Dans le giron de l’automne

La ferme est entrée de plein pied dans le giron de l’automne. Feuilles mortes partout, arbres épars, la nature se vide de son trop plein de vie. Comment a-t-on fait pour basculer aussi vite dans cette autre étape de la vie à la ferme? C’est un mystère qui me surprend à chaque fois. Il ne reste dans les champs que de longs rangs de légumes qui peupleront vos paniers au cours des prochaines semaines.

C’est une période qui me sied, quand cette même nature s’affaire à séparer le bon grain de l’ivraie, facilitant le travail de ce maraîcher et de nos employés. Entre deux récoltes, nous nous dépêchons de nettoyer les champs, ranger les derniers systèmes d’irrigation encore utilisés dans les tunnels et ramassant ici et là les accessoires que nous avions perdus de vue dans les grandes herbes de l’été…

Nous nous apprêtons à récolter nos légumes racines, les radis de spécialité, les carottes et le rutabaga, libérant ainsi des pans entiers de champs que nous ensemencerons aussitôt avec un petit seigle d’automne. Je ne dirais pas que les choses se font dans l’urgence mais certainement avec un certain sentiment de fébrilité.

Dans les paniers, des légumes qui vous rappelleront que l’action de grâce est à nos portes. Pour certains, ce sera la buttercup, pour d’autres la citrouille ou encore la courge poivrée, chacune agrémentée de feuilles et de racines. Et en parlant de racines, j’aimerais attirer votre attention que ce n’est pas parce qu’ils sont durs comme fer quand vous les recevez que vous pouvez les entreposer dans vos frigos sans protection. Pour les apprécier le plus longtemps possible, nous vous invitons à les mettre dans des contenants en plastique entreposés dans votre frigidaire. Le ‘crisper’ du bas ne protège strictement rien et vos carottes vireront molles si vous les laissez à l’air libre, frigo ou pas.

Sur ce, au plaisir de vous retrouver tous.

Que des faits, et même pas alternatifs

La Grange Beattie, Les Jardins d’Arlington — par Peter Toth

Il ne reste plus que six livraisons à la saison (cinq pour les paniers de kiosque au marché) et la couleur des feuilles sur les arbres nous le rappelle cruellement. Nous entrons de plein pied dans l’automne et les paniers seront en partie constitués de légumes racines faciles à entreposer dans votre réfrigérateur.

Aussi, j’aimerais faire un peu de publicité pour une ferme bio amie, Les Jardins d’Ambroisie, dont la co-propriétaire, Mariève Savaria, traiteure de renom dans une autre vie, vient de publier un livre de cuisine bien inspirant, La Saison des Légumes. Nous nous permettons de le publiciser car Mariève et son conjoint Francis Madore et nous sommes sur la même longueur d’ondes quant à nos principes et notre approche face à ce que nous consommons, c’est-à-dire manger ce qui est en saison, manger local dans la mesure du possible et s’éloigner des aliments qui requièrent un usage exagéré de pesticides de synthèse.

Pour mieux connaitre ce personnage haut en couleur, je vous invite à lire cet article dans Caribou et pourquoi pas, soutenir son projet fou mais combien réussi en vous offrant son bel ouvrage, un genre de cadeau de Noël… avant Noël.

Dans le panier cette semaine, des courges variées, des radis, des betteraves, bref, vous voyez la chanson…

 

Grand nettoyage

Le réveil a été brutal samedi dernier. Un gel plus ou moins annoncé venait de sévir, emportant avec lui tous nos espoirs et bien des mauvaises herbes. Méchant frimas, poussière blanche autant que les yeux pouvaient absorber, les champs en entier y ont goûté.

Pour ce maraîcher, un premier gel d’automne est une opportunité en or pour laisser la nature faire son grand nettoyage, le bon comme le mauvais, l’inutile comme le nécessaire et à ce registre, elle est tout ce qu’il y a de plus impartiale. On a dû donc dire adieu à nos solanacées en champ et nous dépêcher de récolter les dernières courges qui trainaient encore dans les andains.

Ne restent dans les champs que les légumes à la couenne plus dure, ceux pour qui le froid est un rehausseur de goût et de saveur, le choux de Bruxelles, les navets de toutes sortes, les radis mais aussi les carottes et les betteraves. N’allez pas croire que ces gels annoncent la fin de tout car il reste encore du pain sur la planche, du seigle à semer, de l’ail à planter, des tunnels à déloger et bien d’autres activités.

Dans les paniers, cette semaine, des feuilles, des racines et quelques tomates. Les légumes poussent mais à leur rythme et c’est pour cela que certains légumes planifiés pour ces temps-ci n’apparaissent pas encore dans vos paniers, en particulier les betteraves qui prennent leur temps pour arriver à maturité. Nous les espérions pour cette semaine mais il faudra encore patienter une autre semaine.

Dans la série des courges, on fera honneur à la musquée, mieux connue sous sa traduction anglaise, la butternut. Ne laissez pas l’accumulation de courges vous inquiéter outre mesure car sur le comptoir de votre cuisine, elles dureront pendant des semaines voire des mois.

Gels annoncés

C’est dans un silence quasi abyssal que s’est faite la tournée des champs ce matin. Ce n’était même pas les aurores, tout juste un début de journée honnête mais rien n’y faisait, c’était comme si la nature était restée engourdie par la froidure du matin.

Dans la parcelle des cucurbitacées, gisaient çà et là des courges d’hiver qui semblaient supplier qu’on les rentrassent dans quelque abri plus décent. Les solanacées, non plus, ne la trouvaient pas plus drôle, même si elles, pouvaient se targuer des bienfaits protecteurs des tunnels. Qu’à cela ne tienne, la nature sait faire les choses et arrêter le cycle de la vie en fait partie.

On annonce déjà les premiers gels de l’automne, deux nuits en dessous de zéro d’ici jeudi, assez pour terroriser ces adulateurs du soleil. Mais on ne paniquera pas dans les champs car il reste encore bien des légumes pour qui le froid est un remontant, un coup de semonce en fait, pour faire mieux, se gorger de sucre et attendrir ainsi vos palais.

C’est un panier assez hétéroclite que l’on vous concocte cette semaine, un peu schizophrène, un gros pouce dans l’été mais le reste du bras dans le tordeur de l’automne… Tel que promis, la courge spaghetti sera de retour, surtout parce qu’elle n’aime pas trainer dans nos entrepôts et que le plus tôt vous la consommez, le mieux elle se portera.

 

De fraises, et autres choses

Je ne parlerai pas de la semaine qui vient de passer. Presque identique à celle d’avant mais aussi à celle qui s’en vient, annonciatrice certainement de la prochaine saison et des petits plaisirs qui nous attendent. Nous nous apprêtons, voyez-vous, à planter entre aujourd’hui et demain les fraises des premiers paniers de la saison 2021. Comme l’ail qui suivra à la fin octobre, ce sont nos efforts d’aujourd’hui qui garantiront les récoltes de l’an prochain.

Les fraises dont je parle sont des variétés hyper hâtives, plantées maintenant, résistantes au froid évidemment et dont les fruits apparaitront vers la mi-juin, ce qui, pour le Québec, est considéré comme un produit hâtif. Iront au sol aussi tous nos légumes feuilles des derniers paniers, les moutardes, les petites laitues et bien d’autres curiosités et nous finirons la saison avec la grande plantation d’ail, vers la fin octobre.

Ces vagues successives de plantations rythment le temps à la ferme, nous indiquant à quel stade se trouve la saison, si l’été sera encore long ou s’il y a lumière au bout du tunnel. Mais ne nous méprenons pas, il reste bien de choses à faire, les récoltes bien sûr mais aussi les autres travaux de préparation des sols pour l’hiver, les engrais verts, le plastique à changer sur notre serre à semis, le déménagement de notre ancienne serre vers sa nouvelle demeure et la liste n’en finit pas. On accomplira le plus possible jusqu’à l’arrivée de premiers froids qui arrêteront net ces efforts.

En attendant, il y aura du légume dans vos paniers, encore de la tomate mais aussi le retour de mes premiers crucifères d’automne, le bok choy en l’occurrence. À ceux qui se rappellent les feuilles piquées de juin, celles que nous récolterons pour vous cette semaine semblent n’avoir pas rencontré d’altise et c’est là où se trouve la différence entre une brassicacée cultivée en juin, encerclée par son pire ennemi et celle de septembre ou octobre, vivant la dolce vita comme si de rien n’était, tout cela bien sûr, pour le grand plaisir de ce maraîcher.

À TRÈS BIENTÔT.

Septembre, mois de tous les espoirs

La semaine dernière avait débuté dans la froidure pour clore sur un véritable déluge. Septembre est donc bel et bien là et avec lui les périls d’une météo revêche. Dans les champs, le vert a perdu de son lustre, toujours présent bien sûr mais laissant petit à petit la place aux différentes teintes de jaune ou de brun.  Mais Septembre est aussi le mois de tous les espoirs, la possibilité que l’été perdure et dans cette suite, les chances d’une croissance soutenue des légumes dans le champs. C’est l’option que je préfère, un soleil fort pour aiguillonner nos légumes feuilles et nos racines mais avec ce fond froid pour contenir nos insectes ravageurs.

À quelques plateaux près, les dés sont jetés car nous avons déjà ou sommes en processus de compléter la plantation de ce qui nous sustentera durant les deux prochains mois. La feuille sous tous ses états mais aussi la racine, emblème de ce qui a nourri le Québec durant ces longs mois d’hiver. Et pour ceux que le sujet intéresse, les nouvelles parcelles labourées et ensemencées en pois et avoine, ces parcelles qui lanceront la nouvelle décennie des Jardins d’Arlington, ont très bien réagi, comme cette photo attestera…

En attendant, je viens de mettre au four la première courge spaghetti de l’année et ma foi, le plaisir a été total, goûteux, onctueux et d’un orange saisissant. C’est ainsi que nous inaugurons Septembre et la diversité de courges qui sera notre lot au cours des prochaines semaines. Nous venons aussi d’entreposer, pour bien sécher, la belle variété d’oignons de conservation que je partagerai avec vous dans les paniers automnaux, en commençant par celui de cette semaine.

Sur ce, bon début de semaine et à très bientôt.

Nuits fraîches, journées chaudes

Septembre est à nos portes et amène avec lui son lot de réconfort. Les nuits sont fraîches et les journées passablement chaudes. C’est tout ce qu’il fallait comme signal pour évacuer en un tour de main les quelques insectes qui nous ont mené la vie dure au plus gros de l’été.  Oh, ils ne sont pas allés bien loin, quelques centimètres en dessous du sol, tapis entre deux molécules d’eau et un restant de légumes. Ils vont rester là jusqu’au printemps prochain, prêts à ressortir au grand jour quand la nature reprendra ses droits.

Mais on leur réserve tout une surprise, l’altise, le doryphore, la chrysomèle (que de poésie dans ces noms…), quand ils se réveilleront et qu’ils se rendront compte, tardivement j’espère, que les légumes ont déménagé leurs pénates et qu’il leur faudra quelques mois pour les retrouver.  Je ne me fais pas d’illusion, ces bestioles nous rattraperont éventuellement… mais quelques mois de répit, durant une saison, c’est salutaire. En attendant, nous continuons à planter les derniers légumes de la saison, les feuilles surtout, sachant que la froidure qui s’en vient adoucira bien des mœurs.

Preuve que l’automne est presqu’arrivé, nous avons le plaisir de vous offrir dans le panier de cette semaine les premiers poireaux, petits fûts à cuisiner à la vapeur et à napper d’une petite vinaigrette.  Pour le reste, ce sera de l’été et encore de l’été.   Au plaisir de vous retrouver tous et toutes.

Préparer le futur

On ne laboure plus vraiment en régie biologique. Cette activité, maintes fois millénaire, est passée de mode, à l’avantage de ceux qui défendent la conservation des sols et le maintien de la biodiversité souterraine. Mais quand on veut transformer une vieille prairie en nouveaux champs de culture, il y a peu de recours autres que le labour; un petit mal pour un grand bien, diront certains.

Nous avons donc labouré notre grand champ de foin, adjacent à nos anciennes parcelles, cinq nouveaux hectares de terre arable qu’il va falloir découvrir, travailler et enrichir. Tout s’est fait en quelques heures, une charrue à cinq versoirs empruntée à une ferme voisine, plusieurs passages de herse à disques pour casser les mottes et affiner la surface et aujourd’hui, lundi, une course contre la montre pour semer nos premiers engrais verts avant la supposée pluie de ce soir…

Je ne vous dis pas le sentiment de satisfaction à la vue de tous ces champs prêts à être cultivés l’an prochain, car cela faisait plusieurs années que nous appréhendions le manque d’espace pour respecter nos plans de fertilisation et nos rotations. C’est chose faite maintenant et soulagement ultime, c’est notre combat contre la mauvaise herbe qui s’en voit facilité car une vieille praire, fauchée régulièrement, en contient peu. La saison 2021 vient donc juste de commencer!

Le panier de cette semaine ressemble pas mal à celui de la semaine dernière, à la différence que c’est le tour de la pastèque de faire son apparition. C’est mon fruit d’été préféré et je vous l’offre avec pépins afin que vous vous rappeliez qu’avant l’apparition des variétés hybrides sans pépins, s’amuser en mangeant de la pastèque voulait dire qui pouvait ‘cracher’ ses pépins le plus loin…

Le maïs de cette semaine est un ‘deux couleurs’ aussi délicieux que celui de la semaine dernière et j’ai bon espoir de vous en offrir encore la semaine prochaine, les ratons étant bien méfiants ces temps-ci…

Bilan de mi-saison

Étant pratiquement à la mi-temps de notre saison, voilà un petit mot pour faire le point et jaser de ce qui s’en vient. Comme vous l’avez noté, nos débuts n’ont pas été faciles, la canicule et la sécheresse ayant endommagé bien des cultures en mai et juin. Je pense en particulier aux brassicacées feuilles piquées par les altises, aux laitues et haricots stressés par la cicadelle et aux plants de concombres grandement affectés par la sécheresse. Cela explique pourquoi vous en avez si peu eu dans vos paniers. Ces mêmes conditions climatiques ont aussi stressé et retardé le mûrissement de nos solanacées, tomates et poivrons surtout.

Les bonnes nouvelles par contre sont que les choses se replacent petit à petit et que l’on entrevoit une deuxième partie de saison bien plus clémente, d’abord avec l’apparition des pluies et le départ lent mais certain de mes ravageurs honnis. Je ne dis pas qu’ils ne sont plus là mais que d’ici la fin août, ils vont trouver les nuits bien fraîches et que ce sera le signal pour eux de reprendre les chemins souterrains.

On l’a fait en catimini mais tout l’ail a été ramassé et vous en aurez plusieurs fois dans vos paniers durant le reste de la saison. Nous nous apprêtons aussi à récolter nos premières tomates italiennes d’ici la troisième semaine de ce mois.

Les carottes et les betteraves s’en viennent aussi, très probablement pour la troisième semaine de ce mois. Deux grandes familles de légumes arrivent à grands pas, les oignons de conservation et les courges d’hiver. Ils seront récoltés entre les derniers jours d’août et les premiers jours de septembre. Je m’en réjouis car nous faisons bien des variétés de ces deux types de légumes et j’ai hâte de vous les faire découvrir.

Quant aux semis, ils vont bon train, les dernières betteraves, les laitues d’automne et beaucoup de brassicacées feuilles qui seront heureuses de savoir que la fraîcheur est à nos portes. Cette année, nous poursuivons dans notre lancée des légumes feuilles utilisés souvent dans les cuisines d’Asie, les rapa, les juncea, et j’en dirai plus quand ils arriveront à maturité.

Pour finir, le maïs est là. Cette année, touchons du bois, nous avons réussi à amadouer les ratons par des moyens expéditifs et une méchante clôture électrique et il sera dans vos paniers dans les prochains jours.

Enfin, août

Enfin, août! Non que l’arrivée de ce mois signifierait la fin du maraîchage, loin de là, mais plutôt l’apparition d’une lumière au bout du tunnel de nos frustrations… C’est le mois du début du nettoyage des champs et celui de la plantation des derniers légumes d’automne. C’est aussi le mois des grands semis d’engrais verts, preuve, qu’en agriculture bio, il faut gérer le présent en s’assurant d’avoir déjà les pieds dans les champs de demain.Non que l’arrivée de ce mois signifierait la fin du maraîchage, loin de là, mais plutôt l’apparition d’une lumière au bout du tunnel de nos frustrations… C’est le mois du début du nettoyage des champs et celui de la plantation des derniers légumes d’automne. C’est aussi le mois des grands semis d’engrais verts, preuve, qu’en agriculture bio, il faut gérer le présent en s’assurant d’avoir déjà les pieds dans les champs de demain.

Et c’est un peu tout cela qui nous occupe actuellement, la transformation de nos pâturages jamais cultivés en légumes, les semis intensifs d’avoine et de pois dans les parcelles déjà récoltées et bien sûr, tout le reste, les récoltes, le désherbage, la plantation des légumes d’automne, le rutabaga, les différents types de radis, le retour des navets japonais et rabioles car bien qu’au plus profond de l’été, c’est maintenant qu’il faut agir.

Août, c’est encore le mois de la prudence, car si les nuits commencent à se faire plus fraîches, les journées sont encore chaudes et humides. Il faudra malgré tout combattre l’altise avec nos filets, la cicadelle probablement et les nouvelles maladies, fongiques surtout, le blanc dans les courges, le botrytis dans les tomates et j’en passe.

Mais août, c’est aussi le mois de l’abondance et je sais que vous avez été bien patients et d’une haute civilité. La trinité des solanacées, le maïs, les melons, que de bonnes choses que vous trouverez dans vos paniers très bientôt.

Maïs sous pression

Même s’il reste encore une semaine ou deux avant les premières livraisons de maïs dans vos paniers, la tension est en train de lever dans la parcelle de ce légume américain. Les anciens savent de quoi je parle; cette odeur fétide alors que je longe les entre-rangs, un épi à terre ici et là, rongé à l’os. La tension monte car l’ennemi numéro un du maraîcher campe aux abords des champs, attendant le moment propice pour faire sa descente et m’entraîner avec lui.

Je ne vous cacherai pas qu’à ce moment précis de la saison, lui et moi sommes à couteaux tirés, chacun soupesant les agissements de l’autre, ses prochains pas, ses nouvelles tactiques. Oui, tout cela ressemble bien à une guerre qui ne dit pas son nom, larvée, semée d’embûches et pour lui et pour moi. Les pièges ont donc été posés, la clôture électrique érigée et les prières récitées. C’est une guerre dont l’issue ne peut être qu’une victoire sans ambages…pour la santé mentale de ce maraîcher et le plaisir de ses abonnés.

Enfin un vrai panier estival! Il était temps car même s’il a fait chaud, on ne peut aller plus vite que la nature qui a décidé, cette année, que ce n’est que maintenant qu’elle permettrait à nos tomates Glacier de mûrir. Ce sont nos tomates de champs les plus hâtives, du genre saladette mais tout en goût et en saveur, puisque ancestrales. Vont suivre dès la semaine suivante nos tomates cerises et nos variétés russes pour enfin atterrir vers la fin août sur nos vraies tomates de champs, les ancestrales, les cœurs de bœuf et nos italiennes.

L’été

Dans les jardins, les solanacées se préparent pour leur tour de chant. Même si ici et là, il y aura encore une brassicacée dans les paniers, au plus profond de l’été, c’est au tour de la tomate, de l’aubergine et du poivron de susciter notre émoi et nos inspirations. Amantes du soleil et de l’eau, elles recherchent nos étés les plus intenses. Peut-être pas les canicules des semaines précédentes mais des journées bien chaudes, sans excès, suivis d’une saucée ou deux.

Elles arrivent presque en même temps, l’odorante tomate, l’aubergine à la robe luxuriante, suivies du pataud poivron, toujours le dernier à exprimer son affable caractère. Ces princes des potagers représentent la quintessence de l’été, la raison d’être de tous nos efforts et la source de nos plus grands plaisirs culinaires, chez ce maraîcher en tout cas. Ceux qui nous connaissent savent notre parti pris pour l’aubergine et la place qu’elle peut prendre dans nos paniers… Force est de constater malgré tout qu’il y a inflexion dans les champs et que l’on entre de plein pied dans le profond de l’été, pour notre plus grand plaisir.

Ce sixième panier sera le moins feuillu, histoire de vous donner le temps de cuisiner le kale et la bette à carde qui traineraient dans vos frigos. Ne vous attendez pas non plus à avoir les trois légumes cités plus haut en même temps dans votre panier cette semaine. Chacun débute sa fructification et on fera en fonction des quantités récoltées cette semaine. Vous avez grandement apprécié le cassis et nous en sommes ravis. Cette fois-ci, c’est au tour du bleuet de faire son apparition.

Vents légers

La semaine s’est achevée sur une note rafraîchissante, des ondées ici et là et un vent léger pour agrémenter le tout. Assez d’eau pour étancher les soifs de bien des légumes mais pas assez pour renflouer les réserves des étangs. On prendra ce que la nature nous permettra. De concert, les légumes et les mauvaises herbes se sont donnés le La pour savoir qui l’emportera, au grand dam de ce maraîcher pour qui ce combat ne devrait avoir qu’une seule issue.

On ne laissera pas perdurer ce face à face dont on connaît le dénouement si laissé au bon vouloir de la nature, car c’est le combat de David contre Goliath, un plant seul face à une multitude de graines proliférant tout autour. À la liste déjà longue de tâches à accomplir à la ferme, la semaine débutera demain sur une fixation freudienne, libérer nos légumes de l’envahissement de mauvaises herbes que Juillet transporte avec lui, accéléré par une des périodes les plus chaudes que l’on ait connue depuis belle lurette. Je vous dirai dans une autre communication si la conclusion sera hollywoodienne…

Tout pousse dans les champs bien sûr, mais notre attention s’est portée ces derniers jours sur la protection de nos plants de bleuets dont les fruits commencent à bleuir. Déjà les merles et les geais ont repéré les petits fruits et bientôt ce sera toute la colonie aviaire de la région qui va se donner le mot pour le party.  Nous avons commencé à poser des filets anti-oiseaux sur les plants et bientôt, il va falloir trouver les petites mains fouineuses pour récolter ce qui me semble le fruit emblématique de notre province.

Côté légumes, nous pensions pouvoir vous offrir les premières carottes de la saison mais elles ont besoin d’une autre bonne semaine pour prendre un peu plus de coffre. En attendant, nous vous servirons de nouveau des betteraves qui semblent avoir eu une saison hors du commun. La bonne chose avec la betterave est que vous pouvez l’entreposer dans votre frigo et l’oublier pendant des semaines sans vous en inquiéter. D’ailleurs, nous vous proposons une panoplie de recettes recherchée et organisée par notre amie Laure, afin que vous les apprêtiez.

Une belle équipe

J’ai poussé un soupir de soulagement en voyant Librado, le dernier de mes six employés provenant du Mexique. Deux mois que cela a pris pour que les autorités de nos deux pays respectifs laissent passer, au compte-goutte, chacun de ces travailleurs. La Covid a le dos large et on l’a accusée de bien des choses mais dans le cas qui nous concerne, il fallait jouer de prudence, s’assurer que nous offrions à nos employés venus de loin les conditions nécessaires pour un séjour sécuritaire. La ferme étant petite à l’échelle des fermes dont nous proviennent les nouvelles inquiétantes d’employés affectés par la Covid, nous avons réussi à placer les nôtres en quarantaine dans des appartements appartenant à des amis (merci Catherine et Jean…) ou à nos propres enfants étudiant en ville.

Ces arrivées tardives d’employés essentiels à la bonne marche de la ferme nous ont posé bien des tracas de logistique et de bon fonctionnement des diverses activités maraîchères. Je remercie grandement la flopée de jeunes qui nous ont donné un méchant coup de main en mai, pour débuter la saison, planter tout ce qui pouvait l’être, installer des filets, irriguer, mais je savais, au plus profond de moi, que sans l’expérience et la résilience de mes employés mexicains, cette ferme ne tiendrait pas sur le long terme cette saison.

Bien sûr, je pourrais en dire bien plus sur notre dépendance devant la ressource humaine provenant de l’étranger, mais ceci n’est qu’un petit courriel vous donnant un aperçu superficiel sur une problématique majeure touchant l’agriculture en général et le maraîchage en particulier. Aujourd’hui, au Québec (et il en est de même dans le reste du pays), il est très difficile de produire des fruits et légumes sans l’apport crucial de cette communauté. Je revisiterai ce sujet une autre fois peut-être.

La bonne nouvelle est que notre équipe est maintenant complète: Librado, Jhenrri, Crescencio, Gerardo, Crispin et Gregorio, entourés de Djamel, Imad, Tarek, Arnaud, Julien et Émile, sans oublier les personnes en charge de monter les paniers et faire les semis, Yamina, Maïka et Emmanuelle. Au marché et aux points de chute, il y aura nous bien sûr mais aussi les deux Sophie, Natalia, Alexis et Laurent. Méchante équipe, vous allez dire, et nous sommes plus que contents de les avoir toutes et tous, à nos côtés.

Dans les paniers, cette semaine, ce sera un peu comme la semaine dernière, en attendant l’arrivée des solanacées qui progressent bien. La nouveauté sera le fenouil, à manger crû en salade, rôti sur le bbq ou cuisiné dans une soupe de poisson…

Frénésie de … désherbage

La semaine s’est terminée dans une frénésie de désherbage. Non que l’on ne voyait pas les choses venir mais les petites pluies des jours précédents et le soleil plombant les sols, on savait que l’inexorable s’en venait, ce maraîcher sentant monter en lui une inquiétude sourde, celle qui annonce que sans une intervention rapide, on allait échapper une culture ou deux.

Vous vous en doutez, d’une liste interminable de choses à accomplir, il a fallu choisir quelques platebandes qui se devaient d’être nettoyées, lame après lame, dent contre dent, un genou suivant l’autre. Les laitues ici, les oignons là et le maïs et les betteraves. La mauvaise herbe a la couenne dure et les neuf vies d’un chat. On le sait et on aborde cet exercice avec l’état d’esprit du coureur de fond, ne pas s’énerver, clipper fort, trouver son rythme, faire le vide et tenir jusqu’aux premiers froids quand un gel salvateur nous libérera de cette fatalité…

La semaine qui s’en vient sera pleine de rebondissements car en plus de livrer nos paniers en quartiers résidentiels, nous inaugurons nos deux kiosques aux marchés Atwater (#99-100, devant Première Moisson) et Jean-Talon (#198-199-200 sur ‘l’Allée verte’), à compter du vendredi 3 juillet. Vous nous y trouverez entre 9 et 18h le vendredi, et 9h et 17h le samedi et le dimanche. Ce courriel est donc un petit rappel aux abonnés de nos deux marchés de venir chercher vos paniers aux journées choisies.

Le panier, lui, est un beau mélange de feuilles et de légumes racines dont un de mes préférés, la betterave que nous servirons avec feuilles.

Ode aux irrigateurs

Si vous cherchez dans le dico, vous sourirez quant aux définitions de ce mot et à leurs usages mais chez nous, les irrigateurs sont des énergumènes en chair et en os, qui ont sué sang et eau, littéralement, pour amener le précieux liquide aux légumes déjà plantés. Deux canicules déjà et cette deuxième semble vouloir battre un record d’assiduité. Nous avons nommé deux personnes à cette tâche tant fondamentale, deux jeunes pleins d’entrain, qui ont quadrillé la ferme, sillonné ses allées, déroulé du goutte à goutte dans les rangs, planté des arroseurs automatiques dans toute une flopée de légumes racines et affronté les sautes d’humeur de nos pompes à moteur. C’est un travail déjà ingrat quand la température est agréable mais à plus de 30 degrés Celsius, on flirte avec le calvaire et la procession…Mais il faut ce qu’il faut et laisser des légumes s’assécher dans les champs faute d’eau aurait été impensable. En tout cas, mission accomplie et vous pourrez, un jour, remercier nos deux garçons, Djamel et Imad, qui ont su si bien relever ce défi.

Le panier maintenant : il ressemble un peu à celui de la semaine dernière mais avec l’ajout des fraises que nous nous sommes procurés chez nos amis maraîchers à Farnham, la Ferme des 3 Samson. Nous ne faisons plus de fraises depuis quelques années mais devant les difficultés que nous avons dernièrement à trouver des fraises bio de qualité, nous allons y revenir, maintenant que nous ajoutons 4 hectares nouveaux aux 6 actuellement en usage.

Enfin la première semaine des livraisons!

Les températures ont été clémentes ces derniers jours et les légumes ont retrouvé les conditions propices à une reprise de leur croissance. Nous avons donc le plaisir de vous informer que nous livrerons le premier panier de la saison selon l’échéancier d’origine, à compter du mercredi 17 juin pour les points de livraison de Montréal Ouest et Ville Mont Royal et le jeudi 18 juin pour celui de Westmount ainsi qu’à la ferme. Un rappel important pour les abonnés aux paniers de kiosque (18 semaines) à Jean-Talon et Atwater: vos livraisons débuteront le premier weekend de l’ouverture de nos kiosques aux deux marchés, soit le 3, le 4 ou le 5 juillet, selon le jour de livraison choisi.
<pCovid oblige, nous avons un tant soit peu changé certains aspects de nos modes de récupération des paniers, l’élément principal étant que seuls les employés de la ferme seront habilités à aller chercher votre panier personnalisé. Nous faisons cela pour respecter les règles de distanciation sociale et répondre aux inquiétudes de certains quant à une trop grande promiscuité dans un espace restreint. Nous vous invitons à consulter les schémas de distribution de chacun des points de livraison résidentiels concernés et de bien vouloir respecter le 2 mètres de distance entre vous. Enfin, nous avons prolongé la plage horaire des livraisons qui débutera à 16h pour finir à 19h. Afin de mieux prévoir vos arrivées, nous n’avons rien de scientifique à vous proposer mais nous allons laisser les lois de la probabilité agir de la façon suivante : si votre horaire le permet et que la première lettre de votre nom de famille se situe entre A et H, venez entre 16 heures et 17 heures, entre I et P, entre 17 et 18 heures et si entre Q et Z, la dernière heure vous est consacrée. Ce sont bien sûr des suggestions car si votre horaire ne le permet pas, venez quand vous pouvez.
Nos habitués le savent, le contenu des deux ou trois premiers paniers est assez feuillu et cette année ne sera pas différente : kale ou bette à carde, épinards, roquette, laitue, petits navets, fleur d’ail (oui, déjà!), bok choi, fines herbes, choux rave, s’ils trouvent la force de grossir un peu plus et les pommes de terre grelot (2019) de mon fournisseur habituel, Ferme Réal Samson et fils, un voisin et un des meilleurs producteurs de poms terre bio du Québec.
N’OUBLIEZ PAS : de venir avec vos propres sacs à provisions et de ramasser vos pains si vous vous êtes inscrits au programmes pain du Capitaine Levain.Au plaisir de vous retrouver tous.

Tout un mois de mai

Quel mois de mai avons-nous vécu! Tout y est passé en matière d’extrêmes de saison! Des nuits à -5 Celsius à des journées dépassant les 30 degrés. Cela veut dire, des heures à protéger avec des bâches flottantes les légumes intrépidement plantés aux premières giboulées pour se retrouver ces jours-ci à trainer des dizaines de mètres de tuyaux d’irrigation d’une parcelle à une autre afin de ne pas les perdre. Tout cela promet pour cet été qui nous souhaite la bienvenue à sa façon…

Bref, la jeune équipe des Jardins d’Arlington s’est affairée à maintes tâches, la principale, bien sûr, étant la plantation de milliers de plants allant des oignons et poireaux aux betteraves, épinards et autres laitues, sans oublier les brassicacées.  Le gros de ce travail continuera jusqu’à la mi-juin avec les solanacées et les cucurbitacées que nous ne plantons qu’une fois les risques de gel bel et bien évacués. Le temps radieux des derniers jours à ravivé les plants déjà aux champs, eux qui avaient ‘stallé’ pour reprendre une expression du terroir durant les grands froids…

Tout compte fait, nous avons espoir que nos légumes rattraperont le temps perdu à vivoter dans les champs durant les premiers jours de mai.

Famille et amis

Comme pour bien d’entre vous, le Covid chamboule un peu nos façons de faire à la ferme. Pas tellement en ce qui concerne nos cultures, car pour débuter nos semis, les repiquer et les chouchouter, nous sommes plutôt assez autonomes et consciencieux. Je ne parle même pas de la préparation des parcelles car même là, le travail est fait maison, assis sur nos tracteurs, enfouissant les résidus de culture ou détruisant des restants d’engrais verts dans nos sols. Je fais plutôt allusion à l’arrivée tardive de notre contingent mexicain, six employés sur lesquels je compte beaucoup durant la saison et dont j’apprécie l’ardeur au travail et l’efficacité. Cette saison, gracieuseté du Covid, il va falloir ronger son frein et attendre leur arrivée plus tard que prévu, possiblement vers la fin mai ou début juin. Ce n’est pas une calamité car nous l’avions anticipée et mis sur pied un plan B qui consiste à la ‘conscription’ des amis de nos enfants, prêts à ‘tougher’ les éléments, affronter les rigueurs du travail de la terre et planter les dizaines de milliers de transplants qui attendent patiemment leur tour sur nos tables d’endurcissement. La battue a marché car nous en avons trouvé suffisamment pour débuter les plantations en attendant le renforcement du groupe.

Les inscriptions vont bon train et à ce rythme, nous sommes à quelques semaines d’afficher complet. Légumes frais et petits fruits dans les paniers, œufs de la ferme en mode premier arrivé premier servi et bien sûr les pains du Capitaine Levain si vous vous abonnez à leur boulange. Plus que sept semaines avant le jour J pour les paniers de la saison ‘régulière’ et neuf semaines avant le début des paniers de kiosque aux Marchés Atwater et Jean-Talon.

Ma serre à moi

Je pourrais passer toute ma saison des cultures dans ma serre à semis. Et c’est ce que je fais d’ailleurs depuis les ides de mars. L’espace est attrayant, tout de bois construit et l’ambiance on ne peut plus zen dans cet havre de paix et de chaleur. Ces moments sont précieux et ô combien importants pour bien lancer une saison, partir les oignons et les poireaux, les poivrons et les aubergines et bientôt les tomates, sans oublier les vagues incessantes de laitues, brocolis et autres betteraves qui attendent patiemment leur tour. La liste est longue, répétitive et planifiée au quart de tour parce que même si nous sommes tributaires des aléas de la météo une fois dans les champs, la succession des semis en serre ne laisse rien à la chance mais tout à Excel…

Mais la satisfaction ultime, ce sont ces moments d’introspection, méditatifs presque, où les gestes renouvelés nous amènent autre part, cette huit centième semence de laitue qui retrouve sa cuvette ou ce deux millième plant de poivron que je repique et à qui je redonne un nouvel espace de liberté. Oui, j’y passerais bien la saison mais cela ne se fera pas car déjà se pointe à l’horizon le vortex des plantations et des semis aux champs, activités tonitruantes s’il en est et qui nous rappellent brusquement l’intense agitation qui s’exercera sur nous durant tout l’été. On a déjà hâte…

La patience est une vertu

Le confinement des dernières semaines a été une opportunité pour vaquer aux affaires pressantes et moins pressantes de la ferme, les semis en serre bien sûr, mais aussi de petits et grands projets mis au rancard ces dernières années mais pour lesquels cette quarantaine était une occasion inespérée de les remettre sur la table. Pendant que ce maraîcher remplit les plateaux dans le confort douillet de la serre à semis, il a demandé à sa progéniture de démonter la grande serre détruite l’an dernier suite aux vents violents d’une nuit fatidique, la suite étant sa reconstruction durant le courant de l’été afin de pouvoir cultiver des légumes pour nos fins de saison. Les autres projets incluent une réorganisation de notre salle de lavage, la construction d’une salle d’entreposage pour nos courges et le déménagement de notre salle d’outils. Tant que cette jeunesse restera proche des prémisses, elle sera mise à contribution et on la remercie grandement… Comme vous tous, nous nous installons dans ce confinement avec l’espoir des lendemains meilleurs mais aussi de la patience retrouvée.

Rites printaniers

En cette ère du COVID-19, rien de mieux que de se projeter dans le futur et entrevoir des jours plus gracieux. Plus qu’une semaine avant l’ouverture de nos serres et vogue la valse des semis. Nous avons pratiquement tout reçu, de l’aubergine à la tomate et de la courge d’été au poivron doux, sans oublier les fines herbes et le maïs. On ne se pressera pas trop, mais il faudra trouver un petit moment pour nettoyer la serre de fond en comble, remettre les tables d’aplomb, elles qui ont été déstabilisées par l’effet du gel et du dégel (oui, même en serre!) et tester les fournaises. C’est le rituel printanier pour nous, un passage obligé pour s’assurer que les semis, période charnière à la ferme, se fassent dans des conditions optimales, elles qui s’étaleront de la fin mars à la fin août.

Lancement de la saison 2020

C’est avec plaisir et trépidation que nous lançons la saison 2020 des paniers bio, notre onzième pour être précis. Nous avons eu la décence d’attendre la fin de la première véritable tempête hivernale de l’année pour le faire mais à quelques semaines de l’ouverture de notre serre à semis, il était temps de ‘partir’ les ordinateurs, dépoussiérer quelques liens sur le site Internet et appuyer sur la touche ‘envoyer’. Esprits reposés, corps requinqués, il faut déjà se projeter dans la saison des cultures qui nous attend et qui nous promet comme d’habitude son lot de surprises. Tabula rasa, c’est ainsi que nous abordons chaque saison, avec la détermination de faire mieux et de partager avec vous le meilleur de ce que nos jardins ont à vous offrir.

La formule des paniers bio ne change pas : nous vous offrons toujours un grand et petit panier, le premier pour suffire aux besoins alimentaires de trois à quatre adultes et le deuxième amplement suffisant pour un ou deux adultes, voire une petite famille avec un ou deux jeunes enfants. La saison ‘régulière’ débutera le mercredi 17 juin pour se compléter le jeudi 5 novembre, juste avant les grands froids, un total de 21 semaines… Les abonnés aux paniers bio de la saison ‘kiosque’ aux marchés publics Atwater et Jean-Talon débuteront à des dates différentes, horaire des marchés oblige, soit du vendredi 3 juillet au dimanche 1ier novembre, pour un total de 18 semaines. Pour les amateurs de bon pain au levain, nous sommes heureux du retour des pains du Capitaine Levain. Vous connaissez la formule, vous vous inscrivez auprès d’eux et nous ne faisons que vous amener leurs délicieux pains.

Un petit mot sur nos projets pour la saison 2020 : d’abord, nous allons rebâtir la serre endommagée par les grands vents de mars dernier et planifier la construction de deux nouvelles serres qui vont nous permettre de prolonger la saison des cultures en novembre et possiblement début décembre. Ensuite, l’ouverture de 4 hectares de nouvelles parcelles qui vont nous permettre de mieux organiser nos rotations des cultures et nous rendre totalement autonome quant à nos plans de fertilisation végétale des cultures. Enfin, poursuivre et développer de nouveaux mélanges d’engrais verts répondant aux besoins nutritifs des légumes.

La saison sera intense et nous vous invitons tous à nous rejoindre pour profiter de ses bienfaits.

Déjà vu

Cent fois sur le métier, il faut remettre son ouvrage… L’adage de Boileau ne s’est jamais aussi bien appliqué à notre étang que nous recreusons pour une troisième fois afin de répondre à nos besoins croissants en irrigation. Ils sont donc venus ce matin, ‘pépines’ sous le bras et camions dans le sillon, déplacer des montagnes de terre et de glaise et reformer ce qui, à une autre époque, n’était qu’un petit trou d’eau servant à abreuver les vaches de la ferme. C’est un spectacle impressionnant que de voir ces machines fonctionner, conduites par des artistes de la manette, grattant le sol de leurs bras télescopiques et redistribuant ces amoncellements dans les espaces environnants. Encore plus impressionnant est le temps que le creusage d’un étang peut prendre, une journée, peut-être deux si les choses se compliquent et que l’on tombe sur un ‘cap de roche’. Miracle de la machine, ode au génie humain, on peut se situer des deux côtés du débat, le résultat sera le même, il y aura un énorme trou ce soir à la ferme que l’hiver s’occupera de remplir tranquillement, au gré des précipitations et du bon vouloir des cieux.

Magnifique méchoui

Magnifique journée que nous avons eue hier pour ce méchoui 2019! Soleil brillant, ciel bleu et température douce à souhait et cela a duré le temps de l’événement car vers 15h, comme pour annoncer la fin de la récréation, le vent s’est levé, le ciel a grisonné, la température a baissé de quelques degrés, signal clair qu’il était temps de remballer assiettes et marmailles et d’affronter les bouchons de la ville. Mille fois merci à vous tous qui avez pris le temps de nous concocter les plats les plus délicieux et partager avec nous vos impressions campagnardes, vos inspirations et vos aspirations du rôle d’une ferme. Et même si le temps nous a manqué pour butiner le plus possible aux différentes tables, Claire et moi avons été enchantés d’échanger avec vous sur le métier, la vie à la ferme, nos projets futurs et j’en passe. C’est bien sûr partie remise et à ceux qui n’ont pu être là hier, il y aura une autre fois, c’est promis…

Lundi et coucher de soleil d’octobre

Avec l’arrivée de l’automne et la baisse des récoltes encore au champ, nous avons pris l’habitude depuis quelques semaines de ne pas travailler les lundi. Tant mieux, d’abord parce je n’aime pas les lundi et qu’il semble ne jamais faire beau ce jour-là, ces derniers temps en tout cas! On en profite pour poser nos béquilles, brasser de la paperasse, s’adonner au yoga et…commencer à planifier l’après-saison. Ah, l’après-saison, on y pense comme un désaltéré devant un mirage dans le désert. Mais la réalité nous rattrape vite, des communications à compléter, des récoltes à planifier et la valse à mille temps qui nous reprend, avait dit un magnifique chanteur.

Nous avons organisé le panier de cette semaine pour qu’il réponde aux besoins de la célébration de l’Action de Grâce, une ode aux légumes s’il en existait une. Il devrait y avoir de quoi satisfaire tous les palais, même notre légume fétiche, la tomate, qui, cette année, semble braver toutes les conditions, malgré les froids des derniers jours.

Ménage de champs

La semaine s’annonce fraîche et paraît-il, pluvieuse et en ce début d’octobre, ces deux états de fait vont souvent ensemble. Alors plutôt que de se lancer dans une première salve de récoltes pour les paniers de la semaine, nous avons décidé, par un soleil éclatant, de faire un nettoyage des champs déjà récoltés mais encore délaissés. Paillis et goutte à goutte retirés, un passage de débroussailleuse (bush hog) pour émietter les gros plants, un hersage grossier et vite, vite, un semis de seigle avant l’arrivée de la pluie dans les prochaines heures. Ces semis d’engrais verts automnaux sont souvent accomplis dans des conditions douteuses. Non qu’on le fasse exprès mais la météo ne coopère presque jamais, champs humides, portance amoindrie mais on ne peut laisser les sols à nu car l’érosion éolienne défait en un hiver ce que la nature a pris des millénaires à créer. On récoltera possiblement sous la pluie demain mais nous en avons l’habitude et de plus, ils annonceraient une journée plutôt clémente.

Brume d’automne

La semaine s’annonce basse et grise et la pluie des aurores en a déjà donné le ton. Mais je ne m’en plains pas tant car même s’il n’est plus aussi oppressant, le soleil des derniers jours a asséché bien des parcelles de légumes, m’obligeant in extremis à ressortir nos systèmes d’aspersion. Ce ne sera plus nécessaire et après les précipitations que l’on semble annoncer pendant les prochains jours, la question ne portera plus sur les conséquences d’un asséchement des sols mais bien sur le retour d’Hélianthe, seule force capable de libérer la terre de cet excès d’eau. C’est en fait ma préoccupation première arrivé octobre, l’incapacité des sols à se drainer et conséquemment, les difficultés croissantes quant à l’usage de ces parcelles. N’oubliez pas qu’il reste encore des champs à semer en engrais verts et d’autres à récolter, activités et lieux qui demandent malgré tout un minimum de portance. Ne broyons pas déjà noir, octobre a toujours su nous surprendre, qui sait, avec un autre de ces étés indiens…