Les dés sont jetés

On annoncerait une semaine incertaine côté température
mais qu’à cela ne tienne, les dés sont jetés
et débute ainsi la première livraison des paniers bio des Jardins d’Arlington les 8 et 9 juin, la première de 22 pour les livraisons de quartier et à la ferme. Les livraisons dans nos marchés s’étendront sur 19 semaines à partir du weekend du 1er-2-3 juillet. Presque trois mois que nous attendions ce moment même s’il a fallu passer à travers un printemps plutôt frais et un début de mois de juin qui calme encore nos ardeurs. Mais les météorologues d’Environnement Canada sont confiants que nous aurons un été chaud ponctué d’orages violents.
On verra bien…

Nos nouvelles serres froides ont très bien joué leur rôle
d’initiateurs de cultures, trop bien même,
car il a fallu récolter rapidement ces derniers jours des légumes (épinards, bokchoy) qui avaient un mal fou à ne pas monter en fleurs. On ajustera nos dates de semis de serre pour les saisons futures.

Le panier sera, comme à l’habitude,
en ces débuts de saison, assez feuillu.
Cela dit, pour la première fois depuis nos débuts, nous avons réussi à entreposer nos oignons de l’année dernière dans une de nos chambres froides et, ma foi, le résultat est plus que satisfaisant. Il faudra par contre les garder dans votre réfrigérateur car sinon, ils germeront trop vite si vous les entreposez à température ambiante.

N’oubliez pas vos sacs à provisions
afin de faire le transfert de vos légumes;
nous viendrons avec vos commandes de pain déposées sur une de nos tables, ainsi que des copies de notre livre de cuisine préféré pour les amateurs de paniers bio : La Saison des légumes, écrit en pleine pandémie par notre amie fermière bio et traiteure végétalienne Mariève Savaria. Un incontournable, pour ceux d’entre vous qui l’auraient raté en 2020-21, ou qui sont nouveaux cette année. C’est une très belle intro à tous les légumes que nous cultivons à la ferme, et plus encore.

Enfin, nouvelle qui en décevra sans doute plus d’un,
il n’y aura pas d’œufs de la ferme cette année.

Nous sommes en pleine rénovation de notre salle de lavage et de notre entrepôt et les travaux prennent plus de temps qu’anticipé. Nous avons dû détruire l’ancien poulailler afin de laisser la place à la nouvelle extension et d’après notre entrepreneur, il lui sera impossible de terminer le travail avant le début de l’automne. Nous sommes déjà heureux que la salle de lavage soit sur le point d’être complétée mais pour l’extension de l’entrepôt et le poulailler afférent, il faudra un peu plus de patience.

Le mois le plus doux

Le mois de mai nous a fait oublier un des plus frais et pluvieux avrilque l’on ait eu à vivre depuis que cette ferme existe.
L’habitude aidant, nous nous sommes accommodés de fins d’hiver doux et de printemps secs et chauds. Cela n’a pas été le cas cette année et ce n’est qu’au début mai que nous avons risqué une roue de tracteur dans les champs et la plantation des premières brassicacées ou des oignons dans nos parcelles. Mais le souvenir d’un avril pluvieux s’est rapidement estompé, et nous nous sommes retrouvés à nous plaindre du temps sec du début de mai, du manque de pluie et de comment tout cela allait affecter nos cultures. Il va sans dire qu’avec les pluies des derniers jours les choses sont rentrées dans l’ordre…

Nos serres construites l’été dernier ont été providentielles et nous ont permis la mise en sol d’une série de légumes qui feront partie de vos premiers paniers,
épinards, bokchoy, chou-rave, coriandre, etc. C’était d’ailleurs le propos de ces structures imposantes, se libérer un tant soit peu de certaines contraintes météorologiques, minimiser autant que se peut notre dépendance aux forces de la nature et nous permettre de respecter nos échéanciers. À moins d’un désastre météorologique, les livraisons se feront bien à partir du 8 juin pour Montréal Ouest, Ville  Mont Royal et Westmount.

Entretemps, avis aux retardataires :
il reste un peu plus de deux semaines pour finaliser vos inscriptions!  Deux petites semaines bien sonnantes…Vous pouvez le faire en suivant ce lien et nous rejoindre jusqu’au plus profond de l’été.
Au plaisir de vous retrouver tous.

Il pleut, il pleut, bergère…

Déjà la mi-avril et la ferme subit les émois d’un début de printemps bien mouillé. Champs plus que détrempés, chemins boueux et grisaille assurée. C’est notre lot ces temps-ci, en attendant les ‘voies ensoleillées’ d’un certain Justin…Tout cela n’arrête pas notre labeur et l’arrivée de nos premiers employés nous a permis de mettre de l’ordre dans nos serres et entrepôts, de ramasser ce que le vent à balloté dans les différents recoins de la ferme, de libérer nos fraises de la lourde couverture qui les a tenues au chaud durant l’hiver et, chose inhabituelle chez nous, de pailler l’ail dont les tiges ont percé le sol depuis belle lurette.

L’effort est tout aussi soutenu dans la serre à semis où la valse des plantations suit son cours, brocoli, chou-fleur, kale, chou mais aussi tomates et aubergines qui pointent déjà leur bout de nez pour un repiquage proche. Je vous l’ai déjà dit, cette frénésie des semis en serre est constante et ne s’arrêtera que vers la fin de l’été.

Je vous rappelle que la saison débutera le 8 juin pour un total de 22 semaines dans les points de livraison en quartiers résidentiels et le 1er juillet pour un total de 19 semaines pour les abonnés du marché. Nous introduisons aussi la carte prépayée (marchés seulement) pour ceux qui veulent choisir leurs propres légumes dans nos étals.Comme nous augmentons la production et les effectifs à la ferme, n’hésitez pas à inviter famille, amis et collègues de bureau à tenter l’expérience d’un panier bio le temps d’une saison – on aime le bon vieux ‘bouche à oreille’ et nous avons encore de la place dans nos camions sur tous nos points de livraison…

Bon début de printemps à vous tous et au plaisir de vous retrouver.

Démarrer

J’ai parti la serre à semis en ces premiers jours du printemps. Toujours le même sentiment de fébrilité, les mêmes gestes, rebrancher la pompe du puits artésien suivi d’une séance de réchauffement de la serre elle-même, histoire de vérifier les fournaises fonctionnent encore…Une fois assuré qu’il y aura une belle eau vive pour irriguer nos plantules et de la chaleur pour maintenir une température adéquate dans ce vase clos, on sait qu’on peut officiellement lancer la saison!

Et c’est là qu’entre en jeu la puissance des chiffriers,
avec la liste interminable des légumes à semer,
leur périodicité, processus des plus répétitifs mais
ô combien crucial pour s’assurer que chaque semaine il y aura le bon nombre de légumes pour remplir les paniers ou embellir nos étals de marchés.

Juste pour ce mois qui achève,
il faudra semer les oignons et les poireaux auxquels s’ajouteront le céleri-rave, les poivrons mais aussi une grande variété de fines herbes dont les semences prennent bien du temps à germer.  Je ne le répèterai jamais assez, bien partir sa saison, c’est avant tout bien partir ses semis et c’est avec grand plaisir et un brin d’abnégation que je m’y applique.

On a hâte de vous revoir tous.

Lancement de la saison

Même si Environnement Canada persiste pour annoncer une énième tempête, nous pensons qu’il est temps, en cette fin de février gris, de sortir de notre torpeur hivernale et lancer la saison des cultures 2022!  Nous avons donc le plaisir de vous annoncer que nous sommes prêts à accepter vos inscriptions pour nos paniers bio qui peuvent se faire en suivant tout simplement ce lien.  Signe des  temps et grâce aux nouvelles serres froides construites l’été dernier, nous débuterons la saison la semaine du 6 juin pour la finir la semaine du 31 octobre, pour un total de 22 semaines.

La formule n’a pas changé, vous pouvez toujours choisir entre le format régulier (« petit ») suffisant pour nourrir deux adultes ou le format famille (« grand »), un peu plus volumineux, répondant plus aux besoins de trois ou plus adultes.  Nous réitérons notre engagement à vous fournir des paniers bio remplis d’une belle variété de légumes frais et de saison, sans oublier les fruits — nos fraises en juin, nos bleuets en juillet et nos pastèques et cantaloups en août.  Les points de livraison restent les mêmes, les heures de livraison aussi.

Les délicieux pains du Capitaine Levain seront aussi de retour…Vous pouvez vous inscrire directement avec eux en suivant les liens sous ‘Paniers pain bio’ une fois sur notre page d’inscription.

Pour ceux parmi vous qui aiment arpenter les allées des marchés, sachez que nous tenons toujours nos kiosques à Atwater et Jean Talon, du vendredi au dimanche de fin juin jusqu’à début novembre et là aussi nous livrons des paniers bio durant ces trois jours. La saison des paniers à nos kiosques de marché à Jean-Talon et Atwater débutera le 1er juillet et s’étendra sur 19 semaines jusqu’à la semaine du 31 octobre. Vous trouverez plus d’infos sur les variations du panier bio au marché sur notre page d’inscription.

Nous avons profité de ces derniers mois pour se ressourcer bien sûr, retrouver les joies de l’éphémère farniente, lire, retrouver nos amis, mais aussi préparer la saison qui s’en vient.  Nous ne rentrerons dans trop de détails mais il a fallu réviser nos plans de production pour incorporer nos débuts de saison hâtifs, poursuivre sur notre engagement à cultiver plus d’engrais verts et améliorer la santé de nos sols et bien sûr planifier nos projets d’investissements à la ferme.

Nous pouvons aussi annoncer, en autant que la pandémie soit chose du passé, qu’il y aura un méchoui à la ferme, programmée pour le 5 septembre, la journée de la fête du travail, un méchoui qui sera une belle fête des récoltes, un tardif pied de nez à la pandémie mais surtout l’occasion de se retrouver autour d’un bon plat et célébrer la nature dans tous ses attributs.

Au plaisir de vous retrouver tous et revenez-nous nombreux!

La fin (2021)

Et ainsi s’achève la saison 2021,
en apothéose selon Environnement Canada qui nous promet du soleil parsemé d’un peu de froidure.  Je ne m’en plaindrai pas car les champs sont trempés et il nous faut récolter les derniers légumes de ce dernier panier.

L’été s’est révélé fidèle à lui-même,
c’est-à-dire des certitudes, beaucoup de soleil, un peu de pluie, quelques canicules déjà oubliées et la petite série d’irritants qui viennent pimenter la morne vie du maraicher.  Les mêmes ravageurs nous ont fait la visite, la teigne du poireau, le doryphore dans les aubergines, la chrysomèle rayée dans les cucurbitacées et la maudite altise dans les brassicacées.

Ah, l’altise,
elle mériterait un billet à elle toute seule
mais on laissera cela pour une prochaine saison…

Je ne ferai pas la liste des bons coups, mauvais coups de l’été
mais j’aurai une petite pensée à la saga des poivrons rouges que je n’ai pu mettre dans vos paniers, saga qui vient démontrer que ce métier est une science mais aussi un art et que la patience est une vertu et je cite ce joli proverbe persan :
‘La patience est un arbre dont la racine est amère et les fruits très doux’.

À vous tous, un grand merci
pour votre soutien constant, vos encouragements, les beaux échanges et nous vous souhaitons une belle fin d’automne, un hiver vigoureux en espérant vous retrouver nombreux l’an prochain.

À Rome,…

Si fueris Romae, Romano vivito more 
ou plus communément ‘À Rome, fais comme les Romains’.  C’est l’expression qui me vient quand je vois mes trois garçons s’affairer depuis quelques semaines à la préparation de la saison de la chasse aux chevreuils. L’abattage de quelques cèdres pour la construction des tours de garde, l’installation des caméras dans les bois pour mieux analyser les allées et venues de nos cervidés, l’épandage de carottes et de pommes pour les appâter et je passe sur la petite fortune dépensée sur les cours, les permis, les 308, les 22 et les 12 car à chacun son arme de prédilection.

Pour l’urbain que j’ai déjà été,
tout ceci me rend perplexe car même si dans une autre vie j’ai eu à manier bien des armes durant mon service militaire, l’appel de la chasse me laisse plutôt indifférent.  Mais la vie à la campagne vient avec ses exigences et ses rituels que mes garçons ont allègrement adoptés.

Père poule que je suis, les savoir dans les bois maniant des armes dangereuses, à des heures non catholiques, me rend un peu nerveux mais selon un de mes garçons, celui avec un drôle de sens de la répartie, 99% des accidents de chasse surviennent et je cite : ‘aux vieux (sic!) qui se cassent la gueule en sortant de, ou rentrant dans, leur cache’…  Désolé pour le commentaire ‘âgiste’ mais c’était sa façon à lui de me dire que j’étais bien mieux à arpenter mes platebandes que les sentiers de nos boisés. Alors à la campagne, faisons comme…

Dans vos paniers, cette semaine, il y aura le topinambour. 
Ils auraient profité d’un gel ou deux pour augmenter leur taux de sucre mais la nature en a décidé autrement.  Au four, sur la poêle ou en potage, ils seront délicieux. 
Au plaisir de vous retrouver aux points de livraison.

Vive la poule

Elles s’en vont une à une retrouver une nouvelle demeure, nos poules,
celles qui ont fait le bonheur dans certaines de vos assiettes, à la coque ou brouillés.  C’est ainsi chaque mois d’octobre quand les journées sont de plus en plus courtes et qu’elles veulent un environnement plus propice à la ponte.  Il faut donc leur trouver de nouveaux espaces, mieux chauffés et avec plus de lumière, sans oublier des propriétaires attentionnés, remplis d’empathie pour vouloir s’en occuper tout l’hiver, les nourrir encore plus, leur donner de l’eau, leur faire la jasette peut-être…

Celui-ci n’en a pas l’envie, encore moins le courage.
Il veut tracer un trait net avec la saison qui achève et éparpiller ses poules en est un des premiers actes.  Mais je sais qu’elles seront entre de bonnes mains, une productrice de fromage de chèvre du coin, une professeure de littérature allemande, mon garagiste, la liste est longue des prétendants qui mettront la main à la patte (sic! ).  La poule est ‘partie’, vive la poule…

Plusieurs d’entre vous avez déjà doublé vos paniers vacances
et j’en suis bien aise.  Si vous ne l’avez pas encore fait, il vous reste trois semaines pour le faire.  Après cela, il vous faudra venir le chercher à la ferme, dans les champs…
Au plaisir de vous retrouver tous ces prochains jours.

L’heure du ménage

L’heure est au nettoyage à la ferme.
On en parle depuis des semaines déjà mais là, on ne peut plus ‘niaiser avec la puck’…  La lune de miel avec les derniers relents de l’été va éventuellement cesser et nous risquons de nous retrouver pris entre l’arbre des premières pluies automnales et l’écorce des froids annonciateurs de l’hiver.

Il faut faire vite,
ramasser les paillis et les géotextiles des cucurbitacées, démonter les tunnels qui abritaient les solanacées et herser.  Herser et herser de nouveau, assommer une fois pour toutes ces mauvaises herbes qui nous ont tant hanté durant l’été et se dépêcher de semer les derniers engrais verts de la saison.

Certains des champs auront une avoine
vite détruite par les premiers gels alors que d’autres recevront une volée de seigle qui repartira de plus belle le printemps venu.  À chaque champ son engrais vert, en fonction de ce que sera son utilisation la saison prochaine.

L’heure est donc à l’urgence
car une fois le temps maussade et pluvieux bien installé, il sera trop tard pour rentrer dans les champs et procéder à ces travaux primaires.  Un dernier regard sur les prévisions indique que nous avons jusqu’à jeudi pour compléter une bonne partie desdits travaux…

Bref, le panier se fera résolument automnal
à partir de maintenant, poursuivant avec les courges d’hiver et l’introduction de la première série de radis de fin de saison, le daikon blanc, croquant, léger en bouche même si un chouia piquant.  À manger cru, en salade ou dans une soupe.  Il peut même être mariné.  Sur ce, au plaisir de vous retrouver aux points de livraison et n’oubliez pas de nous aviser si vous voulez récupérer vos derniers paniers vacances, la fin de saison des paniers bio arrivant bien vite (semaine du 1 novembre).

Quand la lumière nous quitte

Chaque année, alors que la lumière se fait de moins en moins présente et que nous sommes à l’orée d’octobre, je relis mon Verlaine.  Toujours le même poème, quelques petites strophes jetées comme ça, dans un langage des plus simples mais ô combien évocateur de ce que nous ressentons tous en ce début automnal frisquet.

Je parle bien sûr de Chanson d’automneune ode à la nostalgie exprimée dans une économie de mots, comme seuls peuvent le faire ces magiciens de la parole.  ‘Les sanglots longs des violons de l’automne blessent mon coeur…’  Bien sûr, ils s’y sont tous essayés, notre beau Nelligan par exemple qui finit son Tarentelle d’automne avec un clin d’œil à Verlaine et une autre évocation du temps qui passe : ‘Ah ! Vois sur la pente des années, Choir mes illusions fanées, Toutes fanées !’.  Ou peut-être le clin d’œil était-il pour Ronsard et son délicieux ‘Mignonne, allons voir si la rose…’

Nous ne sommes pas obligés bien sûr de tomber dans le pathos et pour cela, on aura toujours Théodore de Banville et sa version entraînante d’un automne bien dionysien : ‘Sois le bienvenu, rouge Automne, Accours dans ton riche appareil, Embrase le coteau vermeil, Que la vigne pare et festonne…’ (L’Automne).  À chacun son parti pris.

Nous avons pensé à l’Action de Grâce en concoctant le panier de la semaine.
Il y aura donc un heureux mélange de courges, de légumes racines et de légumes feuilles pour accompagner la proverbiale dinde.  Au plaisir de vous retrouver aux points de livraison.

Frénésie de marché

Il y a beaucoup d’effervescence dans nos marchés, ces jours-ci.   Nous le notons car nous y passons nos fins de semaine.  Ça sent la fin de saison, pour reprendre l’adage sportif et s’est installée dernièrement une frénésie de la dernière minute, qui pour s’assurer qu’il y aura assez de sauce tomate dans le congélateur, qui pour faire des réserves d’ail ou d’oignons pour les mois à venir.

Tout cela nous tient bien occupés et nos marchés, à Jean Talon et Atwater, se préparent à fermer leurs espaces extérieurs pour ne garder que les marchands (versus les producteurs) dans les bâtiments intérieurs.  Nous nous préparons bien sûr à fermer boutique même si nous savons qu’il nous reste encore une demi-douzaine de fins de semaine à compléter dans nos kiosques actuels.  Septembre ayant été plutôt chaud et octobre s’annonçant assez clément, je me demande si les marchés ne devraient pas (changements climatiques obligent) repousser à plus tard leur date de fermeture.

Pour nous qui œuvrons avec les aléas du climat depuis une quinzaine d’années, nous pouvons vous assurer que les saisons se sont allongées de façon perceptible, en particulier en amont, puisque nous sommes maintenant capables d’entrer dans nos champs deux semaines plus tôt en début de saison que lorsque nous avons démarré.  Cela veut dire potentiel de saisons allongées mais aussi gestion de ressources humaines pour y répondre.  Des heures de plaisir à cogiter cela durant l’hiver…

Cela dit, plus que six semaines de livraisons de paniers incluant celle-ci!  

Décélération

La saison poursuit sa pente descendante avec ses bonnes surprises et quelques déceptions.   Bonnes surprises, oui, car qui aurait dit qu’on aurait des températures aussi clémentes alors que la moyenne des premiers gels se situe autour du 18 septembre au Québec.  On ne boudera pas notre plaisir et pas mal de légumes aux champs non plus.  Pour ces derniers, c’est l’opportunité de croître dans des conditions sympathiques, avec suffisamment d’eau en plus.  Pour nos engrais verts, c’est l’occasion de pousser plus haut, rester bien vert et forcir de partout.

Par contre, l’opportuniste en moi se désole de ne voir poindre un moindre gel avant longtemps.   Un gel, ça importune bien du monde mais pour un maraîcher aux prises avec de la mauvaise herbe un peu partout dans ses platebandes, c’est le Roundup des dieux, l’outil que la nature nous envoie pour se débarrasser des plantes qui nous contrarient.  Il en faudra plusieurs pour faire le grand nettoyage mais un premier gel, ces derniers jours, n’aurait pas été de refus.

On reprend la valse des courges d’hiver dans le panier et aussi, belle surprise pour nous et j’espère pour vous, l’inclusion d’un casseau de cerises de terre pour ceux qui aiment ce drôle de fruit.  Cette année, nous avons décidé de les cultiver en tunnel, protégées de la pluie et des intempéries qui les faisaient pourrir trop rapidement quand elles étaient à l’air libre.

Sur ce, au plaisir de vous revoir tous.

Artisans de la terre

On les cherche mais on ne les voit plus : les jeunes ont déserté la ferme pour des cieux plus studieux.  Collège, université, l’attrait de l’école a été plus fort…Vous les verrez à l’occasion nous aider dans les marchés mais dans les champs ou à l’entrepôt, ils n’y seront pas pour le restant de la saison.

On s’est démené pour les remplacer et vous savez combien difficile il est ces temps-ci de trouver des mains habiles.  Il a fallu faire des appels, supplier d’honnêtes gens, interpeller même certains de nos abonnés  😊 …mais nous pensons que nous réussirons à boucler la saison dans des conditions correctes.

Tout cela pose la grande question de qui travaille la terre et par extension du futur même de l’agriculture dans nos contrées.  Je peux affirmer sans ambages que n’eût été de la présence d’employés mexicains, guatémaltèques, et autres, il n’y aurait pas d’agriculture légumière au Québec ou ailleurs au Canada.  Ils sont l’épine dorsale de bien des fermes.

Chez-nous, ils arrivent en mai, repartent en octobre.  Ils se nomment Gerardo, Crescencio ou Gregorio, ils connaissent le travail de la terre comme personne car ils sont souvent agriculteurs sur leurs propres terres et pour des fermes comme la nôtre, leur apport est plus que précieux.  Ils viennent avec un énorme savoir-faire, un respect profond pour la terre et son labeur et même si nous venons d’environnements bien différents, je partage avec eux le plaisir fou de cultiver des légumes.

Dans le panier cette semaine, on s’aventure de plus en plus vers le légume d’automne,
et je jette mon dévolu sur le bok choy, mon légume asiatique préféré, sucré avec une touche d’amertume, croquant et juteux.  Il est facile à cuisiner, à l’étuvée avec une touche d’huile d’olive ou en sauté avec une goutte de sauce soja. 
À vous de décider.
Au plaisir de vous retrouver tous.

Entre été et automne

Je me plais à dire que la saison des récoltes est encore longue et que l’été a encore de beaux jours devant lui mais l’affirmation est risquée, certainement incomplète.  Car les récoltes ne sont qu’une facette de ce qui nous occupe à la ferme ces jours-ci.  La préparation des champs de l’an prochain accapare aussi notre attention et la fenêtre des possibles rétrécit avec chaque jour qui passe.  De tous ces champs déjà récoltés, il reste un travail de nettoyage important à accomplir, de l’hersage à terminer et surtout un semis pressant d’engrais verts à compléter.

Je dis bien une fenêtre de semis qui rétrécit
car à partir de septembre, vous le savez, les journées d’ensoleillement sont plus courtes et le rythme de croissance des plants est ralenti.  Il faut donc faire vite, semer nos mélanges d’engrais verts le plus vite possible, disons d’ici le 15 septembre, et espérer que la température des prochaines semaines sera clémente.  Ne dramatisons pas, je peux semer des engrais verts n’importe quand durant septembre voire octobre mais ce sera le rendu en termes de matières organiques qui en sera affecté.  Semer trop tard, on va se retrouver avec un petit tapis dans les champs alors que fait dans les temps, nos beaux mélanges auront le temps de se développer et de produire des masses plus fournies.  Voilà pour la petite leçon 101 sur un aspect primordial de nos pratiques culturales.

Dans le panier de cette semaine, donc, un mélange d’été et d’automne.
Au plaisir de vous revoir tous.

Grosse semaine

Grosse semaine en perspective aux Jardins d’Arlington.   Les particularités de cette saison font qu’il nous faut récolter dans les plus brefs délais la plupart de nos courges d’hiver qui sont déjà mûres et faire sécher nos oignons de conservation dans une de nos serres avant de les ensacher.

Le temps semble vouloir coopérer même si des ondées ici et là viennent perturber nos activités champêtres.  Car après avoir pesté sur une canicule doublée d’une sécheresse, voilà enfin qu’il se met à pleuvoir selon le bon vouloir des nuages de passage.  Je ne me plains pas car à cheval donné, on ne regarde pas la bride…

Mais il n’y a pas que les récoltes qui vont accaparer nos énergies, il y a aussi bien des plants à envoyer aux champs, tous les légumes feuilles de fin de saison et quelques légumes racines aussi, les radis en particulier.  La pluie des derniers jours va un peu retarder l’ensemencement des parcelles nettoyées mais il faut y voir aussi car le plus tôt nos engrais verts semés, plus élevée sera la masse de matière organique qu’ils livreront.

Course contre le temps, à en donner le tournis presque, mais il en est ainsi des moments les plus intenses de la vie à la ferme.  Pour ceux qui aiment la littérature du terroir québécoise, c’est le leitmotiv qui relie l’ouvrage qui se faisait il y a plus d’un siècle au nôtre, cette frénésie de septembre, moment paroxystique pour certains, ‘maudite source de stress’ pour d’autres…

On a attendu de les voir rougir avant de vous en parler mais elles sont enfin là, ces tomates italiennes.  Alors pour ceux qui sont d’humeur au cannage et aux réserves de l’hiver, sachez que vous pouvez déjà placer vos commandes pour des demi-boisseaux de tomates (20 livres, 30 dollars). Pour ce faire, visitez notre boutique en ligne.

En attendant, n’oubliez pas se vous avez un panier à ramasser à compter de mercredi
et au plaisir de vous revoir tous.

Point de rupture

Août est sur le point de finir et au moment où j’écris ces lignes, nous semons les derniers plateaux de la saison, une série de légumes feuilles qui testeront vos papilles le long du mois d’octobre.

Et dire que nous avons ouvert la serre à semis à la mi-mars et qu’elle n’a pas arrêté de fonctionner, semaine après semaine, déversant sur les champs une série extraordinaire de plants de tout genre, la famille quasi complète de ce qui peut croître dans notre bout d’hémisphère.

Mais c’est ma tournée des champs en fin de journée, hier, qui a clairement indiqué que le point de rupture approchait, non pas dans la nature de ce que vous allez trouver dans vos paniers mais dans l’esthétique même de ce qui m’entourait, un vert plus tellement vert, des rangs et des allées parsemés de touches d’ocre, un début de fatigue s’installant chez les solanacées et que dire des courges d’hiver dont les feuilles ont carrément jauni, séché et qui semblent supplier pour un départ rapide des fruits de leur labeur.

Il faut dire que la chaleur et la sécheresse des derniers temps ont précipité cet état de fait, forçant la végétation à aller chercher au plus profond d’elle pour survivre, mûrir et produire ses dernières graines.  Je ne me plains pas car pour nous, à la ferme, récolter les courges d’hiver et les oignons de conservation d’ici quelques jours, libérera des pans entiers de nos champs afin de les préparer pour l’hiver qui s’en vient.  C’est un dernier coup à donner et les fruits qui en sortiront en valent bien la peine.

Une nouveauté dans le panier cette semaine, la courge spaghetti.   Rappelez-vous de la formule de base 400ºF/40mn pour une cuisson au four (enlever les graines, badigeonner avec de l’huile), et laissez aller votre imagination pour les sauces style « spaghetti » à y rajouter si l’envie vous prend…

Au plaisir de vous retrouver tous.

Canicule!

Nous venons juste de quitter une période de chaleur accablante et voilà qu’on nous annonce une autre semaine de rêve pour ceux qui planifiaient leurs vacances.  Pour ce maraîcher, c’est depuis ce matin le branle-bas de combat pour assurer un minimum d’eau à tous les plants qui s’en iront aux champs dans les prochains jours et à ceux qui y logent déjà.

Point d’agriculture sans irrigation, vous le savez bien, et les prochaines semaines seront un véritable défi dans les fermes québécoises car les besoins sont criants et la ressource de plus en plus rare.  Au rencart donc nos systèmes d’aspersion, nos VUS de l’irrigation, pour des goutte-à-goutte plus économes même si plus longs à installer.  Ce sera une gestion hyper raisonnée de l’irrigation, certainement pas l’Eldorado du mois de juillet quand, ironie du sort, on priait pour trois jours de soleil en continu…

Nous sommes évidemment habitués à ces périodes caniculaires et sèches mais, changements climatiques obligent, c’est le moment de leur apparition qui ne cesse de nous surprendre et de nous donner du fil à retordre.  Heureusement que mes appréhensions ne sont pas partagées par les cultures aux champs qui, en ce mois de l’abondance, continuent à produire comme si de rien n’était.  La trinité des solanacées se retrouvera enfin dans vos paniers,  et la pastèque, de rigueur si on veut se désaltérer.

Nous commençons à être à court de boites d’œufs et celles qui traînent sur vos comptoirs feront tout à fait l’affaire.  Idem pour les casseaux rouges en plastique.

Je rappelle à ceux qui ont un panier pain que vos boulangers sont de retour cette semaine
et on a hâte de vous retrouver.

Août

Déjà août entamé et ce maraîcher sait que c’est son dernier droit.   Août de tous les dangers car c’est le mois des airs humides, des soleils plombants et des derniers semis qu’il ne faut pas négliger.  C’est dans les champs que s’opère cette fin d’été, des parcelles récoltées qu’il faut rapidement herser, réduire en miettes et rapidement semer en engrais verts.

C’est vite dit mais on ne peut aller plus vite que la nature, qui freine nos ardeurs et nous rappelle que si cela a pris trois mois pour croître et nourrir, cela prendra bien au moins trois semaines pour se décomposer et redevenir poussière.  Poussière tu fus et poussière tu redeviendras 

Mais août est aussi dans nos contrées le mois de la corne d’abondance et de la profusion et de l’arrivée de toute une nouvelle série de légumes, les solanacées bien sûr mais aussi les liliacées sous toutes leurs formes et d’ici peu, les cucurbitacées d’automne.  En attendant, on ne boudera pas notre plaisir et on l’étirera avec des légumes et des fruits qui rappellent qu’il fait trente degrés à l’ombre et qu’il n’y a pas plus rafraichissant qu’un melon ou une pastèque pour finir une journée.

L’ail est récolté et sèche actuellement dans notre grange.   C’est un ail délicieux, frais et qui se conservera tout l’hiver dans votre placard de cuisine.  Nous vous informons dès maintenant que nous débuterons la prise de vos commandes pour l’ail de la saison 2021 bientôt. Les livraisons se feront aux points de livraison ou à nos kiosques de marché une fois les commandes prises et l’ail bien sec, à partir de début septembre, disons.  Cet ail vous sera livré dans des sacs en papier que vous remiserez dans un endroit sombre et sec (votre placard de cuisine ou votre dépense) et il durera ainsi tout l’hiver dans un état tout à fait convenable à la cuisson. 

Enfin, notre récolte de cassis et la première miellée de la saison terminées, nous débutons nos ventes de confitures et de miel cette semaine dans nos points de livraison de quartier ainsi qu’à nos kiosques de marché. Les quantités étant limitées, nous ne pouvons pas prendre de réservations pour ces items – premier arrivé, premier servi.

Au plaisir de vous retrouver tous.

Sur la conservation des légumes

On me demande souvent quelle est la meilleure façon d’entreposer les légumes des paniers dans vos frigidaires et ma réponse la plus commune est de s’assurer que qu’il y ait le moins d’eau possible sur les légumes feuilles et de se munir de contenants en verre ou en plastique pour tous vos légumes. 

Pour les légumes feuilles tels les laitues et les kales,  l’important est de retirer le plus d’eau possible à la réception, de les entreposer dans un contenant hermétique et ils dureront le restant de la semaine dans votre frigidaire.  Bien sûr, certaines feuilles de laitue sont plus fragiles – et donc plus périssables — que d’autres.  Il faut y voir.

Viennent ensuite les légumes racines  tels les carottes, betteraves ou même les légumes bulbes tels le fenouil, le chou rave, ou les légumes fruits tels les choux fleurs ou les brocolis.  Ceux-là ont aussi besoin d’un contenant pour les protéger des effets dessiccateurs du frigo.

En fait, rien qui rentre dans un frigidaire ne devrait y être laissé à l’air libre  et je suis dubitatif devant les capacités protectrices des bacs que l’on retrouve dans les parties inférieures des frigidaires.  Bien que ces bacs puissent protéger certains de vos légumes bien enveloppés dans des sacs en plastique ou en papier, ils demeurent somme toute plutôt inefficaces.

Reste l’énigme des fines herbes …Certaines se débrouillent très bien dans un contenant au frigidaire, surtout quand on s’est assuré de bien enlever tout excès d’eau (persil, sauge, thym, etc.) mais d’autres n’aiment tout simplement pas la combinaison eau/froid (basilic, coriandre) et le seul conseil que je peux donner est de les consommer le plus vite possible.

Enfin, certains légumes ne vont pas au frigidaire tout simplement  et je pense à la tomate ou à l’ail. Et en parlant d’ail, sachez que la récolte s’est faite il y a presque deux semaines de cela, qu’elle a été belle et que l’ail récolté repose dans notre grande grange rouge en attendant d’être nettoyé, paré et offert dans vos paniers. 

Dans les prochains jours, nous vous informerons de la procédure que nous mettrons en place pour ceux intéressés à acheter leur ail de réserve pour cet hiver.  
Vous êtes de plus en plus nombreux, chaque année, à en vouloir et nous devons nous y prendre plus tôt pour bien organiser ce qui semble être devenu une tradition …

Au plaisir de vous retrouver tous.

Notes sur juillet

Alors que nous sommes à l’orée du mois impérial, quelques commentaires sur un juillet sortant de l’ordinaire.  À la fois gris, frais et souvent humide, il affectera à différents degrés la croissance et la productivité de bien des plants.  Nous l’anticipons généralement chaud et sec, ce mois de juillet, et sommes toujours surpris, voire déçus, quand ce n’est pas le cas.

Commençons par les tomates qui tardent encore à rougir malgré toutes nos incantations et que nous ne pouvons pas inclure dans les paniers cette semaine non plus, faute de quantités suffisantes pour satisfaire la multitude.

Passons aux bleuets qui, malgré le bleu profond et majestueux de leur robe, sont encore un tantinet acidulés.  Nous avons récolté nos premiers cantaloups et là aussi, malgré la couleur orangée de leur peau ou le fait qu’ils se détachent tout seuls des plants, rien ne garantit qu’ils seront très sucrés.

Mais le risque premier d’un mois de juillet humide, c’est le développement de différentes maladies fongiques, le blanc dans les concombres et les courgettes, le mildiou dans les tomates ou les oignons, la tavelure dans les pommes, la rouille dans certains légumes feuilles comme les laitues et les épinards.  Bref, ce n’est pas vraiment dans les habitudes de ce maraîcher de prier pour un mois d’août sec et chaud mais on va tout de même espérer que la nature fera bien les choses et qu’elle saura être magnanime.

ll sera difficile d’énumérer de façon systématique la liste des légumes de cette semaine,  en bonne partie à cause des éléments décrits ci-haut.   Il y aura les caciques – concombres, courgettes, laitues, kale, oignons verts – mais pour le reste, ce sera en fonction du degré de maturité du légume et on parle ici du cantaloup, du maïs, des aubergines, du chou-fleur et j’en passe.  Ce sera donc au petit bonheur la chance et ne nous en voulez pas si le légume énuméré n’apparaît pas dans le panier d’un point de chute déterminé.

Dernier petit point : quand vous partez en vacances et que vous avez un pain à ramasser, avertissez aussi nos boulangers de ces dates afin de ne pas perdre votre pain.  Nous ne pouvons plus les entreposer dans nos congélateurs car ceux-ci sont plus que pleins et devinez quoi, ils sont en rupture de stock dans toutes les grandes surfaces (!)… à très bientôt.

Grisaille

Nous avons fini la semaine dans la grisaille.   Rien de dramatique bien sûr.  En fait, je me cherchais quelques heures de temps maussade pour enligner les plantations de laitues, basilic, épinards et autres betteraves et surtout quelques plages de pluie qui nous auraient sauvé l’installation immédiate de notre nouveau système d’irrigation électrique.

Tout s’est agencé pour répondre à mes attentes, une pleine journée de plantations, suivie de quelques heures d’un crachin léger mais efficace.  On pourra passer à autre chose maintenant, la cueillette des bleuets par exemple, qui va accaparer plusieurs heures de nos journées déjà débordantes mais qu’il faudra arracher des champs avant que les oiseaux et la drosophile ne s’en mêlent.  Je plaisante bien sûr, les bleuets sont protégés par des filets anti-oiseaux et la drosophile apparait rarement avant le début août…

Je me dois aussi de vous tenir au courant de l’état de mes poivrons de couleur et c’est avec tristesse et appréhension que je dois vous informer de la croissance anémique de ces plants.  Ils ne semblent pas avoir apprécié leur déménagement et aujourd’hui, ils gisent dans le fond d’un tas de compost comme mes plus fols espoirs…On ne saura jamais leur résilience si j’avais été plus patient ou si je les avais gardés plus longtemps dans leur espace premier…Bref, il y aura peu de poivrons de couleur dans les paniers cette année et je m’en désole déjà. 

Au plaisir de vous retrouver très bientôt.

Cimetières de campagne

Ils parsèment nos campagnes le long des rangs profonds.   Ils nous surprennent là où on ne les attendait pas, entre deux parcelles de maïs ou à l’orée d’un village comme celui de Stanbridge East.  Ce sont des havres de paix souvent oubliés, ouverts aux promeneurs surpris comme ne le sont plus nos églises centenaires.  On y déambule lentement en tentant de déchiffrer l’histoire des lieux, stèles presque illisibles mais bravant encore le passage du temps.

Ces beaux cimetières, encore entretenus par nos mairies, donnent le la d’une histoire que l’on se doit de raconter, l’établissement des loyalistes, 1812, la mixité religieuse ou linguistique, la présence autochtone et les soubresauts de l’histoire.

 Dire que j’y vais souvent serait une exagération mais je m’y arrête à l’occasion, pour admirer un arbre plus que centenaire ou rester perplexe devant des stèles miniatures d’ancêtres partis trop jeunes.  Dans le charivari et l’intensité de nos activités quotidiennes, ce sont des échappatoires que je m’offre sans trop de culpabilité…

La montée en puissance des courgettes et des concombres se poursuit et ne soyez pas surpris de les trouver encore dans vos paniers mais cette semaine, c’est la carotte qui va faire son apparition à côté du chou de printemps, boule de fraicheur dans cette température bien humide.  Pour les feuilles, ce sera la laitue et le kale Lacinato auxquels il faut rajouter une ou deux autres surprises.

N’oubliez pas de consulter nos suggestions de recettes et à vos fourneaux!
Au plaisir de vous retrouver tous bientôt.

Le temps file

Juillet à peine entamé et dans les champs flotte déjà un air d’été avancé.   La non subtile chaleur de la semaine dernière a certainement affecté la couleur des herbes qui ont jauni, mais aussi les intervalles de sécheresse.

Mais c’est surtout la vue des premières parcelles entièrement récoltées qui témoigne du temps qui file.  Laissées à l’abandon pendant une semaine ou deux car il y a toujours d’autres feux à éteindre, elles seront nettoyées, hersées et remises en engrais verts aussitôt.

C’est un itinéraire religieusement suivi, qui fait dire à certains, que ‘ces gens du bio’ sont complètement sectaires…  Mais on parle ici du b.a. ba de cette régie et ne pas le faire dans les temps ou ne pas le faire du tout mettrait à risque la fertilité de nos champs.  

Vous avez noté un intermède frisquet cette fin de semaine et ce temps maussade a calmé les ardeurs de bien de plants, à commencer par les courgettes qui ont décidé qu’il valait mieux attendre le retour des beaux jours pour renouveler son lot de fleurs; la récolte de la semaine s’en ressentira. Et dans la bleuetière, ce qui se tramait comme la récolte la plus hâtive depuis les débuts de la ferme rentrera plutôt dans l’ordre et on s’attend à des bleuets dans les paniers comme à l’habitude, vers la mi-juillet.

Rien à annoncer encore dans le coin des poivrons qui tâtent encore le pouls de leur nouvel habitat, probablement une racine à la fois…  Je vais être patient et espérer que la greffe prendra.

Entretemps, au plaisir de vous retrouver tous aux points de livraison.

RAPPEL

À la fin 2020, notre amie, ancienne traiteure végétalienne et productrice bio Mariève Savaria a lancé son livre de cuisine, La saison des légumes. Exceptionellement bien écrit et illustré, elle y partage avec éloquence son amour des légumes (et fruits) produits par les fermiers bio du Québec. Lecture recommandée, c’est le livre de cuisine que nous aurions aimé écrire, eussions-nous le quart de son talent. Nous aurons des copies pour la vente sur tous les points de livraison cette semaine.

Prix: 45$

Il faut sauver le soldat poivron

À situation exceptionnelle, gestes exceptionnels.   Jamais je n’aurais pensé en poser de tels mais il a fallu, cette fin de semaine, transférer tout un tunnel de poivrons d’un champ à un autre.

Cela faisait déjà deux à trois semaines que je notais avec une certaine inquiétude la croissance quasi stationnaire des poivrons.   Un plant qui aurait dû m’arriver au genou dépassait tout juste mes chevilles et j’avais là matière à réflexion.

Qu’est-ce qui pouvait bien expliquer cet état de fait?  Compaction des sols? Terrain en pente et baissière importante? Manque de fertilisation? Stress dû au froid des premiers jours? 

Bref, nous avons passé en revue bien des possibilités mais c’est un coup de pelle à quelques endroits choisis qui ont identifié la cause, une infestation de hannetons s’attaquant à la masse racinaire des plants dans le secret le plus total de leurs galeries.  À la différence du vers gris qui remonte à la surface, le hanneton fait tout en cachette…Il n’y a pas de recette magique avec cette bestiole, utile sous d’autres circonstances, mais destructive dans notre cas.

Conscients que le poivron va trouver la manipulation bien stressante, il fallait néanmoins poser ce geste et redonner au plant une deuxième chance pour repartir de plus belle.  C’est chose faite maintenant et on va tous espérer que la nature est vraiment résiliente.  C’est bien parti en tout cas car aussitôt plantés, la pluie s’est mise de la partie pour le bonheur de tous.

Travail d’équipe

Je ne peux laisser finir la saison sans revenir sur ceux qui ont planté, sarclé et récolté tous les légumes qui ont fait partie de vos paniers. 2020 aura été une année exceptionnelle : nos employés réguliers provenant du Mexique sont arrivés avec deux mois de retard et il a fallu tous les moyens de persuasion de la part de nos enfants pour convaincre leurs amis de venir nous donner un coup de main afin de lancer la saison en mai.

Avec le recul, je peux dire mission accomplie sur le plan des ressources humaines. Les jeunes ont appris sur le tas et ont fait de leur mieux pour partir nos légumes, les planter, les arroser, les désherber et ce durant une période qui a viré du plus froid au plus chaud.

Covid oblige, il a fallu instaurer des mesures d’hygiène et de sécurité afin de protéger nos travailleurs locaux et étrangers, créer des bulles afin de minimiser les interactions entre ceux qui vivaient à temps plein à la ferme et ceux qui rentraient chez eux. En tout, ce seront une bonne trentaine de travailleurs qui auront foulé le sol de la ferme, participant à maintes activités agricoles, plus une demi-douzaine d’employés et amis qui nous ont prêté main-forte aux kiosques de marché à Jean-Talon et Atwater.

Enfin, je veux souligner l’apport capital de nos employés mexicains, eux qui quittent leurs familles pendant de longs mois afin d’améliorer leur sort et sans qui notre entreprise ne pourrait fonctionner. Ils sont l’épine dorsale de notre ferme et je leur dois une fière chandelle. Un grand merci à Crescencio, Jhenrri, Gregorio, Librado, Gerardo et Crispin. À l’année prochaine!

Le 20ième panier est encore fort en couleur et généreux en légumes feuilles. Nous allons d’ailleurs devoir cueillir ces derniers en vitesse car on nous annonce plusieurs nuits en dessous de zéro au cours des prochaines journées.

Quand il faut s’armer de patience

Ils annonceraient une semaine grise et pluvieuse, apparemment… Rien de surprenant en ces fins d’octobre. On s’arme de patience, on enfile les cirés, on colmate les bottes de pluie et on regarde droit devant.

Dans les champs, c’est le status quo. Beaucoup de légumes feuilles et de moins en moins de racines, récoltées au fur et à mesure des besoins. À ce stade-ci de la saison, il n’y a plus grand-chose d’agronomique qui se passe dans nos parcelles. Nous venons de débuter la plantation de l’ail de l’an prochain, plantation qui sera probablement entrecoupée par la série d’ondées qu’Environnement Canada nous promet durant la semaine. Nous avons même arrêté les semis d’engrais verts sur le dernier tiers restant de nos champs car le froid et la grisaille ne produiront pas de miracle quant à leur croissance. Il ne reste donc plus que du nettoyage, des paillis ici, des arceaux là-bas et des sacs de rétention un peu partout.

Dans les paniers, des racines et des feuilles et le retour du fenouil, petit mais plein de saveur. N’oubliez pas de consulter notre lien recettes si vous êtes à court d’idées et je vous rappelle qu’il ne reste plus que deux semaines pour les abonnés du marché Atwater et trois semaines pour les abonnés de quartier pour récupérer vos paniers vacances.

Dernier bout d’information, le livre de cuisine dont nous avons fait la promotion (La Saison des légumes, de notre amie productrice bio Mariève Savaria) a été choisi par Catherine Lefebvre, dans Le Devoir, comme une de ses trois lectures d’automne. Félicitations à Marie-Eve pour son ouvrage dont on souligne la grande qualité. Au plaisir de vous retrouver tous.

Au plaisir de vous retrouver tous.

Odes à la nature et chasseurs

Une journée glorieuse se déploie devant nous, fraîche mais ensoleillée, joyeux début d’une semaine qui s’annoncerait en dents de scie climatiquement parlant. Mes déambulations matinales dans les dernières parcelles de légumes m’ont rappelées le deuxième mouvement lent du Chant de la terre de Mahler (Le Solitaire en automne), une ode à la beauté de la nature qui s’étiole, si bien rendue par le hautbois mais aussi une ode à l’acceptation de l’inévitable, nous qui, en ces contrées, connaissons si bien cela.

Autre indice que l’on n’arrêtera pas le temps est le va-et-vient de plus en plus incessant des chasseurs qui préparent leur saison, certains construisant leurs caches dans les fonds des boisés, d’autres parsemant les sentiers forestiers de carottes ou de pommes, tels des petits poucets de notre ère moderne… Bientôt, retentira dans l’air le bruit des cartouches et déjà le chevreuil médite sur la meilleure façon de les esquiver…

Revenons à notre panier de la semaine, un mélange bien automnal, où la feuille tient encore sa place malgré le gel du dimanche soir. Quelques nouveautés, le radiccio, les choux de Bruxelles et le radis Daikon mais aussi le retour de la pomme de terre pour réchauffer les estomacs engourdis.

Dans le giron de l’automne

La ferme est entrée de plein pied dans le giron de l’automne. Feuilles mortes partout, arbres épars, la nature se vide de son trop plein de vie. Comment a-t-on fait pour basculer aussi vite dans cette autre étape de la vie à la ferme? C’est un mystère qui me surprend à chaque fois. Il ne reste dans les champs que de longs rangs de légumes qui peupleront vos paniers au cours des prochaines semaines.

C’est une période qui me sied, quand cette même nature s’affaire à séparer le bon grain de l’ivraie, facilitant le travail de ce maraîcher et de nos employés. Entre deux récoltes, nous nous dépêchons de nettoyer les champs, ranger les derniers systèmes d’irrigation encore utilisés dans les tunnels et ramassant ici et là les accessoires que nous avions perdus de vue dans les grandes herbes de l’été…

Nous nous apprêtons à récolter nos légumes racines, les radis de spécialité, les carottes et le rutabaga, libérant ainsi des pans entiers de champs que nous ensemencerons aussitôt avec un petit seigle d’automne. Je ne dirais pas que les choses se font dans l’urgence mais certainement avec un certain sentiment de fébrilité.

Dans les paniers, des légumes qui vous rappelleront que l’action de grâce est à nos portes. Pour certains, ce sera la buttercup, pour d’autres la citrouille ou encore la courge poivrée, chacune agrémentée de feuilles et de racines. Et en parlant de racines, j’aimerais attirer votre attention que ce n’est pas parce qu’ils sont durs comme fer quand vous les recevez que vous pouvez les entreposer dans vos frigos sans protection. Pour les apprécier le plus longtemps possible, nous vous invitons à les mettre dans des contenants en plastique entreposés dans votre frigidaire. Le ‘crisper’ du bas ne protège strictement rien et vos carottes vireront molles si vous les laissez à l’air libre, frigo ou pas.

Sur ce, au plaisir de vous retrouver tous.