Fête du maïs

Après des années de disette, je suis fier d’annoncer que le stratagème a fonctionné et, conséquemment, qu’il y aura mâchement d’épis de maïs dans certaines chaumières du Québec… Et pour ne pas rentrer dans trop de détails techniques, ce n’est pas la clôture branchée sur du 110 qui a résolu le maraudage des ratons mais bien le rajout d’une troisième broche métallique sur la clôture, fruit d’une cogitation serrée entre employés de la ferme, surpris de voir que l’électrification n’avait pas eu les effets escomptés. Avec ses trois paliers posés au six pouces, la clôture devenait un obstacle bien plus ardu à surmonter pour nos débrouillards des bois. Mais il faut toujours rester aux aguets, le raton laveur a plus d’un tour dans sa queue…

Août a débuté comme il débute souvent, journées chaudes et nuits de plus en plus fraîches, message clair pour nous maraîchers que nous venons de prendre le premier tournant vers le début de l’automne. Je sais, je sais, il faut faire durer le plaisir, les étés sont si courts et les hivers si longs mais en termes agronomiques, l’arrivée des nuits fraîches lance un message précis aux plantes qu’il est temps de penser à sa progéniture, en particulier la mauvaise herbe qui sait qu’il ne lui reste plus bien de temps pour assurer sa pérennité. Donc, il y aura maïs dans les paniers et bien d’autres choses qui rappelleront que nous vivons encore les émois de l’été.

D’orages et de récoltes

On l’attendait cette pluie depuis des semaines quand elle s’est abattue sur nous en cette fin d’après-midi dominicale, humide, sous la forme d’un méchant orage, soulevant au passage une bonne partie de nos filets mais déversant par là-même des trombes d’eau salutaires. Maïs, courges, bleuets, carottes, tous avaient soif et faisaient du surplace en attendant la bénédiction des cieux. On ne pavoisera pas, ce n’était qu’une abattée et il en faudrait plusieurs comme celle-là pour verdir nos champs. L’autre bonne nouvelle est bien sûr la razzia que nous avons faite dans notre parcelle d’ail. Il ne nous a fallu que quelques heures pour nettoyer le champ de cette exquise racine qui repose maintenant sur les ponts de notre grange rouge, mûrissant lentement.

Batailles épi-ques

Le maïs est beau et l’épi se forme déjà… si seulement on pouvait éliminer un irritant majeur, le raton laveur, la terreur du maraîcher, la hantise du jardinier. Suite au carnage qu’a été le cru 2018, je pèse bien mes mots, 20000 épis partis en fumée en l’espace de quelques semaines et bien des énergies gaspillées à contrer cette peste des forêts, on a décidé de sortir l’artillerie lourde. Plus de clôture alimentée au solaire comme on le faisait depuis nos débuts car ces bestioles avaient bien compris que pour accéder au fruit défendu, il fallait juste endurer le drôle de chatouillis que pouvait décharger ces piles. À la place, nous avons décidé d’installer une clôture alimentée au 110 volts. Le choc ne sera pas mortel, loin de là mais qui va s’y frotter s’y piquera, la décharge étant un peu plus costaude que notre version écolo… Et si après cela, nos astucieux ratons trouvent un moyen de passer outre, ce sera la preuve, tout simplement, que ce sont les animaux les plus intelligents de la planète!
Si la courgette et le concombre en ont été un avant-goût, nous entrons de plein pied dans la saison estivale avec l’introduction de la tomate et de l’aubergine, mes légumes préférés et que nous offrirons chaque semaine jusqu’à la décrépitude des plants. À la différence des deux premiers légumes mentionnés, que nous cultivons par vagues, les solanacées sont produites sur un même plant et il faut être fort pour continuer à donner généreusement, semaine après semaine, jusqu’à l’arrivée des premiers froids.

La carotte et moi: une relation amour-haine

J’ai encore semé des carottes, cette fin de semaine. C’est un des seuls légumes que l’on ne peut faire passer par notre serre des transplants. Il ne tolère aucun compromis, c’est comme ça, à prendre ou à laisser. Soit on est un doué du semoir et on réussit son semis du premier coup, soit cent fois sur le métier on remet son ouvrage… Et je ne les compte plus les fois qu’il a fallu pour refaire des semis de carottes, soit parce qu’ils n’avaient pas bien levé ou parce que les mauvaises herbes les avaient étouffé. J’ai donc semé des carottes cette fin de semaine, dans la douceur d’une fin d’après-midi, le sol, le semoir et moi. Un ami maraîcher me l’avait déjà dit, de ne pas se battre contre la nature, partir de bon pied, laisser le semoir glisser dans le sillon, y aller d’un mouvement fluide mais certain et la semence fera le reste. Samedi, j’ai semé les carottes avec le sentiment de m’en être approché.

Quand l’eau se fait rare

Deux ou trois jours au-dessus de 30 C et déjà, on se croirait transporté au fin fond de l’été! C’est ce qui est arrivé ces derniers jours, la chaleur, l’humidité, la pluie qui boude et la nécessité de pallier à son absence. Heureusement qu’avec le temps, la ferme a développé des réflexes pavloviens, où le manque d’eau est automatiquement suivi par le déroulement d’un ‘layflat’, auquel s’ajoute le débobinement d’un goutte à goutte et la mise en marche des pompes dans les étangs. Intermède technique mais salutaire au bien-être des plantes, la question étant toujours : ‘et comment allons-nous faire quand nos plans d’eau seront vides?’ comme nous l’avons vécu l’été dernier en plein juillet! C’est un risque que l’on est prêt à prendre et advienne que pourra.

‘I went to the market, mon p’tit panier sous mon bras’

La tension est montée d’un cran à la ferme, comme si on en avait besoin… La raison : l’ouverture, non pas d’un, mais de nos deux kiosques aux marchés publics d’Atwater et de Jean-Talon, vendredi prochain, alors que les fleuristes qui ont lancé la saison laissent leur place aux maraichers qui la cloront en octobre quand la bise sera venue… On s’affaire donc depuis quelques jours, rabotage et ponçage, teinture et sablage, rien qui ne fasse penser agriculture mais qui interpellera certainement les chalands du dimanche et les fidèles de ces temples du bien-être. L’ouverture de ces marchés est pour nous un deuxième lancement de la saison des cultures, mêmes légumes, différents environnements mais toujours le plaisir de retrouver nos habitués et d’en découvrir de nouveaux.


Un rappel aussi : le retour du notre traditionnel méchoui, interrompue depuis l’ouverture de notre kiosque du marché Atwater, mais que nous relançons sous de meilleurs auspices, le lundi de la fête du travail, en l’occurrence le 2 septembre 2019. C’est une formule potluck, nous fournissons les agneaux, vous venez avec vos plats préférés que nous partagerons et on vous fait le tour des champs. Les détails suivront.

Au Roi Kale

La ferme a basculé dans l’été, comme ça, sans trompette ni tambour. Après nuits froides et journées pluvieuses, nous avons allégrement retrouvé des températures clémentes voire des soupçons de canicule. Qu’à cela ne tienne, les solanacées ont tout d’un coup récupéré vigueur et croissance alors que certaines brassicacées ont même pensé monter en orgueil. Pour les maraîchers que nous sommes, le constat est encourageant pour la suite des choses car annonciateur d’une normalisation de la vie culturale dans les champs, la possibilité de servir certains légumes selon les calendriers indiqués et ambivalence extrême, la certitude que la bataille contre les mauvaises herbes vient de commencer, une certitude qui revient nous hanter tous les ans et que seul la froidure automnale clôt sans préavis. La semaine s’est donc achevée dans un déchaînement de binettes, sachant que tout a une fin et qu’on annonce déjà le retour des ondées.

Dans les paniers, le kale est à l’honneur. Nous en produisons quatre variétés et on voudrait vous en faire goûter deux ou trois selon la taille de vos paniers. Nous savons que les smoothies sont encore populaires mais chez nous, c’est dans les braisés et en salade que nous les apprécions le plus. D’autres brassicacées feront aussi partie des choix de la semaine et nous attendons encore l’arrivée des fraises de saison qui se font toujours désirer. Au plaisir de vous retrouver tous.

Semaine un

On n’y croyait plus mais le soleil est enfin apparu et la chaleur avec.  En se promenant dans les champs ce dimanche, on sent la nature s’activer, impatiente de rattraper son retard car, comme nous, elle sait que l’été est court dans nos contrées et que pour s’accomplir, il faut profiter de toutes les heures ensoleillées que la météo saura nous concéder.  Se sont aussi manifestés des visiteurs peu opportuns, le doryphore dans l’aubergine, la chrysomèle dans les courges d’hiver.  Trop tôt, me direz-vous, et je vous l’accorde, mais on ne peut plus se fier à nos anciens repères, changements climatiques obligent.  Ils sont là et il faut faire avec.  Qu’à cela ne tienne, la saison est bel et bien partie et nous en sommes fort aise.

Temps frais

Des journées en dents de scie, des courses effrénées pour s’assurer que les transplants aillent aux champs au moment voulu et bien sûr un printemps toujours schizophrène, voilà en quelques mots l’environnement dans lequel nous baignons depuis des semaines. Les choses avancent néanmoins et au moment d’écrire ces lignes, profitant des percées de soleil et des plates-bandes pas trop humides, nous avons réussi à planter tout ce qui devait aller au champ, c’est-à-dire nos premières brassicacées, un tas de légumes feuilles, les solanacées hâtives et les cucurbitacées de primeur. Il reste encore une longue liste de choses à amener aux champs mais il va vraiment falloir un bon coup de pouce de dame nature pour dire mission accomplie. Les journées sont encore fraîches et les nuits encore plus et les légumes le ressentent, leur croissance faisant du surplace dans bien des cas. Il y a tout de même un air de déjà vu, ce temps maussade que nous subissons, la saison 2017 ayant été à bien des égards similaire à ce que nous vivons actuellement, la fraîcheur en moins si ma mémoire ne me faillit pas.

Mai orageux

Les dernières semaines ont été zen aux Jardins d’Arlington, la température nous ayant forcé la main et le temps maussade nous obligeant à ronger de nouveau nos freins. Mais zen tout de même car en plus des semis en serre qui n’arrêtent pas, il a fallu repiquer certaines fines herbes, le céleri-rave, les tomates et depuis aujourd’hui, les aubergines. C’est une période que j’apprécie particulièrement, intime et de haute concentration. Repiquer, c’est accorder un nouvel espace à une semence qui a éclos, lui redonner de nouvelles ailes pour repartir de plus belle. L’exercice semble périlleux mais c’est mal connaître les plants qui sont bien plus résilients qu’on ne le pense. Extrait de son ancien cocon et déménagé dans un environnement qu’il ne connait pas, l’instinct de survie va s’enclencher et le plant va tout faire pour reprendre le dessus, racines toutes voiles dehors et port altier. En l’espace de quelques jours, c’est comme s’ils avaient été là depuis toujours…

Les inscriptions vont bon train et nous approchons les deux tiers de notre objectif pour la saison 2019. Il ne reste plus que cinq semaines avant le début des livraisons et vous invitons à remplir vos formulaires en ligne aussi tôt que possible si ce n’est déjà fait. 21 semaines de paniers bio débutant le 12 juin et se terminant le 31 octobre, la possibilité de s’abonner au programme des pains bio du Capitaine Levain, des modalités souples pour ceux qui partent en vacances et bien sûr la bonne humeur de mise aux points de livraison! À très bientôt.

En avril, ne te découvre pas d’un fil

Le temps est gris encore et le fonds de l’air toujours frisquet, tel que nous l’avait promis Environnement Canada. Rien pour nous faire croire que nous sommes sur le point de débuter la saison. Mais ce n’est qu’illusion car tout autour de nous bourdonne de vie, à commencer par les hordes de merles noirs qui ont colonisé les arbres avoisinants, nous assourdissant de leurs piaillements incessants. Les geais bleus sont aussi de la partie et je ne sais qu’attendent les cardinaux pour les rejoindre. Dans les champs, la terre dégèle tranquillement et à moins de savoir où marcher, je ne m’aventurerais pas encore dans ses sols gadouilleux. Mais là où les choses avancent bien vite, c’est bien sûr dans notre serre à semis, où on s’apprête à partir nos tomates et nos aubergines, légumes du soleil par excellence. Les choses avancent tellement vite d’ailleurs que l’on se demande s’il restera encore de la place dans la serre d’ici la fin avril. Il va probablement falloir s’ajouter une extension…

Si ce n’est déjà fait, nous vous invitons à vous inscrire pour la saison 2019 qui débutera dans moins de huit semaines. 21 paniers bio, livrés du 12 juin au 3 novembre, des légumes frais, des petits fruits en saison, du melon et de la pastèque, des paniers d’échange bonifiés et bien sûr la possibilité de venir nous retrouver au marché Atwater de juillet à octobre. Les pains du Capitaine Levain sont aussi au rendez-vous et si un panier pain vous dit, cliquez ici. Enfin, n’oubliez pas d’inscrire la date du 2 septembre dans vos agendas car nous célébrons cette année notre dixième année d’existence en tant que ferme bio. Nous allons fêter cela avec un gros méchoui à la ferme, un potluck où vos prouesses culinaires vont être sollicitées et une visite des lieux. Au plaisir de vous retrouver tous.

Temps des serres

On a ouvert la serre à semis cette année en même temps que la saison des sucres. Pour ceux qui font dans les deux créneaux, et j’en connais, ils vont devoir ‘attacher leurs tuques’, comme le dit bien l’expression car faire les deux choses en même temps n’est pas une mince affaire. Mais pour nous, seulement débuter nos semis d’oignons et de poireaux cette semaine nous a tenu bien occupés. Un coup de balai au plancher, une vérification des systèmes de chauffage, s’assurer de l’approvisionnement en eau et le bal est parti, annonciateur d’une saison intense. Petite nouveauté cette année, à la demande de plusieurs d’entre vous, nous tiendrons une vente de plants du potager le weekend du 18 et 19 mai, à la ferme. Une liste des plants produits vous sera soumise d’ici peu.

Les inscriptions battent leur plein et nous vous invitons à cliquer sur ce lien si vous n’avez pas encore eu le temps de le faire. La saison de 21 paniers débutera le 12 juin pour se compléter le 3 novembre. Cette année, nous voulons porter une attention particulière à la diversité dans les paniers et dans la boite d’échange – que nous allons augmenter en quantité et diversité – afin que vous y trouviez une plus grande sélection de légumes. Un autre point d’attention, l’usage du plastique dans nos paniers que nous voulons utiliser à son minimum pour ne pas dire son retrait total. On vous reviendra sous peu avec quelques suggestions au sujet de ce programme zéro déchet. Les inscriptions aux pains bio du Capitaine Levain ont aussi commencé, vous trouverez ici les liens pour vous inscrire à leurs paniers surprises et leurs paniers au choix  — liens qui sont également disponibles sur notre propre onglet inscription paniers pain.

Nous espérons que vous serez nombreux à reprendre le chemin du panier bio et à coloniser nos points de chute. L’hiver a été long, le printemps est à nos portes, mais vivement l’été pour le plaisir de vous retrouver tous.

Lancement de la saison 2019

Roulement de tambour : la saison des paniers bio 2019 des Jardins d’Arlington est lancée! Deuxième roulement de tambour : nous célébrons aussi notre dixième année d’existence! 10 ans déjà que nous avons investi la belle région de Stanbridge East pour y cultiver ses jardins et vous offrir les fruits de nos labeurs. Nous célébrons aussi 10 années d’un soutien plus que généreux de votre part, une solidarité qui nous touche et qui pérennise la mission et les activités de la ferme dans tout ce qu’elles ont de complexe et de transcendant. D’ailleurs, inscrivez-le déjà dans vos calendrier, nous fêterons cet anniversaire par un bel événement tenu le lundi de la Fête du travail en septembre, à la ferme.

La saison 2019 est lancée et vous pouvez dès maintenant vous inscrire aux liens suivants. Cette année, nous sommes revenus à un calendrier régulier de 21 semaines pour tous les abonnés (exception faite de notre panier kiosque au Marché Atwater de 18 semaines), débutant mercredi le 12 juin et se terminant dimanche le 3 novembre. Les aléas de la nature sont devenus tels qu’ils rendaient nos livraisons en novembre assez hasardeux vu nos points de livraison extérieurs. Les jours et les heures de livraisons n’ont aucunement changé et les espaces non plus. Nous sommes aussi heureux d’annoncer le retour des paniers pain du Capitaine Levain sans oublier les œufs de notre ferme et si tout rentre dans l’ordre, le retour des ruches et de notre miel. Poursuivant sur notre lancée zéro déchet entreprise l’an dernier, nous allons faire appel à votre collaboration pour tenter de se débarrasser des sacs plastique encore en usage dans nos livraisons hebdomadaires et au marché. Nous y reviendrons en plus de détails dans un courriel subséquent.


À partir de maintenant, nous vous tiendrons au courant de l’évolution de la saison par des courriels réguliers et nous vous invitons à nous suivre sur facebook et instagram. Nous espérons que vous serez nombreux à vous joindre à nous et à profiter des bienfaits de la terre et de l’été.

Le bio détoxifiant

Dans le concert des Cassandre qui nous entoure, je tombe à l’occasion sur une nouvelle, une analyse ou un commentaire qui redonne espoir et met du baume au cœur.  Cette semaine, c’est un article que j’ai trouvé sur le site du Guardian qui me confirme que la nature fait bien les choses : le corps humain peut se débarrasser pratiquement de tous les pesticides nocifs utilisés dans la production de fruits et légumes cultivés de façon conventionnelle et ce en migrant vers une diète composée d’aliments produits en régie biologique et tout cela en moins d’une dizaine de jours!  Les arguments sont bien étayés dans cet article et quant à moi, cela veut simplement dire qu’il faut augmenter la part du bio dans nos étalages et donner ainsi plus de choix aux citoyens.

Mort d’insecte

On ne peut changer les choses que si on les identifie, les comprend et leur fait face.  La nouvelle n’a rien de réjouissant mais il faut en prendre note : si la tendance se maintient, pour reprendre l’expression fétiche d’un journaliste réputé, d’ici la fin du siècle, il ne restera plus d’insectes pour polliniser quoi que ce soit.  Pour être plus précis, on parle de 40% des insectes qui ne survivront pas aux pratiques agricoles actuelles et à la dégradation de leur environnement.  C’est la conclusion à laquelle arrive une étude de la revue scientifique Biological Conservation publiée ces dernières semaines.  Les plus touchés seront la grande famille des lépidoptères (papillons, etc.), des hyménoptères (abeilles, bourdons, etc.) et des coléoptères (coccinelles, etc.) sans oublier d’autres familles d’insectes vivant en milieu marin.  L’étude démontre que l’urbanisation, la perte des habitats naturels de ces insectes incluant les marais et l’usage généralisé des pesticides sont les raisons principales expliquant leur déclin et disparition.   Que faire? La suite dans un prochain billet…

Les articles dans Le Devoir ou The Guardian.

J’aime: le nouveau guide alimentaire

La publication du guide alimentaire cette semaine par Santé Canada devrait donner du ‘pep’ à l’ensemble du secteur maraicher, incluant ceux qui importent du légume extra muros.  Même si on dit qu’il n’est pas allé assez loin, sa nouvelle mouture est tout ce qu’il y a de plus encourageant pour notre secteur car ils sont nombreux, allant des individus aux organisations, qui l’utilisent pour structurer leur alimentation de tous les jours, à tout le moins ceux qui débutent l’année avec des résolutions grosses comme ça…

Ce que j’aime : la place prépondérante du légume frais dans la fourchette des possibles, la place non moins prépondérante des légumineuses (n’en déplaise à Madame Ravary) et céréales dans notre quotidien et la relative importance des viandes et des laitages dans ce même quotidien.

Il paraît que Santé Canada a sciemment décidé d’exclure l’industrie laitière des discussions afin de ne pas se laisser influencer même si elle a allègrement autorisé le glyphosate pendant un autre 15 ans en se fiant sur les ‘études’ financées par une autre industrie.  Cherchez la contradiction.  Le guide est un bon pas en tout cas vers une meilleure alimentation. J’attends maintenant une décision similaire sur l’étiquetage…

Météo hivernale: très froid et très enneigé

Janvier a débuté comme on s’y attendait, dans l’incertitude d’un véritable hiver, suivie aussitôt d’un cinglant démenti et rehaussé d’une solide tempête dans laquelle nous nous débattons depuis hier.  Blanc sur blanc, ponctuée ici et là d’oripeaux brunâtres, la campagne environnante, ballotée par les grands vents, se soumet aux aléas de la météo.  La jeunesse de la maisonnée revendiquait une journée pédagogique, histoire de dévaler les pentes et confirmer la hauteur des dégâts.  Mais l’école a décidé autrement : il y aura cours aujourd’hui.

Côté ferme, les Jardins d’Arlington préparent le lancement de la saison 2019.  Rien de trop pressant, compléter les commandes des semences que nous avons débuté plus tard qu’à l’habitude et fignoler notre attirail numérique.  Qui aurait pensé, il y a une dizaine d’années de cela, qu’Internet et les réseaux sociaux allaient être un aussi nécessaire passage obligé!  Du chèque envoyé par la Poste et du formulaire d’inscription qu’il fallait imprimer, la vague a tout emporté, nous entrainant dans le cycle prométhéen de la mise à jour continuelle…  On vous reviendra sous peu en tout cas pour parler de bien de choses sans oublier sûr que Les Jardins d’Arlington célèbreront leurs 10 ans d’existence cette année…

Grands froids de…novembre

Je n’en crois toujours pas mes yeux mais on annonce bel et bien -12 C. dans la nuit du mercredi à jeudi, ici à la ferme. Pour un mois de novembre, nous sommes vraiment en dessous des normales et les livraisons des paniers de mercredi et jeudi auront des airs de marché de noël… En anticipation de ces baisses hors de l’ordinaire, nous avons déjà récolté les poireaux de la semaine et aujourd’hui nous sortirons de la serre froide les laitues et autres feuilles susceptibles à la morsure des froids. Pour le reste, courges et légumes racines, tout est bien entreposé dans des chambres froides plus chaudes que l’air ambiant. Sachez d’ailleurs que le montage des derniers paniers de novembre se fera probablement à l’intérieur de ma plus grande chambre froide qui, ventilateurs aidant, est maintenu à 4 degrés C. alors que l’entrepôt nous gratifie d’un -1 bien généreux. L’an prochain, il y aura du travail d’isolation à planifier… Autre nouvelle de la semaine, le départ de nos deux derniers employés mexicains, Crescencio et Gregorio, partis retrouver leurs familles sous des cieux plus cléments. Les dernières semaines avaient été un peu difficiles – la pluie, le froid, les récoltes et des plantations dans des conditions douteuses. Tout cela sera oublié sous le soleil de Mexico…

Parade de fin de saison

Le mauvais temps nous poursuit mais nous avons trouvé la parade et la plupart des légumes de votre panier sont des racines, ou des feuilles récoltées en serre. Frustrant tout de même, cette tendance qu’a prise la nature de ne nous donner aucun répit. Alors que la journée de dimanche promettait des cieux plus cléments, voilà que ce matin nous rattrape la pluie et son lot de déboires : chemins impraticables, bottes souillées et corps transis. Et ce sera ainsi pendant encore une autre semaine. À oublier donc ma référence à un novembre ninesque, clairement le fruit d’une imagination débridée…

Cela dit, j’ai fait mes premiers pas dans les boisés de la ferme, cette fin de semaine, histoire d’avertir les chasseurs de passage que le maitre des lieux était là et qu’il allait défendre bec et ongles ses quelques arpents de neige. Le message a dû très bien passer car pas âme qui vive je ne vis et c’est toujours mieux comme cela. Les boisés par contre ont révélé leur beauté triste, tenue cachée durant l’été par des flores bien insolentes mais que l’on redécouvre au fil de nos pas, sous cette mouillure automnale. L’hiver s’en vient et avec lui, maintes autres randonnées.

Quand certains finissent et d’autres continuent

C’est durant une semaine bien fraîche mais relativement ensoleillée que la saison régulière des paniers bio des Jardins d’Arlington arrive à sa fin. Vingt semaines bien pleines, à l’occasion mouillées mais généralement chaudes et sèches comme nous n’en avons pas connues depuis belle lurette. On en fera un post-mortem plus tard cet hiver, quand le froid nous aura complètement enveloppé et qu’il ne nous restera que des champs blancs à contempler mais déjà, nous savons qu’il faudra vraiment s’attendre à tout, l’année prochaine, la sécheresse prolongée de cette saison ou la mouillure lancinante de la saison précédente. Produire des légumes dans nos contrées est devenu tout une gageure et une course à obstacles pour ceux qui aiment les défis. On en fait partie et on pense déjà aux solutions que l’on va devoir mettre en place pour répondre à tous ces questionnements.

Un grand merci donc à vous tous qui nous quittez cette semaine. Passez un bel hiver en espérant vous revoir nombreux la saison prochaine, prêts à partager avec nous cette aventure agricole. Et à ceux qui restent pour la saison allongée débutant la semaine prochaine et finissant le 22 novembre, vous recevrez comme d’habitude la communication vous rappelant notre rendez-vous hebdomadaire et les légumes des paniers. Au plaisir de vous retrouver tous.

Rouge et or

Tôt, lundi matin, il faut faire un état des lieux même si le tour des champs se fait de plus en plus vite. Marchant dans l’herbe mouillée éclaboussant mes bottes, je sais déjà que certains travaux pressants ne se feront pas. Les trois derniers jours bien que secs n’ont pas suffi à assécher plusieurs parcelles déjà récoltées. Il va falloir ronger son frein et attendre des températures plus clémentes, occurrence de moins en moins évidente alors que nous entrons dans le giron de l’automne. Mais gardons espoir, Environnement Canada annonce un novembre ‘ninesque’ comme on en a déjà connu dans nos contrées. La marche a été bénéfique somme toute, au vu des légumes qui continuent de croitre dans les champs et en serre froide, sans oublier bien sûr les dégradés de rouge et or qui jaillissent de nos boisés en ces jours d’octobre. Bien sûr que nous ne prenons jamais assez de temps pour faire le plein des couleurs mais ces œillades volées suffisent à adoucir la maussade journée devant nous.

Merci

En cette journée d’action de grâce, je pourrais certainement remercier la nature de ses bienfaits et de sa générosité bien sûr mais je préfèrerais porter mon attention sur ceux sans qui cette entreprise n’existerait pas, nos quatre employés saisonniers, tous originaires du Mexique et qui forment l’épine dorsale de cette ferme. Ce n’est pas que nous n’employons pas d’autres travailleurs. En fait, au plus haut de la saison, nous sommes une dizaine de mortels, vaquant à nos affaires dans les champs, plantant, récoltant, désherbant, irriguant et éventuellement ‘montant’ nos chers paniers. Mais si je parle de ces travailleurs saisonniers, Jhenrri, Crescencio, Carmelino et Gregorio, c’est parce qu’ils sont mes plus proches collaborateurs aux champs, à la différence des autres qui s’imbriquent au groupe en plein milieu de la saison, durant deux ou trois mois, souvent comme stagiaires poursuivant des études en agronomie ou tout simplement à la quête d’une job d’été. Ce n’est pas le cas de nos employés mexicains qui arrivent chez nous au début du printemps pour nous quitter seulement au son des oiseaux migrateurs, oui, ceux qui migrent du grand Nord canadien pour les contrées plus accueillantes de la côte est américaine. Je lève mon chapeau à ces travailleurs, à leur bonté, leur vaillance et leur sérieux. Demain, à l’aube, le premier d’entre eux ira retrouver sa famille après six mois d’absence. Merci encore.

La belle musquée

L’automne s’est abattu sur la ferme comme une surprise attendue. Depuis quelques jours, nous avons délaissé nos shorts pour quelques pantalons et nos chaussures bien confortables pour des bottes plutôt bruyantes. Ne vous méprenez pas, l’herbe est toujours verte, gracieuseté des rosées matinales ou des pluies nocturnes, mais les champs de légumes n’ont plus la luxuriance de jadis, la température fraiche ayant affectée tout le monde sans discrimination aucune. Tous, non, il reste encore des légumes feuilles pour qui la froidure est synonyme de bien-être et des légumes racines qui n’attendaient que cela pour chercher au plus profond d’eux-mêmes les sucres tant désirés. Ils vous seront servis au fur et à mesure des semaines, chacune apportant son lot de surprises. Et avec ces mêmes températures fraîches des derniers jours, nous avons augmenté la cadence du nettoyage des champs, bout de parcelle par bout de parcelle, un semis d’engrais vert n’en attendant pas un autre. La semaine prochaine, ce sera au tour des tunnels d’être démontés, tout une affaire aussi.

Dans les paniers, des racines et des feuilles, le rutabaga récolté aujourd’hui mais aussi la belle musquée, courge des courges, la plus connue sur notre continent et aussi la plus sucrée.

Carnage cucurbitacéen…

Même si j’en parle depuis belle lurette, le gros de la récolte des courges d’hiver ne s’est complétée que cette fin de semaine, sous un soleil de plomb. Soyons plus précis, déjà le weekend dernier, on les avait cueillis et laissés là, dans le rang, à mûrir au soleil en attendant de trouver un moment opportun pour les engranger, chaque variété dans ses bennes, dans la fraicheur naturelle des planchers de vaches. Mais avec la myriade de choses à faire dans une ferme, nous nous sommes réveillés vendredi matin avec l’évidente réalisation qu’il allait falloir se grouiller pour sortir ces légumes des champs car c’est une chose que de laisser mûrir une butternut mais une autre que de la faire cuire sous un 35 degrés Celsius. On s’y est mis à plusieurs et une dizaine de voyages plus tard, le niveau de stress s’était presque évaporé… C’est à ce moment-là, en contemplant la parcelle des courges, que je me suis rendu compte à quel point cette culture était salissante, un champ de bataille vous dis-je, la mauvaise herbe la disputant aux longues courantes des musquées ou des Delicata, des courges non récoltés, touchées par une quelconque maladie, gisant dans les entre-rangs, d’autres écrasées par les roues non discriminantes de notre imposant Farmall. Un carnage, je répète, vite oublié par la prochaine activité pressante et encore plus par le champ d’engrais vert qui suivra…

Le panier est résolument automnal cette semaine, la belle Kuri, des carottes mais aussi le retour de la roquette, ma feuille favorite, celle qui va détrôner la tomate dans le firmament de mes légumes.

Automne à nos portes

Même si on annonce une fin de semaine estivale, le panier de la semaine reflète l’automne à nos portes. Non, ce n’est pas juste le gel de samedi dernier qui nous l’a rappelé mais simplement l’état des solanacées et des cucurbitacées, fatigués d’avoir autant donné durant les hauts mois de l’été et qui sentent qu’il est temps de fermer boutique. De toutes façons, la récolte des courges d’hiver est complétée et je suis heureux de dire que la nature a été plus que généreuse. Courge musquée, poivrée, potimaron, delicata, buttercup, citrouille, Sweet dumpling, vous les trouverez toutes dans vos paniers au cours des prochaines semaines. Pour ceux qui affectionnent les choux de Bruxelles, nous les avons étêtés afin de canaliser l’énergie de la plante vers le chou. Là aussi, on s’attend à une belle récolte. Nous avons par contre retenu nos ardeurs avec le céleri-rave, odorant comme tout mais encore petit. Un peu de pluie et une semaine de plus devrait les amener à bon port. Ceci dit, l’été est encore avec nous et nous allons essayer de vous choyer avec encore plus de tomates et de concombres, désolé plus de courgettes et d’aubergines… Il reste encore du temps pour placer vos commandes de tomates italiennes et sachez qu’à compter de la semaine prochaine, nous débuterons les livraisons de l’ail d’entreposage.

Paradis perdu

Au moment d’écrire ces lignes, la supposée récolte des courges, annoncée la semaine dernière, n’est toujours pas faite.  L’accumulation de tâches aussi importantes les unes que les autres, au cours des derniers jours, a fait en sorte que l’on a décidé de sortir seulement la courge de la semaine, la spaghetti.  Les autres viendront au fur et à mesure des circonstances et il faut le dire, il n’y a pas encore urgence.  On vous a concocté tout de même un panier semi-automnal, pommes de terre et oignons ayant le dernier mot, agrémenté ici et là de rappels bien estivaux.  Certains se réjouiront d’une baisse notable de la productivité des courges d’été et des aubergines.  On pourra tout dire sauf qu’il n’y en pas eu assez mais à toute bonne chose sa fin et les nuits fraiches de la semaine dernière ont freiné les ardeurs des dits plants, sans oublier le passage des punaises ternes, friandes des fleurs jaunâtres et mauves des aubergines.  Cela ne veut pas dire que ces légumes ne reviendront pas mais qu’on les servira en tournante.  Il reste bien sûr la question existentielle de la tomate, annonciatrice du véritable été et dont la moindre inflexion fait remonter en nous un sentiment d’inquiétude, la peur de l’inexorable, Adam et Ève face au Paradis perdu…  Il faudra faire comme la fourmi de La Fontaine et faire le plein, en consommer à satiété maintenant et se suffire de ses effluves quand la bise sera venue…

Une partie de plaisir

La saison bat toujours son plein.  Chaleur moîte, humidex au plafond ou au plancher, je ne sais vraiment mais ces derniers jours d’août ressemblent dangereusement aux premiers de juillet.  Avant d’écrire ces lignes, je fais un tour des champs pour m’imprégner des sensations de cette fin d’après-midi et ô surprise, certains signes laissent entrevoir une récolte majeure de courges d’hiver.  Voilà quelques jours encore, ces énormes plants se croyaient à l’abri de tout, verts même si craquants et prêts à affronter septembre et ses surprises. Mais cet espoir a duré le temps d’une averse, les plants décidant d’un commun accord qu’il valait mieux couper court à la farniente et laisser ce maraicher compléter ses récoltes.  Je vous en glisserai mot la semaine prochaine mais j’entrevois une belle fin de semaine, la cueillette des courges étant toujours une partie de plaisir, alliant couleurs et textures, géométries et pesanteurs.  Je vous le dis, une partie de plaisir…

Dans le panier, on effleure l’automne qui s’en vient par une première vraie récolte de poireaux, celles de l’été, fût blanc virant au verdâtre mais tout aussi odorant.  Et pour vous faire oublier la déconfiture du bleuet, nous vous offrons un troisième service de pastèques, sans pépins cette fois-ci, gentiment proposé par mon ami Gabriel de la ferme Samson et Fils, notre fournisseur devant l’éternel des meilleures pommes de terre bio au Québec.  Je ne fais pas de pastèque sans pépins, par nostalgie, je crois, pour le plaisir que nous avions, mes frères et moi, à se défier, qui lancerait le pépin le plus loin ou qui serait capable d’avaler une grosse bouchée sans en écraser un seul.  Comme quoi, il fut une époque on pouvait encore s’amuser avec presque rien.

 

Au sommet…de la saison

Honnêtement, je suis arrivé à la période de l’année où je me dis que toute bonne chose a une fin et que cette longue suite de journées chaudes et suintantes vire à l’obscène. Encore une autre semaine ensoleillée à nous farcir et peu d’eau pour nous réconforter. On n’exagèrera pas, pour ne pas totalement contredire les mauvaises langues, les nuits d’août ont finalement commencé à se rafraîchir, apportant avec elles brumaille et rosée du matin. Mais ces signaux contradictoires font perdre leur latin à bien des plantes qui ne savent plus sur quel pied danser et dire que si on suivait les moyennes officielles, nous ne serions qu’à quatre semaines des premières vraies gelées. J’anticipe, j’anticipe, car il faut laisser la nature faire ses choses, que l’on soit d’accord avec elle ou pas. Mais on peut tricher un peu et nous avons décidé de sortir les oignons des champs, eux qui se la coulaient douce, droits comme des poteaux alors qu’ils auraient dus se casser à la base avec l’apparition des premières journées courtes et à la première occasion, j’en ferai de même avec les courges d’hiver au port superbe, inconscients elles aussi de leur inévitable flétrissement.

C’est l’embarras du choix dans les paniers cette semaine et on espère que vous apprécierez son côté festif. Au plaisir de vous retrouver tous.