Déjà vu

Cent fois sur le métier, il faut remettre son ouvrage… L’adage de Boileau ne s’est jamais aussi bien appliqué à notre étang que nous recreusons pour une troisième fois afin de répondre à nos besoins croissants en irrigation. Ils sont donc venus ce matin, ‘pépines’ sous le bras et camions dans le sillon, déplacer des montagnes de terre et de glaise et reformer ce qui, à une autre époque, n’était qu’un petit trou d’eau servant à abreuver les vaches de la ferme. C’est un spectacle impressionnant que de voir ces machines fonctionner, conduites par des artistes de la manette, grattant le sol de leurs bras télescopiques et redistribuant ces amoncellements dans les espaces environnants. Encore plus impressionnant est le temps que le creusage d’un étang peut prendre, une journée, peut-être deux si les choses se compliquent et que l’on tombe sur un ‘cap de roche’. Miracle de la machine, ode au génie humain, on peut se situer des deux côtés du débat, le résultat sera le même, il y aura un énorme trou ce soir à la ferme que l’hiver s’occupera de remplir tranquillement, au gré des précipitations et du bon vouloir des cieux.

Magnifique méchoui

Magnifique journée que nous avons eue hier pour ce méchoui 2019! Soleil brillant, ciel bleu et température douce à souhait et cela a duré le temps de l’événement car vers 15h, comme pour annoncer la fin de la récréation, le vent s’est levé, le ciel a grisonné, la température a baissé de quelques degrés, signal clair qu’il était temps de remballer assiettes et marmailles et d’affronter les bouchons de la ville. Mille fois merci à vous tous qui avez pris le temps de nous concocter les plats les plus délicieux et partager avec nous vos impressions campagnardes, vos inspirations et vos aspirations du rôle d’une ferme. Et même si le temps nous a manqué pour butiner le plus possible aux différentes tables, Claire et moi avons été enchantés d’échanger avec vous sur le métier, la vie à la ferme, nos projets futurs et j’en passe. C’est bien sûr partie remise et à ceux qui n’ont pu être là hier, il y aura une autre fois, c’est promis…

Lundi et coucher de soleil d’octobre

Avec l’arrivée de l’automne et la baisse des récoltes encore au champ, nous avons pris l’habitude depuis quelques semaines de ne pas travailler les lundi. Tant mieux, d’abord parce je n’aime pas les lundi et qu’il semble ne jamais faire beau ce jour-là, ces derniers temps en tout cas! On en profite pour poser nos béquilles, brasser de la paperasse, s’adonner au yoga et…commencer à planifier l’après-saison. Ah, l’après-saison, on y pense comme un désaltéré devant un mirage dans le désert. Mais la réalité nous rattrape vite, des communications à compléter, des récoltes à planifier et la valse à mille temps qui nous reprend, avait dit un magnifique chanteur.

Nous avons organisé le panier de cette semaine pour qu’il réponde aux besoins de la célébration de l’Action de Grâce, une ode aux légumes s’il en existait une. Il devrait y avoir de quoi satisfaire tous les palais, même notre légume fétiche, la tomate, qui, cette année, semble braver toutes les conditions, malgré les froids des derniers jours.

Ménage de champs

La semaine s’annonce fraîche et paraît-il, pluvieuse et en ce début d’octobre, ces deux états de fait vont souvent ensemble. Alors plutôt que de se lancer dans une première salve de récoltes pour les paniers de la semaine, nous avons décidé, par un soleil éclatant, de faire un nettoyage des champs déjà récoltés mais encore délaissés. Paillis et goutte à goutte retirés, un passage de débroussailleuse (bush hog) pour émietter les gros plants, un hersage grossier et vite, vite, un semis de seigle avant l’arrivée de la pluie dans les prochaines heures. Ces semis d’engrais verts automnaux sont souvent accomplis dans des conditions douteuses. Non qu’on le fasse exprès mais la météo ne coopère presque jamais, champs humides, portance amoindrie mais on ne peut laisser les sols à nu car l’érosion éolienne défait en un hiver ce que la nature a pris des millénaires à créer. On récoltera possiblement sous la pluie demain mais nous en avons l’habitude et de plus, ils annonceraient une journée plutôt clémente.

Brume d’automne

La semaine s’annonce basse et grise et la pluie des aurores en a déjà donné le ton. Mais je ne m’en plains pas tant car même s’il n’est plus aussi oppressant, le soleil des derniers jours a asséché bien des parcelles de légumes, m’obligeant in extremis à ressortir nos systèmes d’aspersion. Ce ne sera plus nécessaire et après les précipitations que l’on semble annoncer pendant les prochains jours, la question ne portera plus sur les conséquences d’un asséchement des sols mais bien sur le retour d’Hélianthe, seule force capable de libérer la terre de cet excès d’eau. C’est en fait ma préoccupation première arrivé octobre, l’incapacité des sols à se drainer et conséquemment, les difficultés croissantes quant à l’usage de ces parcelles. N’oubliez pas qu’il reste encore des champs à semer en engrais verts et d’autres à récolter, activités et lieux qui demandent malgré tout un minimum de portance. Ne broyons pas déjà noir, octobre a toujours su nous surprendre, qui sait, avec un autre de ces étés indiens…

La récolte des courges

On a récolté les dernières courges aujourd’hui. De belles courges musquées (butternut), ramassées au coucher du soleil et se reposant maintenant dans notre serre à semis vide de ses transplants. Cela ne fut jamais le cas auparavant, nous qui pensions qu’il fallait aborder la récolte des courges comme l’armée d’Alexandre devant les innombrables troupes du roi Darius. Non, cette fois-ci, nous avons choisi de diviser pour régner, la spaghetti ici, la delicata là, pour finir par la reine des reines, la musquée, que tout le monde connaît et qui réchauffera vos soirées automnales. La récolte des courges, c’est un jalon dans la saison d’une ferme, le signal que l’été est sur le point de clore, l’invitation à repenser son menu, rebrasser ses recettes et faire face à l’inévitable.

Quand le temps file

La période est intense et le temps file. Difficile à croire mais pour ce maraîcher, il reste peu de temps pour la préparation des champs de la saison prochaine. Nettoyage et hersage des parcelles déjà récoltées, semis des plus nutritifs engrais verts possibles, les séquences se suivent selon l’échéancier que nous impose Dame Nature et c’est là où les pluies tant souhaitées durant le plus profond de l’été deviennent des irritants, voire de sérieux obstacles à la préparation des champs de l’an prochain. Car, voyez-vous, tous les engrais verts ne naissent pas égaux, un mélange avoine et pois, par exemple, est bien plus riche en azote et en matière organique qu’une avoine seule et les semer trop tard affecterait leur masse totale. Alors, tout est affaire de bonne préparation et de chance et pour répondre à ce défi qui resurgit saison après saison, nous allons labourer d’ici quelques jours une nouvelle parcelle de près d’un hectare, assurant ainsi les espaces nécessaires à nos rotations.

J’aimerais dire que nous entrons de plein pied dans l’automne mais le vert gras des boisés me pousse à une certaine retenue. Peut-être qu’une nouvelle récolte, ce matin, d’une série de courges d’hiver m’inciterait à l’affirmer mais là aussi, ce serait pousser le bouchon un peu trop fort. On attendra le premier gel pour le clamer haut et fort même si en mon for intérieur, je sais que nous y sommes bel et bien. Dans vos paniers, il reste encore des traces de l’été et nous avons hâte de les partager avec vous.

Ode à l’aubergine

Les paniers en débordent ces temps-ci et devant les regards éplorés de certains, j’aimerais expliquer les raisons de cet excès. Il y a trois légumes que je cultive en quantité importante, toutes trois des solanacées d’ailleurs, l’aubergine, suivi du poivron et de la tomate. Pour cette dernière, reine des champs, il faut la prémunir de bien de maladies et la cultiver selon des techniques différentes, qu’elle soit hâtive ou tardive, en champ ou en tunnel chenille. Le résultat est le même, la tomate colonise de grandes superficies et phagocyte bien des énergies. Mais pour le poivron et l’aubergine, l’histoire est autre : c’est un insecte le coupable, la punaise terne, une bêbête du bon dieu qui sévit partout à la ferme et qui se délecte des fleurs des légumes mentionnés. Elle s’attaque aux fleurs des poivrons et des aubergines et peuvent en quelques jours faire avorter plusieurs générations de légumes, créant ainsi des trous dans leur récolte. Que faire donc? En planter beaucoup et espérer que la punaise terne s’attaquera à 30 ou 40% des fleurs mais en laissera assez pour remplir nos paniers.

Cette année, surprise, point de punaise terne dans les champs! En tout cas pas assez pour faire de sérieux dégâts. Et voilà pourquoi, nous nous retrouvons actuellement avec des plants gorgés de fleurs, chacune un légume en puissance et que nous sommes obligés de récolter afin de sauvegarder la santé physiologique du plant.

On servira donc encore des aubergines pendant quelques semaines car les composter serait sacrilège…

Trouver l’équilibre

Il a fallu réorganiser l’entrepôt, bouger des boîtes, libérer les couloirs et laisser place aux premiers légumes d’automne, nos chères courges. Et ce lundi matin, nous sommes allés les cueillir au petit matin, la spaghetti, la buttercup et j’en passe. Au passage, nous avons même ramassé les premières pastèques avec pépins, nos préférées car sucrées à point et gentiment parfumées. La course se poursuit aussi pour nettoyer les champs, engrais verts oblige et pour montrer à ceux qui nous retrouveront au méchoui des parcelles un tant soit peu présentables. Comme toujours, ces derniers jours d’août me plaisent car enfin, voilà revenu le temps de l’équilibre, équilibre des températures entre des jours aux chaleurs doucereuses et aux nuits tout juste fraiches, équilibre aussi dans la composition des légumes, la solanacée, la feuille et la racine. Je dis cela sachant que vous allez encore avoir un amoncellement d’aubergines dans vos paniers mais comme le dit si prudemment ma professeur de yoga quand elle ne veut pas que l’on se blesse en faisant un exercice, ‘c’est une direction que l’on cherche à trouver’…

Récoltes abondantes

L’ail est récolté depuis fin juillet (il sèche tranquillement dans notre grange rouge) et les tomates italiennes rougissent à vue d’œil sur les plants. C’est donc le moment des commandes spéciales pour ceux et celles qui aiment s’adonner aux cannages et/ou qui veulent faire des réserves d’allium. Cette année, vous pouvez placer vos commandes, jusqu’à épuisement des stocks, à travers notre site Internet ici et les ramasser à votre point de livraison régulier de paniers bio ou à l’un de nos kiosques fermiers à Atwater ou Jean-Talon quand ils seront traités au cours des prochaines semaines. On vous avisera de la date prévue de votre livraison à l’avance, et vous pourrez payer en espèces ou même, dans nos kiosques marché, par interac (i.e. avec votre carte débit).

L’ail : facile à conserver en autant que vous suiviez certaines règles, il devrait durer jusqu’à la fin du printemps voire plus tard si les conditions d’entreposage sont à leur optimum. On conseille de le garder dans l’emballage d’origine (un sac en papier), dans une dépense de cuisine, loin de la lumière et des grosses fluctuations de température. Une armoire fera l’affaire, pas de frigo bien sûr et encore moins un garage humide et frisquet. 

La tomate italienne : nous produisons deux variétés de tomates italiennes, la San Marzano et la Roma. Les deux sont idéales pour le cannage car riches en chair et sans trop de jus. Comme nous les récoltons proches de leur maturité, il serait important pour la qualité de votre cannage que vous les transformiez dans les deux ou trois jours qui suivent leur réception.

 

Le temps d’une récolte

Je me suis mis au créole ces derniers temps. Non que je voulais me rajouter une autre langue. On en parle déjà trois à la ferme, la plus commune étant l’espagnol vu le temps passé auprès de nos employés mexicains. Non, on s’est mis au créole pour communiquer avec de nouvelles employées engagées de façon journalière, à travers un programme de l’Union des Producteurs Agricoles. Le dilemme revient chaque année, qui va récolter tous ces bleuets mûris à point alors que le travail bat son plein et que nous en avons déjà par-dessus les bras avec nos tâches quotidiennes. Et c’est là qu’interviennent ces sympathiques dames, presque toutes grand-mères d’ailleurs, Viergela, Marie-Ange, Violette, Lumène, des noms que l’on se plaît à répéter car d’une autre époque et qui essaiment les champs du Québec le temps d’un été. Femmes vaillantes au parcours difficile, peu loquaces d’ailleurs, mais qui s’ouvrent à vous si vous prenez le temps de les apprivoiser. Elles ont arpenté la bleuetière pour nous laisser apprécier les douceurs de l’été et déjà elles ont migré autre part, qui sait, désherbant une parcelle de carottes ou de choux. On s’est donc mis au créole, le temps d’une récolte de bleuets.

Panier toujours estival, le bleuet sera remplacé par le premier melon, un cantaloup odorant et muri à point. La nature étant encore généreuse, il nous faut rivaliser d’imagination pour préparer aubergines et courgettes. Viendra un temps quand il n’y en aura plus dans les paniers…

Fête du maïs

Après des années de disette, je suis fier d’annoncer que le stratagème a fonctionné et, conséquemment, qu’il y aura mâchement d’épis de maïs dans certaines chaumières du Québec… Et pour ne pas rentrer dans trop de détails techniques, ce n’est pas la clôture branchée sur du 110 qui a résolu le maraudage des ratons mais bien le rajout d’une troisième broche métallique sur la clôture, fruit d’une cogitation serrée entre employés de la ferme, surpris de voir que l’électrification n’avait pas eu les effets escomptés. Avec ses trois paliers posés au six pouces, la clôture devenait un obstacle bien plus ardu à surmonter pour nos débrouillards des bois. Mais il faut toujours rester aux aguets, le raton laveur a plus d’un tour dans sa queue…

Août a débuté comme il débute souvent, journées chaudes et nuits de plus en plus fraîches, message clair pour nous maraîchers que nous venons de prendre le premier tournant vers le début de l’automne. Je sais, je sais, il faut faire durer le plaisir, les étés sont si courts et les hivers si longs mais en termes agronomiques, l’arrivée des nuits fraîches lance un message précis aux plantes qu’il est temps de penser à sa progéniture, en particulier la mauvaise herbe qui sait qu’il ne lui reste plus bien de temps pour assurer sa pérennité. Donc, il y aura maïs dans les paniers et bien d’autres choses qui rappelleront que nous vivons encore les émois de l’été.

D’orages et de récoltes

On l’attendait cette pluie depuis des semaines quand elle s’est abattue sur nous en cette fin d’après-midi dominicale, humide, sous la forme d’un méchant orage, soulevant au passage une bonne partie de nos filets mais déversant par là-même des trombes d’eau salutaires. Maïs, courges, bleuets, carottes, tous avaient soif et faisaient du surplace en attendant la bénédiction des cieux. On ne pavoisera pas, ce n’était qu’une abattée et il en faudrait plusieurs comme celle-là pour verdir nos champs. L’autre bonne nouvelle est bien sûr la razzia que nous avons faite dans notre parcelle d’ail. Il ne nous a fallu que quelques heures pour nettoyer le champ de cette exquise racine qui repose maintenant sur les ponts de notre grange rouge, mûrissant lentement.

Batailles épi-ques

Le maïs est beau et l’épi se forme déjà… si seulement on pouvait éliminer un irritant majeur, le raton laveur, la terreur du maraîcher, la hantise du jardinier. Suite au carnage qu’a été le cru 2018, je pèse bien mes mots, 20000 épis partis en fumée en l’espace de quelques semaines et bien des énergies gaspillées à contrer cette peste des forêts, on a décidé de sortir l’artillerie lourde. Plus de clôture alimentée au solaire comme on le faisait depuis nos débuts car ces bestioles avaient bien compris que pour accéder au fruit défendu, il fallait juste endurer le drôle de chatouillis que pouvait décharger ces piles. À la place, nous avons décidé d’installer une clôture alimentée au 110 volts. Le choc ne sera pas mortel, loin de là mais qui va s’y frotter s’y piquera, la décharge étant un peu plus costaude que notre version écolo… Et si après cela, nos astucieux ratons trouvent un moyen de passer outre, ce sera la preuve, tout simplement, que ce sont les animaux les plus intelligents de la planète!
Si la courgette et le concombre en ont été un avant-goût, nous entrons de plein pied dans la saison estivale avec l’introduction de la tomate et de l’aubergine, mes légumes préférés et que nous offrirons chaque semaine jusqu’à la décrépitude des plants. À la différence des deux premiers légumes mentionnés, que nous cultivons par vagues, les solanacées sont produites sur un même plant et il faut être fort pour continuer à donner généreusement, semaine après semaine, jusqu’à l’arrivée des premiers froids.

La carotte et moi: une relation amour-haine

J’ai encore semé des carottes, cette fin de semaine. C’est un des seuls légumes que l’on ne peut faire passer par notre serre des transplants. Il ne tolère aucun compromis, c’est comme ça, à prendre ou à laisser. Soit on est un doué du semoir et on réussit son semis du premier coup, soit cent fois sur le métier on remet son ouvrage… Et je ne les compte plus les fois qu’il a fallu pour refaire des semis de carottes, soit parce qu’ils n’avaient pas bien levé ou parce que les mauvaises herbes les avaient étouffé. J’ai donc semé des carottes cette fin de semaine, dans la douceur d’une fin d’après-midi, le sol, le semoir et moi. Un ami maraîcher me l’avait déjà dit, de ne pas se battre contre la nature, partir de bon pied, laisser le semoir glisser dans le sillon, y aller d’un mouvement fluide mais certain et la semence fera le reste. Samedi, j’ai semé les carottes avec le sentiment de m’en être approché.

Quand l’eau se fait rare

Deux ou trois jours au-dessus de 30 C et déjà, on se croirait transporté au fin fond de l’été! C’est ce qui est arrivé ces derniers jours, la chaleur, l’humidité, la pluie qui boude et la nécessité de pallier à son absence. Heureusement qu’avec le temps, la ferme a développé des réflexes pavloviens, où le manque d’eau est automatiquement suivi par le déroulement d’un ‘layflat’, auquel s’ajoute le débobinement d’un goutte à goutte et la mise en marche des pompes dans les étangs. Intermède technique mais salutaire au bien-être des plantes, la question étant toujours : ‘et comment allons-nous faire quand nos plans d’eau seront vides?’ comme nous l’avons vécu l’été dernier en plein juillet! C’est un risque que l’on est prêt à prendre et advienne que pourra.

‘I went to the market, mon p’tit panier sous mon bras’

La tension est montée d’un cran à la ferme, comme si on en avait besoin… La raison : l’ouverture, non pas d’un, mais de nos deux kiosques aux marchés publics d’Atwater et de Jean-Talon, vendredi prochain, alors que les fleuristes qui ont lancé la saison laissent leur place aux maraichers qui la cloront en octobre quand la bise sera venue… On s’affaire donc depuis quelques jours, rabotage et ponçage, teinture et sablage, rien qui ne fasse penser agriculture mais qui interpellera certainement les chalands du dimanche et les fidèles de ces temples du bien-être. L’ouverture de ces marchés est pour nous un deuxième lancement de la saison des cultures, mêmes légumes, différents environnements mais toujours le plaisir de retrouver nos habitués et d’en découvrir de nouveaux.


Un rappel aussi : le retour du notre traditionnel méchoui, interrompue depuis l’ouverture de notre kiosque du marché Atwater, mais que nous relançons sous de meilleurs auspices, le lundi de la fête du travail, en l’occurrence le 2 septembre 2019. C’est une formule potluck, nous fournissons les agneaux, vous venez avec vos plats préférés que nous partagerons et on vous fait le tour des champs. Les détails suivront.

Au Roi Kale

La ferme a basculé dans l’été, comme ça, sans trompette ni tambour. Après nuits froides et journées pluvieuses, nous avons allégrement retrouvé des températures clémentes voire des soupçons de canicule. Qu’à cela ne tienne, les solanacées ont tout d’un coup récupéré vigueur et croissance alors que certaines brassicacées ont même pensé monter en orgueil. Pour les maraîchers que nous sommes, le constat est encourageant pour la suite des choses car annonciateur d’une normalisation de la vie culturale dans les champs, la possibilité de servir certains légumes selon les calendriers indiqués et ambivalence extrême, la certitude que la bataille contre les mauvaises herbes vient de commencer, une certitude qui revient nous hanter tous les ans et que seul la froidure automnale clôt sans préavis. La semaine s’est donc achevée dans un déchaînement de binettes, sachant que tout a une fin et qu’on annonce déjà le retour des ondées.

Dans les paniers, le kale est à l’honneur. Nous en produisons quatre variétés et on voudrait vous en faire goûter deux ou trois selon la taille de vos paniers. Nous savons que les smoothies sont encore populaires mais chez nous, c’est dans les braisés et en salade que nous les apprécions le plus. D’autres brassicacées feront aussi partie des choix de la semaine et nous attendons encore l’arrivée des fraises de saison qui se font toujours désirer. Au plaisir de vous retrouver tous.

Semaine un

On n’y croyait plus mais le soleil est enfin apparu et la chaleur avec.  En se promenant dans les champs ce dimanche, on sent la nature s’activer, impatiente de rattraper son retard car, comme nous, elle sait que l’été est court dans nos contrées et que pour s’accomplir, il faut profiter de toutes les heures ensoleillées que la météo saura nous concéder.  Se sont aussi manifestés des visiteurs peu opportuns, le doryphore dans l’aubergine, la chrysomèle dans les courges d’hiver.  Trop tôt, me direz-vous, et je vous l’accorde, mais on ne peut plus se fier à nos anciens repères, changements climatiques obligent.  Ils sont là et il faut faire avec.  Qu’à cela ne tienne, la saison est bel et bien partie et nous en sommes fort aise.

Temps frais

Des journées en dents de scie, des courses effrénées pour s’assurer que les transplants aillent aux champs au moment voulu et bien sûr un printemps toujours schizophrène, voilà en quelques mots l’environnement dans lequel nous baignons depuis des semaines. Les choses avancent néanmoins et au moment d’écrire ces lignes, profitant des percées de soleil et des plates-bandes pas trop humides, nous avons réussi à planter tout ce qui devait aller au champ, c’est-à-dire nos premières brassicacées, un tas de légumes feuilles, les solanacées hâtives et les cucurbitacées de primeur. Il reste encore une longue liste de choses à amener aux champs mais il va vraiment falloir un bon coup de pouce de dame nature pour dire mission accomplie. Les journées sont encore fraîches et les nuits encore plus et les légumes le ressentent, leur croissance faisant du surplace dans bien des cas. Il y a tout de même un air de déjà vu, ce temps maussade que nous subissons, la saison 2017 ayant été à bien des égards similaire à ce que nous vivons actuellement, la fraîcheur en moins si ma mémoire ne me faillit pas.

Mai orageux

Les dernières semaines ont été zen aux Jardins d’Arlington, la température nous ayant forcé la main et le temps maussade nous obligeant à ronger de nouveau nos freins. Mais zen tout de même car en plus des semis en serre qui n’arrêtent pas, il a fallu repiquer certaines fines herbes, le céleri-rave, les tomates et depuis aujourd’hui, les aubergines. C’est une période que j’apprécie particulièrement, intime et de haute concentration. Repiquer, c’est accorder un nouvel espace à une semence qui a éclos, lui redonner de nouvelles ailes pour repartir de plus belle. L’exercice semble périlleux mais c’est mal connaître les plants qui sont bien plus résilients qu’on ne le pense. Extrait de son ancien cocon et déménagé dans un environnement qu’il ne connait pas, l’instinct de survie va s’enclencher et le plant va tout faire pour reprendre le dessus, racines toutes voiles dehors et port altier. En l’espace de quelques jours, c’est comme s’ils avaient été là depuis toujours…

Les inscriptions vont bon train et nous approchons les deux tiers de notre objectif pour la saison 2019. Il ne reste plus que cinq semaines avant le début des livraisons et vous invitons à remplir vos formulaires en ligne aussi tôt que possible si ce n’est déjà fait. 21 semaines de paniers bio débutant le 12 juin et se terminant le 31 octobre, la possibilité de s’abonner au programme des pains bio du Capitaine Levain, des modalités souples pour ceux qui partent en vacances et bien sûr la bonne humeur de mise aux points de livraison! À très bientôt.

En avril, ne te découvre pas d’un fil

Le temps est gris encore et le fonds de l’air toujours frisquet, tel que nous l’avait promis Environnement Canada. Rien pour nous faire croire que nous sommes sur le point de débuter la saison. Mais ce n’est qu’illusion car tout autour de nous bourdonne de vie, à commencer par les hordes de merles noirs qui ont colonisé les arbres avoisinants, nous assourdissant de leurs piaillements incessants. Les geais bleus sont aussi de la partie et je ne sais qu’attendent les cardinaux pour les rejoindre. Dans les champs, la terre dégèle tranquillement et à moins de savoir où marcher, je ne m’aventurerais pas encore dans ses sols gadouilleux. Mais là où les choses avancent bien vite, c’est bien sûr dans notre serre à semis, où on s’apprête à partir nos tomates et nos aubergines, légumes du soleil par excellence. Les choses avancent tellement vite d’ailleurs que l’on se demande s’il restera encore de la place dans la serre d’ici la fin avril. Il va probablement falloir s’ajouter une extension…

Si ce n’est déjà fait, nous vous invitons à vous inscrire pour la saison 2019 qui débutera dans moins de huit semaines. 21 paniers bio, livrés du 12 juin au 3 novembre, des légumes frais, des petits fruits en saison, du melon et de la pastèque, des paniers d’échange bonifiés et bien sûr la possibilité de venir nous retrouver au marché Atwater de juillet à octobre. Les pains du Capitaine Levain sont aussi au rendez-vous et si un panier pain vous dit, cliquez ici. Enfin, n’oubliez pas d’inscrire la date du 2 septembre dans vos agendas car nous célébrons cette année notre dixième année d’existence en tant que ferme bio. Nous allons fêter cela avec un gros méchoui à la ferme, un potluck où vos prouesses culinaires vont être sollicitées et une visite des lieux. Au plaisir de vous retrouver tous.

Temps des serres

On a ouvert la serre à semis cette année en même temps que la saison des sucres. Pour ceux qui font dans les deux créneaux, et j’en connais, ils vont devoir ‘attacher leurs tuques’, comme le dit bien l’expression car faire les deux choses en même temps n’est pas une mince affaire. Mais pour nous, seulement débuter nos semis d’oignons et de poireaux cette semaine nous a tenu bien occupés. Un coup de balai au plancher, une vérification des systèmes de chauffage, s’assurer de l’approvisionnement en eau et le bal est parti, annonciateur d’une saison intense. Petite nouveauté cette année, à la demande de plusieurs d’entre vous, nous tiendrons une vente de plants du potager le weekend du 18 et 19 mai, à la ferme. Une liste des plants produits vous sera soumise d’ici peu.

Les inscriptions battent leur plein et nous vous invitons à cliquer sur ce lien si vous n’avez pas encore eu le temps de le faire. La saison de 21 paniers débutera le 12 juin pour se compléter le 3 novembre. Cette année, nous voulons porter une attention particulière à la diversité dans les paniers et dans la boite d’échange – que nous allons augmenter en quantité et diversité – afin que vous y trouviez une plus grande sélection de légumes. Un autre point d’attention, l’usage du plastique dans nos paniers que nous voulons utiliser à son minimum pour ne pas dire son retrait total. On vous reviendra sous peu avec quelques suggestions au sujet de ce programme zéro déchet. Les inscriptions aux pains bio du Capitaine Levain ont aussi commencé, vous trouverez ici les liens pour vous inscrire à leurs paniers surprises et leurs paniers au choix  — liens qui sont également disponibles sur notre propre onglet inscription paniers pain.

Nous espérons que vous serez nombreux à reprendre le chemin du panier bio et à coloniser nos points de chute. L’hiver a été long, le printemps est à nos portes, mais vivement l’été pour le plaisir de vous retrouver tous.

Lancement de la saison 2019

Roulement de tambour : la saison des paniers bio 2019 des Jardins d’Arlington est lancée! Deuxième roulement de tambour : nous célébrons aussi notre dixième année d’existence! 10 ans déjà que nous avons investi la belle région de Stanbridge East pour y cultiver ses jardins et vous offrir les fruits de nos labeurs. Nous célébrons aussi 10 années d’un soutien plus que généreux de votre part, une solidarité qui nous touche et qui pérennise la mission et les activités de la ferme dans tout ce qu’elles ont de complexe et de transcendant. D’ailleurs, inscrivez-le déjà dans vos calendrier, nous fêterons cet anniversaire par un bel événement tenu le lundi de la Fête du travail en septembre, à la ferme.

La saison 2019 est lancée et vous pouvez dès maintenant vous inscrire aux liens suivants. Cette année, nous sommes revenus à un calendrier régulier de 21 semaines pour tous les abonnés (exception faite de notre panier kiosque au Marché Atwater de 18 semaines), débutant mercredi le 12 juin et se terminant dimanche le 3 novembre. Les aléas de la nature sont devenus tels qu’ils rendaient nos livraisons en novembre assez hasardeux vu nos points de livraison extérieurs. Les jours et les heures de livraisons n’ont aucunement changé et les espaces non plus. Nous sommes aussi heureux d’annoncer le retour des paniers pain du Capitaine Levain sans oublier les œufs de notre ferme et si tout rentre dans l’ordre, le retour des ruches et de notre miel. Poursuivant sur notre lancée zéro déchet entreprise l’an dernier, nous allons faire appel à votre collaboration pour tenter de se débarrasser des sacs plastique encore en usage dans nos livraisons hebdomadaires et au marché. Nous y reviendrons en plus de détails dans un courriel subséquent.


À partir de maintenant, nous vous tiendrons au courant de l’évolution de la saison par des courriels réguliers et nous vous invitons à nous suivre sur facebook et instagram. Nous espérons que vous serez nombreux à vous joindre à nous et à profiter des bienfaits de la terre et de l’été.

Le bio détoxifiant

Dans le concert des Cassandre qui nous entoure, je tombe à l’occasion sur une nouvelle, une analyse ou un commentaire qui redonne espoir et met du baume au cœur.  Cette semaine, c’est un article que j’ai trouvé sur le site du Guardian qui me confirme que la nature fait bien les choses : le corps humain peut se débarrasser pratiquement de tous les pesticides nocifs utilisés dans la production de fruits et légumes cultivés de façon conventionnelle et ce en migrant vers une diète composée d’aliments produits en régie biologique et tout cela en moins d’une dizaine de jours!  Les arguments sont bien étayés dans cet article et quant à moi, cela veut simplement dire qu’il faut augmenter la part du bio dans nos étalages et donner ainsi plus de choix aux citoyens.

Mort d’insecte

On ne peut changer les choses que si on les identifie, les comprend et leur fait face.  La nouvelle n’a rien de réjouissant mais il faut en prendre note : si la tendance se maintient, pour reprendre l’expression fétiche d’un journaliste réputé, d’ici la fin du siècle, il ne restera plus d’insectes pour polliniser quoi que ce soit.  Pour être plus précis, on parle de 40% des insectes qui ne survivront pas aux pratiques agricoles actuelles et à la dégradation de leur environnement.  C’est la conclusion à laquelle arrive une étude de la revue scientifique Biological Conservation publiée ces dernières semaines.  Les plus touchés seront la grande famille des lépidoptères (papillons, etc.), des hyménoptères (abeilles, bourdons, etc.) et des coléoptères (coccinelles, etc.) sans oublier d’autres familles d’insectes vivant en milieu marin.  L’étude démontre que l’urbanisation, la perte des habitats naturels de ces insectes incluant les marais et l’usage généralisé des pesticides sont les raisons principales expliquant leur déclin et disparition.   Que faire? La suite dans un prochain billet…

Les articles dans Le Devoir ou The Guardian.

J’aime: le nouveau guide alimentaire

La publication du guide alimentaire cette semaine par Santé Canada devrait donner du ‘pep’ à l’ensemble du secteur maraicher, incluant ceux qui importent du légume extra muros.  Même si on dit qu’il n’est pas allé assez loin, sa nouvelle mouture est tout ce qu’il y a de plus encourageant pour notre secteur car ils sont nombreux, allant des individus aux organisations, qui l’utilisent pour structurer leur alimentation de tous les jours, à tout le moins ceux qui débutent l’année avec des résolutions grosses comme ça…

Ce que j’aime : la place prépondérante du légume frais dans la fourchette des possibles, la place non moins prépondérante des légumineuses (n’en déplaise à Madame Ravary) et céréales dans notre quotidien et la relative importance des viandes et des laitages dans ce même quotidien.

Il paraît que Santé Canada a sciemment décidé d’exclure l’industrie laitière des discussions afin de ne pas se laisser influencer même si elle a allègrement autorisé le glyphosate pendant un autre 15 ans en se fiant sur les ‘études’ financées par une autre industrie.  Cherchez la contradiction.  Le guide est un bon pas en tout cas vers une meilleure alimentation. J’attends maintenant une décision similaire sur l’étiquetage…

Météo hivernale: très froid et très enneigé

Janvier a débuté comme on s’y attendait, dans l’incertitude d’un véritable hiver, suivie aussitôt d’un cinglant démenti et rehaussé d’une solide tempête dans laquelle nous nous débattons depuis hier.  Blanc sur blanc, ponctuée ici et là d’oripeaux brunâtres, la campagne environnante, ballotée par les grands vents, se soumet aux aléas de la météo.  La jeunesse de la maisonnée revendiquait une journée pédagogique, histoire de dévaler les pentes et confirmer la hauteur des dégâts.  Mais l’école a décidé autrement : il y aura cours aujourd’hui.

Côté ferme, les Jardins d’Arlington préparent le lancement de la saison 2019.  Rien de trop pressant, compléter les commandes des semences que nous avons débuté plus tard qu’à l’habitude et fignoler notre attirail numérique.  Qui aurait pensé, il y a une dizaine d’années de cela, qu’Internet et les réseaux sociaux allaient être un aussi nécessaire passage obligé!  Du chèque envoyé par la Poste et du formulaire d’inscription qu’il fallait imprimer, la vague a tout emporté, nous entrainant dans le cycle prométhéen de la mise à jour continuelle…  On vous reviendra sous peu en tout cas pour parler de bien de choses sans oublier sûr que Les Jardins d’Arlington célèbreront leurs 10 ans d’existence cette année…