la feuille, on a pensé vous faire plaisir avec quelques fraises, histoire de dire que l’on connait nos couleurs primaires.  Préparez-vous donc à cuisiner feuille, que ce soit en salade ou en sauté et si vous avez besoin d’inspiration, parlez-nous en.  Au plaisir de vous retrouver tous et n’oubliez pas vos sacs d’épicerie!

Chou-rave - Kohlrabi

Eau claire et papillons

Ils sont venus, ils ont planté, ils sont partis.  Par on ne sait quel miracle organisationnel, on a eu la chance de recevoir une classe entière de secondaire 2 de la polyvalente Massey Vanier (Cowansville), encadrée par des coordonnateurs hors pair, qui, en l’espace de deux heures, ont réussi le tour de force de planter 400 arbustes, dans le sourire et la bonne ambiance.  L’activité marque le début de notre projet Eau claire et papillons, qui s’inscrit dans la suite d’autres projets de revitalisation de berges dans la région. La nôtre, déjà un havre de paix pour les chevreuils, oiseaux et papillons, s’est méritée cette attention particulière.  On a planté quatre variétés d’arbustes: des cornouillers stolonifères, des physocarpes à feuille d’obier, du sureau blanc — dit « du Canada, » et des viornes trilobées. Toutes sont des espèces indigènes, les deux dernières sont particulièrement recommandées pour attirer oiseaux, papillons et autres pollinisateurs.

Dogwood, ninebark, elderberry, highbush cranberry - Cornouiller, physocarpe, sureau, viorne

En ce début de saison, on a choisi de développer la partie est de la berge, la partie ouest attendra l’automne et l’an prochain.  Peut-être ferons-nous un appel à vos services en 2016…

Visite de PAJE I - PAJE visit I

Juillet en mai

Vue printanière - Spring ViewCrabapple blossoms - Fleurs de pommetier

On n’avait pas vu ça depuis des années, un début de mai qui ressemblait plus à une fin de juillet!  Peut-être qu’une telle poussée de chaleur peut raviver le cœur et le moral de bien de québécois à la sortie de l’hiver mais il n’y a là rien de bon pour calmer les inquiétudes des touilleurs de la terre.   Ce n’était pas le moment opportun pour augmenter notre charge de travail car, voyez-vous, en ces premiers jours de printemps, nous sommes plutôt occupés à travailler la terre et planter le plus possible et le plus vite le mieux.  Avec les températures élevées des derniers jours, il a fallu irriguer aussitôt la plante dans le champ et plusieurs jours de suite, notre système d’irrigation au goutte à goutte et par aspersion n’étant pas encore en fonction.  Les choses sont rentrées dans l’ordre depuis ce matin, les cieux ayant finalement exaucés nos prières pour un peu de pluie. On prendrait deux ou trois jours de cela avant de se remettre à prier pour du bon soleil.  Un peu schizophrène tout cela mais ainsi va le maraîchage…

Travail au champ - Fieldwork

Après la pluie le beau temps, et vice versa

On pensait qu’après les fameuses trombes d’il y a une semaine, le beau temps allait revenir et avec, la plantation de tous nos premiers légumes.  Rien de tel.  Nous avons eu quatre jours de répit ensoleillé et voilà que depuis mardi midi, c’est de nouveau le déluge.  Malheureusement pour ceux qui ont des sols un tant soit peu limoneux, quelques jours de soleil ne suffiront pas pour éponger toute cette eau et c’est une bonne semaine de sécheresse qu’il nous faudra pour pouvoir aller de nouveau aux champs.  Bref, nous avons juste eu le temps de planter en l’espace de quelques heures nos premiers brocolis, choux et betteraves et maintenant, il va falloir patienter jusqu’au retour de beaux jours.  Ces coups d’eau sont nocifs pour  l’agriculture: ils emportent tout sur leur passage, lessivent les sols et créent des mares géantes dans nos champs.  À l’encontre de la pratique commune de prier les dieux pour le la pluie, c’est du soleil que l’on veut et vite.

Champs dorés - Fields of Gold
Clocheton - Belfry