Le bout’ du bout’ (ou, la carotte)

Il y a des cultures que j’aime faire et des cultures qui me donnent l’urticaire, celle de la carotte, pour être plus précis. Oui, je sais, la noble et délicieuse carotte, l’emblème du jardin, le légume qui fait et défait les réputations sans parler bien sûr de votre vision. C’est donc un combat de tous les jours, la germination, l’arrosage, la mauvaise herbe et son taux de sucre. Pour faire court, sachez que la carotte a besoin de conditions optimales pour bien germer, de l’eau pour donner vie aux semences et minimiser l’effet de croute sur la surface du sol et ensuite un suivi quasi monacal pour assurer sa croissance durant les premières semaines. L’ennemi premier de la carotte est la mauvaise herbe qui a toujours une longueur d’avance sur ce légume. On a introduit le pyro-désherbage depuis quelques années mais même avec ce remède de cheval, la mauvaise herbe continue de sévir. Il faut alors se mettre à genoux et compléter à la main ce que Prométhée n’a su nous donner. Et cerise sur le gâteau, il arrive que la carotte ne soit pas aussi sucrée que ce que l’on aurait souhaité. Il ne faut pas blâmer le fermier qui fait de son mieux mais qui ne peut garantir un taux de sucre optimal car pour cela, il faut tout simplement attendre le retour du froid, déclencheur immédiat de cette douceur tant recherchée.

Comme vous pouvez bien le deviner, il y aura de la carotte dans vos paniers, cette semaine.

Juillet caniculaire

La canicule bat son plein au moment d’écrire ces lignes, lourde, poisseuse, phagocytante (oh, le vilain mot…). Cela fait belle lurette que nous n’avions pas vu cela dans nos contrées et nous nous sentons comme paralysés devant une telle chape de plomb. Mais les champs n’ont que faire de ces humains atermoiements! Prenant notre courage à deux mains et quelques genoux, nous nous sommes réveillés à l’aube pour récolter des feuilles qu’un soleil profond aurait vite fanées, les laitues, la bette à carde, l’escarole. Une fois ceux-ci bien au frais dans la chambre froide, l’urgence n’était plus la même pour les autres légumes de la semaine, les oignons verts, le brocoli ou la courgette. Mais trop est comme pas assez, va l’expression et les excès de chaleur portent aussi leur part de danger, en particulier sur la santé des fleurs qu’un 34 dégrées Celsius peut faire avorter. Devant un tel risque, nous sommes tout simplement impuissants, obligés à accepter la loi de la nature qui veut qu’en situation de stress, la plante décide par elle-même qui peut vivre et qui doit s’en aller.

Veuillez noter que cette semaine marque le début de nos livraisons au Marché Atwater pour tous nos abonnés concernés. Au plaisir de vous retrouver tous aux différents points de livraison des paniers, munis de vos sacs et bien sûr, votre bonhomie!

Dimanche à la ferme

J’aime les dimanche, qu’il pleuve ou qu’il fasse soleil. La journée se passe tout en langueur, rattrapant les activités mises de côté durant nos semaines surchargées ou tout simplement redonnant aux plantes l’attention qu’elles auraient voulu avoir alors que nous étions pris à organiser les paniers. Mieux encore, j’aime les dimanche car il n’y a point âme qui traine dans les champs aujourd’hui détrempés. La jeunesse se repose anticipant une autre semaine intense et moi je hante les rangs à la recherche de l’insecte suspect ou d’un feuillage accusateur. Aujourd’hui, j’ai jeté mon dévolu sur les plants d’aubergine, beaux à mourir mais déjà attaqués par le doryphore, superbe insecte mais ô combien ravageur. J’aime donc les dimanche car je suis enfin seul dans les champs, en harmonie avec le vivant, en cadence avec lui, apte à mieux saisir les embûches à venir ou ressassant la longue liste des impératifs à accomplir. Oui, j’aime vraiment les dimanche.

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Nous pensons que vous allez aimer le panier de cette semaine : la fraise devrait être de retour mais aussi le chou-rave, les laitues, la fleur d’ail et le chou frisé (kale). Pointant timidement leurs têtes, on s’attend à vous offrir du brocoli, des oignons verts, de la chicorée, avec quelques variances selon les points de livraison. Dans la rubrique des fines herbes, ce sera le tour de la coriandre. N’oubliez pas que nous recyclons les chopines rouges dans lesquelles ont été servies les fraises et au plaisir de vous retrouver tous aux points de livraison.

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Sous la pluie

C’est sous une pluie battante que j’écris ces mots. Toute la journée, elle nous a surpris au détour du chemin alors qu’on s’affairait à sortir les légumes des champs. Récolter de la laitue ou des radis sous un ciel lourd n’est pas une partie de plaisir mais les impératifs de récoltes sont ce qu’ils sont, incontournables. On ne se plaindra pas trop, le soleil a été au rendez-vous une bonne partie de la fin de semaine, donnant aux légumes le coup de pouce nécessaire pour parfaire leur maturité. Cela a été surtout le cas pour la betterave et le chou-rave qui faisaient du surplace pour une mystérieuse raison. L’ail aussi a fait des siennes en laissant pointer ses premières fleurs que vous retrouverez dans les paniers.

Vu les quantités substantielles de légumes feuilles qui atterrissent sur vos tables, nous pensons qu’il serait judicieux de rappeler quelques principes de conservation : lavés à grande eau, égouttés du mieux que l’on peut et aussitôt refroidis, il est important, avant de les ranger dans votre frigidaire, qu’ils aient le moins d’eau possible sur le corps. Une essoreuse pour la laitue, une serviette pour les autres légumes, un contenant hermétique pour bien les protéger, c’est la méthode la plus simple pour garantir la fraicheur et la longévité de votre légume.

Le panier de cette semaine est plus croquant, en commençant par une autre tournée de radis, suivis par la betterave, le chou-rave et la fleur d’ail. Du côté des feuilles, c’est le temps de la bette à carde, d’un bouquet de laitues colorées et de l’épinard. La grande question est encore celle de la fraise : y en aura-t-il assez pour pouvoir l’inclure dans les paniers? On espère vraiment que oui. Au plaisir de vous retrouver tous.

C’est reparti!

La saison 2018 est bel et bien lancée!  C’est à la mi-juin que débutent nos communications hebdomadaires annonçant le panier de la semaine et autre information nécessaire au bon déroulement des livraisons.  Nous avons semé, planté, biné, désherbé, irrigué, prié et maintenant, il est temps de récolter.  Dans le panier de cette semaine, nous espérions des fraises mais il faudra attendre une autre semaine vu les conditions plutôt fraiches ne permettant pas un mûrissement adéquat des petits fruits.  Par contre vous serez servis côté feuilles, ces légumes appréciant généralement les journées ne dépassant les 25 degrés et les nuits en dessous de 10.  Énumérés rapidement, il y aura de la laitue, du kale, des épinards, du navet japonais, du tatsoi, de la ciboulette avec sa fleur (tout se consomme), des radis, de petites pommes de terre de chez notre fournisseur habituel de la Ferme Samson et fils et une nouveauté, l’ail vert, très jeune ail récolté à son plus tendre.

Les caciques connaissant la rengaine mais pour les nouveaux abonnés, il est toujours bon de rappeler que vous devez venir au point de livraison avec vos sacs dans lesquels vous transporterez vos légumes.  Deux à trois sacs devraient suffire que vous ayez choisi le panier régulier ou familial.  N’oubliez pas que nous viendrons avec vos pains si vous les avez commandés chez Capitaine Levain.  Ils me font dire d’ailleurs qu’ils viendront les premières semaines avec des pains en extra, pour la vente et ainsi vous aurez la chance de vous familiariser avec leurs très bons produits. N’oubliez pas non plus que nous viendrons avec les œufs de la ferme (6 dollars la douzaine).  Ils ne sont pas certifiés bio mais nos poules sont nourries de grains bio et elles se baladent dans le verger pour compléter leur ration.  Pour les pains en extra et les œufs, c’est comptant seulement.

Enfin, Claire et moi avons hâte de vous retrouver tous, débuter cette saison que nous espérons haute en couleurs et en goût et bien sûr reprendre nos jasettes là où nous les avons laissées l’été dernier.

Pluies printanières

J’écris ces lignes en me demandant comment ce début de printemps va nous traiter et avec les pluies des derniers jours et celles annoncées pendant la semaine à venir, il n’y a rien là pour réconforter les esprits.  Alignés en formations d’infanteries romaines, des dizaines de plateaux de plants, déjà bien endurcis, attendent patiemment le mot d’ordre pour rejoindre les champs et se dégourdir les racines.  La liste est longue, les oignons et les poireaux, beaucoup de crucifères mais aussi des betteraves, laitues, épinards et autres pois mange-tout.  Dans la serre à semis, se tiennent au chaud les tomates, poivrons et aubergines mais aussi le céleri-rave que l’on vient de repiquer ainsi que plusieurs variétés de fleurs que l’on va tester et offrir au marché Atwater.  Je ne veux pas paraitre grincheux car cette pluie est bénéfique à bien des égards, elle finit de dégeler les terres encore froides, reconstituent nos nappes phréatiques et étangs et la chaleur aidant, c’est le vert qui reprend droit de cité dans nos champs.  Mais trop, c’est comme pas assez et on va espérer que trois rayons de soleil vont percer ici et là pour nous faciliter l’accomplissement de notre travail.


Plus que sept semaines avant le lancement de la saison et nous sommes déjà au 2/3 de notre cible de paniers pour cet été.  J’invite ceux qui ne l’ont pas encore fait de s’inscrire rapidement afin de nous aider à bien planifier notre cycle de production.  Le lien pour le faire est ici et pour toute aide, vous pouvez nous contacter en tout temps.  N’oubliez pas que nous offrons la livraison des pains du Capitaine Levain, offre que vous pouvez trouver ici et que dans une semaine, j’irai chercher nos chères poules pondeuses et les acclimater à la vie en liberté…

 

L’attente

L’hiver nous a quitté dans un râle glaçant, tapissant les champs d’une neige bien tardive et d’un froid plusieurs fois refoulé.  Il a fallu prendre cela de manière zen, refreiner nos ardeurs et remettre à ces jours ci le début des semis.  Il ne sert à rien de chauffer une serre quand les thermomètres rodent dans les moins dizaines.  Qu’à cela ne tienne car déjà on annonce des journées chaudes, très chaudes même pour ce temps ci de l’année, ce qui va nous permettre de débuter nos semis, les oignons et les poireaux d’abord suivi de près par le céleri-rave, les poivrons, les fines herbes et certaines variétés de fleurs.  C’est un moment privilégié que cette ouverture de la serre à semis, construite en bois, d’abord sur un coup de tête mais décision s’avérant judicieuse quand on a découvert les bienfaits de ce matériau sur l’absorption de l’humidité en serre.  Privilégié donc, car le plaisir est immense de savoir que c’est dans cet endroit contenu que se fomentent les premiers signes de vie en champs, prélude au long fleuve tranquille que sera la saison des cultures.


Vous êtes déjà nombreux à vous être inscrits aux paniers bio 2018 et on invite ceux qui ne l’ont pas encore fait à vous dépêcher à le faire afin de nous aider à mieux planifier notre saison. Cette dernière débutera le 13 juin et finira le 25 octobre pour ceux qui choisissent le programme régulier (20 semaines) et le 22 novembre pour le programme allongé (24 semaines). Le point de chute au marché Atwater débutera le 6 juillet pour finir le dernier weekend d’octobre (17 semaines). Il est possible par contre d’augmenter le nombre de semaines à 20 ou 24 en s’arrimant à un autre point de chute en quartier résidentiel (Le Kitchen, Westmount, Montréal ouest, Ville de Mont-Royal). Plusieurs d’entre vous se cherchent un partenaire avec qui partager un panier. On vous invite à nous écrire à cet effet et nous vous suggérerons des noms de personnes avec qui le faire. Et pour ceux qui aiment le pain au levain, vous pouvez aussi vous abonner aux programmes pain du Capitaine Levain, la boulangerie bio du village de Stanbridge East. Nous espérons vous revoir tous et à très bientôt.

Lancement de la saison 2018

Nous avons mis notre site Internet à jour, les plans de production, de rotation et des engrais verts sont complétés et les boites de semences trônent dans nos bureaux depuis belle lurette.

C’EST DONC AVEC GRAND PLAISIR QUE NOUS ANNONÇONS LA SAISON DES PANIERS BIO 2018 OUVERTE !

Déjà nous vous avions exprimé dans un précédent message que nous ne savions que penser de cet hiver, sa météo en yoyo et ses précipitations déboussolantes (les champs sont verts au moment de vous écrire).  Il faut donc tirer un trait sur cet état de nature et décréter que pour les Jardins d’Arlington, le printemps est là et qu’il faut en saisir toutes les opportunités.

La saison 2018 s’annonce excitante.  Nous la débuterons le 13-14 juin et la compléterons le 24-25 octobre pour ceux qui choisiront la Saison Régulière de 20 semaines (avec livraisons le mercredi ou le jeudi, selon le point de livraison choisi) et le 21-22 novembre pour les abonnés qui désireront s’inscrire pour la Saison Allongée de 24 semaines.  Les paniers pour les abonnés de la Saison Kiosque (17 semaines) du marché Atwater débuteront le 6,7 ou 8 juillet – en fonction du jour de marché choisi – pour se terminer le 26, 27 ou 28 octobre, à la fermeture du marché extérieur à Atwater.  Toujours aux abonnés du marché, il vous sera possible d’ajouter des semaines additionnelles avec cueillette de vos paniers dans un autre point de livraison en suivant les indications sur le formulaire d’inscription.

Côté légumes et afin de ne plus se retrouver à court de tomates italiennes au plus fort de l’été (rappelez-vous de l’été hyper pluvieux de 2017), nous avons investi dans de nouveaux tunnels chenilles et toutes nos solanacées seront produites dans ces abris mobiles, installés au printemps et retirés à l’automne.

Curieux de nature, nous testons de nouvelles variétés de légumes que ce soit dans le monde fascinant des légumes feuilles asiatiques ou celui encore plus jouissif de la tomate, emblème de l’été s’il en est un.  On va prier pour un printemps ‘normal’ et garantir ainsi des fraises dans les premiers paniers et des bleuets plus tard en juillet et août.  Cette année, on a décidé de privilégier le melon d’eau et de vous en donner le plus possible en août et début septembre.

Pour une troisième année, les pains bio du Capitaine Levain sont de retour, au plaisir de tous, j’espère. Nous ne gérons pas bien sûr leurs inscriptions mais vous invitons à visiter leur site Internet ou encore à vous inscrire à leur panier bio pain par les liens sur notre site.

NOUS SOMMES HEUREUX DE REPRENDRE LE ‘COLLIER’ ET ESPÉRONS VOUS RETROUVER NOMBREUX CET ÉTÉ AUX DIFFÉRENTS POINTS DE LIVRAISON


POUR VOUS ABONNER À UN PANIER BIO 2018, VISITEZ NOTRE PAGE D’INSCRIPTION
SI VOUS AVEZ ÉTÉ MEMBRE EN 2016 OU 2017, VOUS DEVEZ VOUS CONNECTER À VOTRE
COMPTE maFERMEBIO À LA FERME
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Si vous éprouvez de la difficulté avec votre inscription, ne vous faites pas de souci,
vous pouvez toujours nous joindre par courriel ou par téléphone

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veuillez vérifier vos pourriels; il est possible que les paramètres de sécurité de votre service courriel ne laissent pas passer
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Hiver yo-yo

La neige a repris ses droits à la ferme.  Après un mois de yoyo durant lequel la nature a soufflé le chaud et le froid, février nous a reconnecté avec un semblant de normalité, quelques journées de froid suivis de quelques journées de neige abondante, au grand plaisir de la génération montante qui trouvait l’hiver bien moribond ces temps-ci.  Cette neige a d’ailleurs été si abondante ces dernières semaines qu’il a fallu intervenir pour libérer les côtés ouvrants de notre serre principale, enterrés par d’énormes accumulations que le soleil blafard et la chaleur ambiante n’arrivaient pas à faire fondre.

Février est aussi, à notre corps défendant, le mois de la paperasse, du remixage des photos du site et du recomptage des semences reçus.   C’est un exercice obligé, rafraichir le site Internet, déménager des fichiers, mettre à jour des rustines mais aussi vérifier les commandes de semences reçus, celles qui sont encore en attente et qu’on veut s’assurer de recevoir d’ici la mi-mars, quand arrivera le moment de partir notre serre à semis.  Février est aussi le mois durant lequel nous commandons notre machinerie plus ou moins lourde; cette année, nous avons jeté notre dévolu sur un transplanteur qui nous permettra enfin de planter droit et donc de sarcler droit.  Ce sera déjà ça de gagné…

Interlude d’hiver

Après un hiatus de deux mois, durant lequel toute allusion à la culture des légumes a été remise aux calendes grecques, ce maraîcher ressent en ce début d’année le besoin de renouer avec sa passion. C’est à se demander pourquoi car il reste encore un autre bon deux mois avant l’ouverture de la serre à semis et n’eut été nos hivers complétement désorientants, une semaine glaciale suivant une autre pluvieuse, j’aurais attendu patiemment les vrais premiers signes du dégel. Mais nous n’avons plus les hivers d’antan et nos champs peuvent passer du blanc aveuglant au vert léger en l’espace de quelques jours, au grand désarroi des vivaces qui aimeraient que nous les laissions tranquilles durant quelques mois.

Ce maraîcher a donc décidé d’aller voir ce qui se passait dans ses pâtures, histoire de dire aux animaux (et à quelques humains) qui empruntent les chemins enneigés de la ferme qu’il n’est pas dupe et qu’il est tout à fait conscient de leur va et vient même si ce n’est que le juste retour des choses, nous qui leur interdisons l’accès aux champs durant la saison des cultures. Chevreuils en quête de grands espaces et de quelques mâchouilles, lièvre poursuivi par un carnassier sadique et dindes sauvages toujours sur le qui-vive, ces animaux se sentent bien dans le creux de l’hiver, libres enfin de donner cours à leurs folles envies. Ne leur gâchons pas ce plaisir, ces moments de liberté ne dureront pas éternellement et déjà ce maraicher sait qu’à l’orée de mars, il faudra mettre le holà dans cette zizanie.

À vous tous, nous vous souhaitons un bon début d’année et la plus belle des santés. Nous vous tiendrons au courant du début de la saison 2018 d’ici quelques semaines.

Une dernière fois

Il a fait un peu froid ces temps-ci à la ferme.  Tellement froid d’ailleurs qu’il a fallu se réfugier dans la chambre froide pour emballer les légumes et monter les paniers!  C’est un peu la beauté et l’inconvénient de nos vieilles bâtisses, elles gardent bien leur fraicheur durant l’été mais arrivé l’hiver, tout le monde plie bagage pour de meilleurs cieux.  À ces températures, on ne peut pas trop demander aux plantes qui perduraient encore en serre… froide.  On a récolté les derniers épinards, seuls légumes feuilles dans vos paniers et laissé là les navets qui faisaient du surplace depuis quelques semaines faute de les avoir plantés plus tôt.  Vous devinerez donc que la plupart des légumes de cette dernière semaine seront des racines…Ce panier sera le dernier de la saison allongée.  Nous vous remercions d’avoir participé avec nous à cette nouvelle expérience vu que nous n’en avions jamais offert auparavant.

À tous, nous vous  souhaitons un bel hiver, de belles fêtes, en espérant vous retrouver nombreux la saison prochaine.  En attendant, au plaisir de vous retrouver tous une dernière fois!

Givre et plantes chenues

Le marché Atwater complété et une bonne moitié des abonnés nous ayant quitté à la fin octobre, les tâches se sont tout d’un coup allégées à la ferme.  L’impensable est même arrivé, nous avons assisté à un premier concert de la saison hivernale à la Cinquième Salle, un voyage nostalgique au cœur d’une Algérie à jamais perdue.  À Stanbridge East, les vents ont soufflé fort, nettoyant tout sur leur passage.  Nous avons même goûté à un deuxième gel mortel, un avertissement aux maraichers qu’il y a une limite à garder des légumes feuilles dans les champs, même si leur seuil de tolérance peut être bien généreux.  Nous avons donc récolté  les feuilles moutardes lundi avant le -4 annoncé pour la région.  Qu’à cela ne tienne, le reste des légumes feuilles est en serre et ceux-là peuvent encore tenir le coup, du moins, on l’espère…

La paix dans nos campagnes est un tant soit peu dérangée par le début de la chasse aux cervidés.  Tôt le matin, ça pistole ici et là, souvent pour la forme car des chevreuils dans nos forêts, il semble y en avoir de moins en moins.  Mais telles nos oies sauvages reprenant la route du Sud aux premiers froids, la gente carnassière se sent un irrésistible besoin de taquiner le lièvre aux abords de novembre.  Drôle de gente, effectivement.  Ces Don Quichotte des temps modernes, accoutrés de leurs gilets fluorescents et de leurs vestes camouflages, vont passer des heures de plaisir à grelotter dans leurs caches en attendant qu’un deux pointes daigne les croiser.  Bon, on s’y habitue et la saison ne dure que deux semaines de toutes façons.

Il y aura du légume dans vos paniers de cette deuxième semaine allongée (carottes, fenouil, betteraves, Pak Choy, etc.) et aussi des feuilles, le kale, la moutarde Fun Jen, de la roquette et des épinards.

Première saison allongée

Cette première incursion à livrer des paniers durant novembre sera une découverte aussi bien pour vous que pour nous.  Va-t-on ramasser les betteraves dans la neige? Va-t-il falloir attendre la mi-journée pour récolter les légumes feuilles tellement ils étaient gelés? Seul le temps nous le dira même si on espère que la température des prochaines semaines ne nous jouera pas de mauvais tours.  Au plaisir de vous retrouver tous et n’oubliez pas qu’il fait sombre assez vite…

Bras nus

C’est en t-shirt et le front perlé que nous avons récolté les légumes de la dernière semaine de la saison régulière.  Cela ne nous est jamais arrivé depuis que nous nous sommes lancés dans ce métier, habitués que nous étions à grelotter, les mains dans l’eau glacée des petits matins.  Nous nous sommes donc empressés de récolter les légumes feuilles ce lundi avant l’arrivée des pluies abondantes annoncées pour mardi soir.  Il a aussi fallu faire vite et mettre en terre l’ail de l’an prochain et à la différence des années précédentes, cette plantation s’est faite dans la sérénité d’une terre meuble et aérée, plutôt que les mains dans la gadoue et le regard transi.  Enfin, nous avons aussi réussi à herser les dernières parcelles dans lesquelles il fallait vite planter nos engrais verts, du seigle d’automne, seule céréale capable d’affronter les grands froids à venir.

 

Givrés

On l’aura finalement eu notre nuit en dessous de zéro.  Après quelques fausses alertes et autant de déceptions, voilà que la météo décide de respecter la norme et les températures de saison, même si pour une nuit seulement.  À moins deux degrés Celsius, on sépare le bon grain de l’ivraie, l’annuelle de la vivace, le galinsoga du Pak Choy, tout cela sous le sourire réjoui mais grelottant de ce maraicher.  Moins deux, c’est aussi le moment où l’avoine et le pois passent le relais au seigle, recomposant ainsi la courtepointe des engrais verts de cette ferme.  Le seigle, voyez-vous, aime le froid, en retire toute la substantielle moelle et sera le premier à vous saluer au retour du printemps.  Comme l’ail, un autre fieffé coquin qui a besoin de vernaliser pour repartir de plus belle, le seigle prend ses forces durant la froidure de novembre, s’endort lentement sous le couvert des premières neiges pour mieux vous épater quand la chaleur aura repris droit de cité aux premières giboulées.  Ne brûlons pas les étapes par contre, il reste encore quelques mois de froid intense à supporter…

La fin du tunnel

Même si le froid n’est pas encore au rendez-vous, nous avons senti le vent du changement avec les pluies de cette fin de semaine, sporadiques mais drues, avant le déluge que nous avons reçu lundi.  Les récoltes de cette semaine se sont donc faites les pieds dans la gadoue et le bas du dos humide.  Nous n’avons pas le choix de toutes façons, la fenêtre des récoltes étant bien courte et l’organisation des paniers tout autant.  La bonne nouvelle touchant aux précipitations est l’effet qu’elles vont avoir sur les engrais verts que nous avons semés au cours des dernières semaines et qui devaient avoir bien soif.  L’eau va leur donner un regain d’énergie et avec le temps clément encore programmé, il y aura certainement une augmentation substantielle de leur biomasse.  Ceci dit, nous avons hâte de voir les températures baisser car, comme vous le savez, seul un bon froid constant, proche du zéro, va augmenter le taux de sucre de certains légumes, les betteraves, les carottes en particulier.  En attendant, le rideau tombe, littéralement, sur les solanacées de cet été.  Les tunnels dans lesquels nous avons fait pousser aubergines et tomates seront démantelés cette semaine et rangés dans nos entrepôts, à ressortir aux premières lueurs du printemps, l’an prochain.  En attendant, le nettoyage d’automne bat son plein et graduellement, de moins en moins d’accessoires agricoles jonchent les champs, au grand plaisir de ce maraicher…

Franchir le Rubicon

J’aimerais dire que nous avons franchi le Rubicon et que les nuits froides des derniers jours vont sonner le glas de toute la flore non désirée qui peuplent nos allées et platebandes mais rien de tout cela.  Les températures ne baissent pas assez et comme ces fameux invités qui ne savent pas à quel moment saluer leurs hôtes et déguerpir, il y a toute une panoplie de folles annuelles qui s’accrochent à la vie et qui n’en finit pas de nous narguer.  Finalement, c’est plutôt le coup de herse dans les parcelles récoltées qui met un terme à ce badinage plutôt que les gels tardifs si escomptés.  Dans les tunnels des solanacées, le moral est au beau fixe grâce à la protection accrue des toiles de plastiques.  Les plants ne sont plus vraiment beaux à voir mais par je ne sais quel miracle mal expliqué, la communication entre la plante et le fruit semble encore opérer.  Il y aura donc encore quelques légumes estivaux à se mettre sous la dent cette semaine en plus de la ration de racines auxquels vous vous attendez, tout cela agrémenté bien sûr d’une courge — citrouille ou délicata, on verra…

Du lever au coucher du soleil : les journées filent

Les superbes couchers de soleil se suivent et se ressemblent à la ferme.  Comme nous avons ressorti la grosse artillerie la semaine dernière, ce coup d’éclat de la nature ne nous a pas trop inquiété.  Il fallait juste gérer les temps d’irrigation des différentes parcelles afin d’économiser l’eau de l’étang qu’une autre semaine de sécheresse videra substantiellement…  Mais ce temps estival ne peut durer indéfiniment!  Nous sommes bien au Québec, n’est-ce pas?  En attendant ces gouttes salvatrices, le nettoyage des champs est bien lancé.  Il faut ramasser les paillis plastique des premières solanacées, regrouper les barres de métal qui ont soutenu nos tomates, passer la herse à disques et finir de semer les derniers engrais verts avant que les champs ne soient complètement impraticables pour la grosse machinerie.  Les dernières grosses récoltes s’en viennent aussi, le rutabaga et le céleri-rave ce lundi mais aussi les carottes, les betteraves et quelques légumes racines moins connus tels les radis noirs, daikon ou melon.  Petit moment de plaisir, tous les jours, je vais vérifier la croissance des légumes feuilles que nous avons transplantés ces dernières semaines.  Il y aura bien sûr plusieurs variétés de laitues à offrir dans les paniers mais aussi de la feuille moins connue même si aussi délicieuse, le cresson, le mizuna, le komatsuna, le pourpier…  J’ai hâte.

Au beau fixe

La température au beau fixe, c’est du déjà vu en septembre.  Après avoir pesté pendant des mois sur le temps morose qu’il a fait ce printemps, voilà que nous subissons les affres de l’été.  Pas de pluie à l’horizon alors qu’il fait sec et chaud depuis une bonne dizaine de jours.  Il a fallu ressortir les tuyaux d’irrigation pour les nouvelles cultures qui cloront la saison et retrouver les mécanismes que nous avions un peu oubliés durant le gros de l’été.  Si cet état de fait est un baume pour ces cultures, des feuilles surtout, il ne sauvera pas les légumes qui ont trouvé la saison difficile, les tomates en particulier.  Méconnaissables dans leurs tunnels, ils attendent une main compatissante pour les libérer de leur condition.

Le panier de cette semaine est encore un mariage de deux saisons, l’été côtoyant l’automne de façon assez égale.  Le déclic se fera très probablement d’ici une semaine ou deux quand vous commencerez à recevoir certaines racines que nous sommes sur le point de récolter, le rutabaga, le céleri-rave.  D’autres racines attendent aussi leur tour mais il ne faut pas aller trop vite avec elles car seul les premiers froids vont leur donner le tonus et la saveur propre auxquels vous êtes habitués.  Je reviendrai sur ceux là un peu plus tard…

Bonne samaritaine

Le changement de diète est radical à la ferme, ces temps-ci.  Depuis l’arrivée de Sarah, notre nouvelle employée durant le mois de septembre, nous sommes soumis à un régime végétalien draconien et ma foi, on aime ça!  Tel le cordonnier mal chaussé, nous avons rarement le temps de cuisiner nos propres légumes et malgré les supplications pour que nos enfants reprennent le flambeau et le chemin des cuisines, nous nous rabattons souvent sur ce qu’il y a de plus facile, de plus rapide, mais goûteux tout de même, l’inaliénable salade tomates, oignons et feta, agrémentée à l’occasion d’une laitue sauvée in extrémis des becs de pondeuses gâtées.  Sarah a donc pris les choses en main, en se disant bien que si elle voulait varier le menu autour d’ici et se sustenter de façon respectable, l’effort allait venir d’elle.  Forte d’une expérience en restauration et d’un intérêt marqué pour la cuisine végétalienne, voilà qu’elle nous fait redécouvrir les délices des légumes frais, cuits à point, regorgeant de saveurs et d’épices rarement utilisées chez nous.  L’aventure va durer encore deux semaines mais déjà on appréhende Octobre quand notre bonne samaritaine ne sera plus des nôtres, elle qui a jeté son dévolu sur des contrées exotiques et lointaines.  Merci, Sarah.

Le temps des récoltes

C’est la dernière grande récolte de la saison qui se passe ces temps-ci à la ferme, celle des courges d’hiver.  Non qu’il n’y aura pas d’autres grandes récoltes d’ici octobre mais aucune de cette envergure.  On ne peut pas éviter les courges d’hiver dans une ferme; elles prennent toute la place qu’on veut bien leur allouer voire un peu plus.  Rampantes ou buissonnantes, elles s’étalent de tout leur long pour ne plus faire qu’un tapis végétal après quelques semaines de croissance.  Cette année, nous avons tenté une expérience entrevue chez un autre fermier, celle de les planter sur une grande parcelle de seigle que nous avions couché et détruit préalablement, l’idée centrale étant de baisser notre usage de paillis plastique.  Bien semée, le seigle peut effectivement agir à titre de barrière tout en devenant éventuellement de la matière organique pour les champs quand il sera hersé.  Je ne peux statuer encore mais les résultats, basés sur la récolte des courges spaghetti, votre courge cette semaine, semblent concluants.  Reste à voir comment se sont débrouillées les autres variétés que vous trouverez dans vos paniers au cours des prochaines semaines.

Notre nouvelle employée, Sarah, venue nous donner main forte durant le mois de septembre et très bonne cuisinière végétalienne devant l’éternel, nous a concocté une bien bonne recette lors du long weekend pour apprêter la dite Spag.  Alors qu’elle cuit au four pendant 45 minutes à 400 degrés Fahrenheit, vous vous faites une sauce composée d’un mélange hétéroclite mais ô combien délicieux des éléments suivants : huile d’olive, cannelle, cumin, clou de girofle, coriandre en grains, sel et poivre.  Une fois la courge cuite, vous la videz dans un bol et vous y jetez la sauce épicée.  Cela vous changera de la sempiternelle courge à la sauce tomate.  Au plaisir de vous retrouver tous.

Quand ça sent l’automne

Le petit air bien frisquet du matin, même si tempéré par nos belles journées ensoleillées de fin d’août, nous propulse clairement dans un état d’esprit automnal.  Tout dans les champs commence à perdre son lustre, sauf peut-être la verge d’or, dernier bastion des abeilles qui font leurs dernières emplettes de pollen, avant la disette annoncée.  La saison est ponctuée de grandes récoltes rythmant le passage du temps.  Après celle de l’ail, à la fin juillet, voilà que nous venons de ramasser les oignons de garde, toutes couleurs confondues, pour les entreposer et assécher leur feuillage.  Suivront plus tard cette semaine, les courges d’hiver que l’on a délaissées pendant presque trois mois et qui doivent se demander quand viendra leur tour.  Spaghetti, delicata, buttercup, butternut, musquée de Provence, citrouille, elles vont toutes sortir du champ, pour le long mûrissement si important à leur intégrité physique et culinaire.  Tout ce beau monde arrive presque en même temps, créant une congestion dans nos espaces d’entreposage et tout aire ouverte, tout couloir de passage est mis à contribution pour accueillir ces légumes, très bientôt dans vos paniers de toutes façons.

Le panier de cette semaine contient un de mes oignons préférés, le Red Tropeana Lunga.  Récolté à ce stade-ci, nous ne pouvions inclure les feuilles peu appétissantes.  Mais l’oignon est un beau spécimen à manger cru (pas mal fort, merci) mais aussi à faire revenir pour ceux qui aimeraient se faire des oignons confits.  La valse des laitues a aussi repris son cours et compte tenu de leur état, il se pourrait bien que vous en ayez deux voire trois dans vos paniers.  Au plaisir de vous retrouver tous.

Petites annonces

C’est à ce moment-ci de la saison que nous affichons cet article purement informatif, bassement commercial mais nécessaire pour survivre aux rigueurs de l’hiver.  Nous avons planté l’ail, nous l’avons récolté, nettoyé, calibré et maintenant il faut le vendre.  Alors, si vous êtes des adeptes d’un ail frais, encore juteux, odorant et qui va se conserver jusqu’au début du printemps, cette missive est pour vous.  Vous pouvez donc placer votre commande à partir d’aujourd’hui en utilisant le lien suivant.  Nous recevrons votre commande, la traiterons et votre ail sera livré vers la deuxième ou troisième semaine de septembre.  Cette année, nous offrons encore le Music et l’Ukrainien, le premier étant souvent d’un plus gros calibre mais avec moins de gousses d’ail.  La véritable différence entre les deux variétés est plutôt dans le goût plus prononcé de l’ail Ukrainien, rien de majeur mais assez notable pour les palais avertis.  Les prix restent les mêmes, soit 22 dollars le kilo (10 à 12 bulbes à peu près) ou 10 dollars la livre (5-6 bulbes à peu près). Les commandes sont payables en espèces ou par chèque au moment de la livraison.

Dans un même ordre  d’idées, nous offrons aussi les tomates italiennes pour ceux qui veulent préparer leur conserves d’hiver.  Cette année, c’est l’ancestrale Amish Paste qui est à l’honneur suivie d’un peu de San Marzano.  La Amish est une assez grosse tomate de type italien, facile à couper pour ceux qui n’ont pas des heures à passer à la cuisine et tout à fait goûteuse.  La San Marzano, c’est la classique italienne, en forme indescriptible mais bien connue des adeptes de ce type de tomate.  Les deux variétés vous seront offertes dans des demi-boisseaux de 20 livres chaque, 20 dollars la boîte, jusqu’à épuisement des stocks.

Voilà donc pour la partie commerciale de ce message.  Il y aura des légumes à ramasser aux points de chute, un cantaloup ou une pastèque, peut-être du maïs si les ratons ont été magnanimes, et bien d’autres choses.  Au plaisir de vous retrouver tous.

De temps et d’étoiles qui filent

Déjà arrivé le mitan de la saison des cultures.  Le temps a filé et hier, les étoiles aussi.  Nous avons accueilli en soirée deux touristes de passage dont le but principal était de profiter d’un beau coucher de soleil et d’un déluge de perséides.  Nous avons garanti le premier mais étions dubitatifs devant le deuxième.  Chaque année, dans la maisonnée, il y a excitation à l’idée de se coucher dans l’herbe et d’habituer nos yeux à ces moments éphémères et chaque année, c’est la déception, soit parce que les nuages ont comploté pour brouiller les choses ou que Morphée a pris le dessus sur Persée.  Retour sur terre où les jardins et les champs sont à leur apogée, des  fleurs de toutes les couleurs, des  légumes qui débordent de partout et de la mauvaise herbe à profusion.  Cornu Copia, diraient les romains, moments attendus par tout maraicher qui sait que ce foisonnement ne durera pas, les premières nuits d’août déjà annonciatrices de la roue qui tourne.  Qu’à cela ne tienne, profitons de ce que la nature nous offre si généreusement même si souvent dans le désordre.

Dans les paniers, la nouveauté sera le melon ou la pastèque.  Drôle de fruits, un légume vraiment, vu qu’ils proviennent de la famille des cucurbitacées mais qui veut vraiment cogiter sur cela.  Nous allons espérer que le soleil des derniers jours aura élevé leur taux de sucre comme il l’a  si bien fait pour les bleuets et le maïs.  Le nettoyage de l’ail se poursuit, activité preneuse de temps et les quantités record de cette année ne facilitent pas les choses.  Les tomates italiennes commencent à prendre de la couleur et quand ces deux légumes seront prêts, nous vous aviserons qu’il sera temps de les commander pour vos provisions d’hiver.  Au plaisir de vous retrouver tous.

Point d’inflexion

Début août, c’est le point d’inflexion à la ferme.  Nous avons commencé à libérer certaines parcelles, celles qui ont donné les légumes de ce printemps, les premières feuilles, les brassicacées et autres ombellifères.  Certaines, délaissées depuis quelques semaines se sont couvertes d’herbes folles, sous l’œil désapprobateur et impuissant du fermier.  Il a fallu donc parer au plus pressé, herser tout cela, préparer le lit de semences et attendre la bonne fenêtre pour semer l’engrais vert qui enrichira le sol des prochaines cultures, une avoine féverole probablement.  Le geste se reproduira maintes fois au cours des prochaines semaines voire mois car même si peu de choses peuvent pousser dans les tréfonds de novembre, il est toujours judicieux d’occuper la terre par quelque culture de couverture.  C’est aussi un point d’inflexion pour les plantes qui savent qu’avec l’arrivée des nuits fraîches du mois d’août et la luminosité descendante, c’est la vitesse même de leur croissance qui en sera affectée, plus lente, comme quelqu’un qui prend son temps pour arriver à destination.  Pour le fermier par contre, le rythme est encore effréné, le combat contre la mauvaise herbe toujours d’actualité et la cadence de plantation soutenue, tout cela interrompu par de magnifiques couchers de soleil que cet été mouilleux a bien voulu nous concéder de temps à autre.

La tomate a enfin cédé aux supplications de la multitude. Ce ne sera pas l’Eldorado encore mais Pizarro s’en approche.  On s’attend même à mettre dans vos paniers l’aubergine et le poivron, une autre de mes trinités estivales préférées…  Le cycle du maïs se poursuit aussi et après le subtil Sugar Pearl, ce sera au tour de l’imposant Honey Select d’apparaître sur vos tables.  Chanceux que nous sommes, nous avons dégoté les meilleurs cueilleuses de bleuet de la région, toutes des amies de notre fille Yamina.  Ça ne dépasse pas 13 ans mais ça cueille comme des pros.  Vous penserez à elles en enfilant quelques pastilles.  Au plaisir de vous revoir tous.

Ail et autres

Vous devinerez bien que l’écriture tardive de ce billet est due à une fin de semaine très chargée et à un début de semaine sur les bâtons de roues.  Tout d’abord, nous avons récolté samedi et dimanche le cru 2017 de notre ail national, un millésime si je peux me permettre, comme nous n’en avons pas vu depuis belle lurette.  De beaux bulbes, peu de maladies et une facilité déconcertante à les retirer du sol.  Pourquoi cette année et pas une autre? On ne sait pas.  Un hiver assez doux, des précipitations généreuses et du soleil quand il le fallait.  Comme durant les années précédentes, nous avons cultivé pour vous deux variétés d’ail, la Music qui est vraiment l’ail du Québec, dodu, léger en bouche et facile à cuisiner, et l’ail ukrainien, un peu plus petit mais très goûteux voire piquant par moments.  Nous aurons amplement le temps de vous les présenter au cours des prochaines semaines.  Et comme toutes les années, vous serez avertis en temps et lieu de la possibilité de faire votre provision d’ail pour l’hiver, d’ici la mi-août très probablement.

Les aubergines ont commencé à donner, les poivrons sont verts aussi.  Nous ne sommes pas sûrs de l’état d’avancée du maïs mais qui sait…  La tomate se fait toujours capricieuse, radine même.  Elle n’aime tout simplement pas la saison 2017.  Mais on garde toujours espoir qu’à force de la cajoler, elle finira bien par nous le rendre au centuple.  Au plaisir de vous retrouver tous.

Cueillette

Ils sont venus, ils ont cueilli, ils sont partis. Les cassissois (cassisoises, surtout), on va les appeler ainsi.  Deux ans déjà, presque une vingtaine cette fois ci, ils sont arrivés déterminés, sourires aux lèvres et contenants dans les mains, prêts à la razzia.  Sous l’égide d’Hélène, un genre de chef de groupe malgré elle, ces volontaires des baies, des centurions de la récolte en fait, se sont emparés de nos plants de cassis pour ne plus les lâcher de la journée.  Et c’est assis, agenouillés ou carrément couchés qu’ils les ont décortiqués, un fruit à la fois.  75 plants, croulant sous les fruits que nous n’aurions jamais récoltés n’eût été de la bienveillance de nos cassisois car, voyez-vous, il faut s’armer d’une patience que nous ne possédons pas ces temps-ci pour se mesurer à un plant de cassis.  Et c’est pour cela que cette proposition venue du ciel, d’une bande de volontaires s’acharnant sur nos plants, nous est apparue des plus judicieuses.  Résultat, nous gardons un tiers de la production, les cassisois un autre tiers et le dernier carré s’en va à un organisme de charité, Les Fruits Défendus, collectif bénévole urbain de cueillette de fruits rattaché à Santropol Roulant.  Le début d’une tradition annuelle, peut-être?…

On n’a pas chômé à la ferme.  Beaucoup de plantations bien sûr, pour assurer les paniers de l’automne mais aussi de la récolte, les bleuets, les premières carottes, encore plus de courgettes et de concombres.  Nous saluons bien sûr le retour du soleil qui va finalement assécher nos trous d’eau mais aussi faire rougir nos tomates.  Le panier de la semaine sera estival en tout cas.

Toujours plus vert

Je n’y croyais pas, deux journées sans une goutte de pluie!  J’aurais dansé presque si cela ne contrevenait pas à l’adage populaire.  J’ai plutôt hersé, un champ complet d’engrais verts, en préparation aux brassicacées d’automne.  Vous connaissez ma fixation  sur les engrais verts, ces céréales et légumineuses que je fais pousser comme ça, juste pour le plaisir mais qui sont à la base de la fertilisation de tous nos champs.  Hier soir, c’était un mélange d’avoine et de pois que j’ai détruit et enterré, laissant aux peuples du sol la responsabilité de le décomposer.  Vous seriez surpris par la vélocité avec laquelle ces hordes de bactéries mais aussi de lumbricidés vous transforment une parcelle de plants détruits.  Par temps chaud et ensoleillé, la décomposition de la matière organique ne prend que quelques jours, le champ pouvant être prêt à être travaillé en l’espace d’une semaine.  Mais il y a raison à tout ceci.  Aux Jardins d’Arlington, on a fait le pari qu’une gestion intense des engrais verts serait la clé de notre fertilisation et qu’en aucune manière, nous irions en chercher de l’extérieur, que ce soit avec des composts ou des fumiers frais.  C’est un pari risqué mais les résultats de cette année, particulièrement dans les brassicacées, le maïs et les solanacées, légumes très exigeants en matière organique, indiquent clairement que c’est une gageure du domaine du possible.  Il faut juste y croire, s’assurer de les semer, ma trinité préférée, sarrasin, avoine, pois et compter sur dame Nature pour bien les irriguer.