Une belle équipe

J’ai poussé un soupir de soulagement en voyant Librado, le dernier de mes six employés provenant du Mexique. Deux mois que cela a pris pour que les autorités de nos deux pays respectifs laissent passer, au compte-goutte, chacun de ces travailleurs. La Covid a le dos large et on l’a accusée de bien des choses mais dans le cas qui nous concerne, il fallait jouer de prudence, s’assurer que nous offrions à nos employés venus de loin les conditions nécessaires pour un séjour sécuritaire. La ferme étant petite à l’échelle des fermes dont nous proviennent les nouvelles inquiétantes d’employés affectés par la Covid, nous avons réussi à placer les nôtres en quarantaine dans des appartements appartenant à des amis (merci Catherine et Jean…) ou à nos propres enfants étudiant en ville.

Ces arrivées tardives d’employés essentiels à la bonne marche de la ferme nous ont posé bien des tracas de logistique et de bon fonctionnement des diverses activités maraîchères. Je remercie grandement la flopée de jeunes qui nous ont donné un méchant coup de main en mai, pour débuter la saison, planter tout ce qui pouvait l’être, installer des filets, irriguer, mais je savais, au plus profond de moi, que sans l’expérience et la résilience de mes employés mexicains, cette ferme ne tiendrait pas sur le long terme cette saison.

Bien sûr, je pourrais en dire bien plus sur notre dépendance devant la ressource humaine provenant de l’étranger, mais ceci n’est qu’un petit courriel vous donnant un aperçu superficiel sur une problématique majeure touchant l’agriculture en général et le maraîchage en particulier. Aujourd’hui, au Québec (et il en est de même dans le reste du pays), il est très difficile de produire des fruits et légumes sans l’apport crucial de cette communauté. Je revisiterai ce sujet une autre fois peut-être.

La bonne nouvelle est que notre équipe est maintenant complète: Librado, Jhenrri, Crescencio, Gerardo, Crispin et Gregorio, entourés de Djamel, Imad, Tarek, Arnaud, Julien et Émile, sans oublier les personnes en charge de monter les paniers et faire les semis, Yamina, Maïka et Emmanuelle. Au marché et aux points de chute, il y aura nous bien sûr mais aussi les deux Sophie, Natalia, Alexis et Laurent. Méchante équipe, vous allez dire, et nous sommes plus que contents de les avoir toutes et tous, à nos côtés.

Dans les paniers, cette semaine, ce sera un peu comme la semaine dernière, en attendant l’arrivée des solanacées qui progressent bien. La nouveauté sera le fenouil, à manger crû en salade, rôti sur le bbq ou cuisiné dans une soupe de poisson…

Frénésie de … désherbage

La semaine s’est terminée dans une frénésie de désherbage. Non que l’on ne voyait pas les choses venir mais les petites pluies des jours précédents et le soleil plombant les sols, on savait que l’inexorable s’en venait, ce maraîcher sentant monter en lui une inquiétude sourde, celle qui annonce que sans une intervention rapide, on allait échapper une culture ou deux.

Vous vous en doutez, d’une liste interminable de choses à accomplir, il a fallu choisir quelques platebandes qui se devaient d’être nettoyées, lame après lame, dent contre dent, un genou suivant l’autre. Les laitues ici, les oignons là et le maïs et les betteraves. La mauvaise herbe a la couenne dure et les neuf vies d’un chat. On le sait et on aborde cet exercice avec l’état d’esprit du coureur de fond, ne pas s’énerver, clipper fort, trouver son rythme, faire le vide et tenir jusqu’aux premiers froids quand un gel salvateur nous libérera de cette fatalité…

La semaine qui s’en vient sera pleine de rebondissements car en plus de livrer nos paniers en quartiers résidentiels, nous inaugurons nos deux kiosques aux marchés Atwater (#99-100, devant Première Moisson) et Jean-Talon (#198-199-200 sur ‘l’Allée verte’), à compter du vendredi 3 juillet. Vous nous y trouverez entre 9 et 18h le vendredi, et 9h et 17h le samedi et le dimanche. Ce courriel est donc un petit rappel aux abonnés de nos deux marchés de venir chercher vos paniers aux journées choisies.

Le panier, lui, est un beau mélange de feuilles et de légumes racines dont un de mes préférés, la betterave que nous servirons avec feuilles.

Ode aux irrigateurs

Si vous cherchez dans le dico, vous sourirez quant aux définitions de ce mot et à leurs usages mais chez nous, les irrigateurs sont des énergumènes en chair et en os, qui ont sué sang et eau, littéralement, pour amener le précieux liquide aux légumes déjà plantés. Deux canicules déjà et cette deuxième semble vouloir battre un record d’assiduité. Nous avons nommé deux personnes à cette tâche tant fondamentale, deux jeunes pleins d’entrain, qui ont quadrillé la ferme, sillonné ses allées, déroulé du goutte à goutte dans les rangs, planté des arroseurs automatiques dans toute une flopée de légumes racines et affronté les sautes d’humeur de nos pompes à moteur. C’est un travail déjà ingrat quand la température est agréable mais à plus de 30 degrés Celsius, on flirte avec le calvaire et la procession…Mais il faut ce qu’il faut et laisser des légumes s’assécher dans les champs faute d’eau aurait été impensable. En tout cas, mission accomplie et vous pourrez, un jour, remercier nos deux garçons, Djamel et Imad, qui ont su si bien relever ce défi.

Le panier maintenant : il ressemble un peu à celui de la semaine dernière mais avec l’ajout des fraises que nous nous sommes procurés chez nos amis maraîchers à Farnham, la Ferme des 3 Samson. Nous ne faisons plus de fraises depuis quelques années mais devant les difficultés que nous avons dernièrement à trouver des fraises bio de qualité, nous allons y revenir, maintenant que nous ajoutons 4 hectares nouveaux aux 6 actuellement en usage.

Enfin la première semaine des livraisons!

Les températures ont été clémentes ces derniers jours et les légumes ont retrouvé les conditions propices à une reprise de leur croissance. Nous avons donc le plaisir de vous informer que nous livrerons le premier panier de la saison selon l’échéancier d’origine, à compter du mercredi 17 juin pour les points de livraison de Montréal Ouest et Ville Mont Royal et le jeudi 18 juin pour celui de Westmount ainsi qu’à la ferme. Un rappel important pour les abonnés aux paniers de kiosque (18 semaines) à Jean-Talon et Atwater: vos livraisons débuteront le premier weekend de l’ouverture de nos kiosques aux deux marchés, soit le 3, le 4 ou le 5 juillet, selon le jour de livraison choisi.
<pCovid oblige, nous avons un tant soit peu changé certains aspects de nos modes de récupération des paniers, l’élément principal étant que seuls les employés de la ferme seront habilités à aller chercher votre panier personnalisé. Nous faisons cela pour respecter les règles de distanciation sociale et répondre aux inquiétudes de certains quant à une trop grande promiscuité dans un espace restreint. Nous vous invitons à consulter les schémas de distribution de chacun des points de livraison résidentiels concernés et de bien vouloir respecter le 2 mètres de distance entre vous. Enfin, nous avons prolongé la plage horaire des livraisons qui débutera à 16h pour finir à 19h. Afin de mieux prévoir vos arrivées, nous n’avons rien de scientifique à vous proposer mais nous allons laisser les lois de la probabilité agir de la façon suivante : si votre horaire le permet et que la première lettre de votre nom de famille se situe entre A et H, venez entre 16 heures et 17 heures, entre I et P, entre 17 et 18 heures et si entre Q et Z, la dernière heure vous est consacrée. Ce sont bien sûr des suggestions car si votre horaire ne le permet pas, venez quand vous pouvez.
Nos habitués le savent, le contenu des deux ou trois premiers paniers est assez feuillu et cette année ne sera pas différente : kale ou bette à carde, épinards, roquette, laitue, petits navets, fleur d’ail (oui, déjà!), bok choi, fines herbes, choux rave, s’ils trouvent la force de grossir un peu plus et les pommes de terre grelot (2019) de mon fournisseur habituel, Ferme Réal Samson et fils, un voisin et un des meilleurs producteurs de poms terre bio du Québec.
N’OUBLIEZ PAS : de venir avec vos propres sacs à provisions et de ramasser vos pains si vous vous êtes inscrits au programmes pain du Capitaine Levain.Au plaisir de vous retrouver tous.

Tout un mois de mai

Quel mois de mai avons-nous vécu! Tout y est passé en matière d’extrêmes de saison! Des nuits à -5 Celsius à des journées dépassant les 30 degrés. Cela veut dire, des heures à protéger avec des bâches flottantes les légumes intrépidement plantés aux premières giboulées pour se retrouver ces jours-ci à trainer des dizaines de mètres de tuyaux d’irrigation d’une parcelle à une autre afin de ne pas les perdre. Tout cela promet pour cet été qui nous souhaite la bienvenue à sa façon…

Bref, la jeune équipe des Jardins d’Arlington s’est affairée à maintes tâches, la principale, bien sûr, étant la plantation de milliers de plants allant des oignons et poireaux aux betteraves, épinards et autres laitues, sans oublier les brassicacées.  Le gros de ce travail continuera jusqu’à la mi-juin avec les solanacées et les cucurbitacées que nous ne plantons qu’une fois les risques de gel bel et bien évacués. Le temps radieux des derniers jours à ravivé les plants déjà aux champs, eux qui avaient ‘stallé’ pour reprendre une expression du terroir durant les grands froids…

Tout compte fait, nous avons espoir que nos légumes rattraperont le temps perdu à vivoter dans les champs durant les premiers jours de mai.

Famille et amis

Comme pour bien d’entre vous, le Covid chamboule un peu nos façons de faire à la ferme. Pas tellement en ce qui concerne nos cultures, car pour débuter nos semis, les repiquer et les chouchouter, nous sommes plutôt assez autonomes et consciencieux. Je ne parle même pas de la préparation des parcelles car même là, le travail est fait maison, assis sur nos tracteurs, enfouissant les résidus de culture ou détruisant des restants d’engrais verts dans nos sols. Je fais plutôt allusion à l’arrivée tardive de notre contingent mexicain, six employés sur lesquels je compte beaucoup durant la saison et dont j’apprécie l’ardeur au travail et l’efficacité. Cette saison, gracieuseté du Covid, il va falloir ronger son frein et attendre leur arrivée plus tard que prévu, possiblement vers la fin mai ou début juin. Ce n’est pas une calamité car nous l’avions anticipée et mis sur pied un plan B qui consiste à la ‘conscription’ des amis de nos enfants, prêts à ‘tougher’ les éléments, affronter les rigueurs du travail de la terre et planter les dizaines de milliers de transplants qui attendent patiemment leur tour sur nos tables d’endurcissement. La battue a marché car nous en avons trouvé suffisamment pour débuter les plantations en attendant le renforcement du groupe.

Les inscriptions vont bon train et à ce rythme, nous sommes à quelques semaines d’afficher complet. Légumes frais et petits fruits dans les paniers, œufs de la ferme en mode premier arrivé premier servi et bien sûr les pains du Capitaine Levain si vous vous abonnez à leur boulange. Plus que sept semaines avant le jour J pour les paniers de la saison ‘régulière’ et neuf semaines avant le début des paniers de kiosque aux Marchés Atwater et Jean-Talon.

Ma serre à moi

Je pourrais passer toute ma saison des cultures dans ma serre à semis. Et c’est ce que je fais d’ailleurs depuis les ides de mars. L’espace est attrayant, tout de bois construit et l’ambiance on ne peut plus zen dans cet havre de paix et de chaleur. Ces moments sont précieux et ô combien importants pour bien lancer une saison, partir les oignons et les poireaux, les poivrons et les aubergines et bientôt les tomates, sans oublier les vagues incessantes de laitues, brocolis et autres betteraves qui attendent patiemment leur tour. La liste est longue, répétitive et planifiée au quart de tour parce que même si nous sommes tributaires des aléas de la météo une fois dans les champs, la succession des semis en serre ne laisse rien à la chance mais tout à Excel…

Mais la satisfaction ultime, ce sont ces moments d’introspection, méditatifs presque, où les gestes renouvelés nous amènent autre part, cette huit centième semence de laitue qui retrouve sa cuvette ou ce deux millième plant de poivron que je repique et à qui je redonne un nouvel espace de liberté. Oui, j’y passerais bien la saison mais cela ne se fera pas car déjà se pointe à l’horizon le vortex des plantations et des semis aux champs, activités tonitruantes s’il en est et qui nous rappellent brusquement l’intense agitation qui s’exercera sur nous durant tout l’été. On a déjà hâte…

La patience est une vertu

Le confinement des dernières semaines a été une opportunité pour vaquer aux affaires pressantes et moins pressantes de la ferme, les semis en serre bien sûr, mais aussi de petits et grands projets mis au rancard ces dernières années mais pour lesquels cette quarantaine était une occasion inespérée de les remettre sur la table. Pendant que ce maraîcher remplit les plateaux dans le confort douillet de la serre à semis, il a demandé à sa progéniture de démonter la grande serre détruite l’an dernier suite aux vents violents d’une nuit fatidique, la suite étant sa reconstruction durant le courant de l’été afin de pouvoir cultiver des légumes pour nos fins de saison. Les autres projets incluent une réorganisation de notre salle de lavage, la construction d’une salle d’entreposage pour nos courges et le déménagement de notre salle d’outils. Tant que cette jeunesse restera proche des prémisses, elle sera mise à contribution et on la remercie grandement… Comme vous tous, nous nous installons dans ce confinement avec l’espoir des lendemains meilleurs mais aussi de la patience retrouvée.

Rites printaniers

En cette ère du COVID-19, rien de mieux que de se projeter dans le futur et entrevoir des jours plus gracieux. Plus qu’une semaine avant l’ouverture de nos serres et vogue la valse des semis. Nous avons pratiquement tout reçu, de l’aubergine à la tomate et de la courge d’été au poivron doux, sans oublier les fines herbes et le maïs. On ne se pressera pas trop, mais il faudra trouver un petit moment pour nettoyer la serre de fond en comble, remettre les tables d’aplomb, elles qui ont été déstabilisées par l’effet du gel et du dégel (oui, même en serre!) et tester les fournaises. C’est le rituel printanier pour nous, un passage obligé pour s’assurer que les semis, période charnière à la ferme, se fassent dans des conditions optimales, elles qui s’étaleront de la fin mars à la fin août.

Lancement de la saison 2020

C’est avec plaisir et trépidation que nous lançons la saison 2020 des paniers bio, notre onzième pour être précis. Nous avons eu la décence d’attendre la fin de la première véritable tempête hivernale de l’année pour le faire mais à quelques semaines de l’ouverture de notre serre à semis, il était temps de ‘partir’ les ordinateurs, dépoussiérer quelques liens sur le site Internet et appuyer sur la touche ‘envoyer’. Esprits reposés, corps requinqués, il faut déjà se projeter dans la saison des cultures qui nous attend et qui nous promet comme d’habitude son lot de surprises. Tabula rasa, c’est ainsi que nous abordons chaque saison, avec la détermination de faire mieux et de partager avec vous le meilleur de ce que nos jardins ont à vous offrir.

La formule des paniers bio ne change pas : nous vous offrons toujours un grand et petit panier, le premier pour suffire aux besoins alimentaires de trois à quatre adultes et le deuxième amplement suffisant pour un ou deux adultes, voire une petite famille avec un ou deux jeunes enfants. La saison ‘régulière’ débutera le mercredi 17 juin pour se compléter le jeudi 5 novembre, juste avant les grands froids, un total de 21 semaines… Les abonnés aux paniers bio de la saison ‘kiosque’ aux marchés publics Atwater et Jean-Talon débuteront à des dates différentes, horaire des marchés oblige, soit du vendredi 3 juillet au dimanche 1ier novembre, pour un total de 18 semaines. Pour les amateurs de bon pain au levain, nous sommes heureux du retour des pains du Capitaine Levain. Vous connaissez la formule, vous vous inscrivez auprès d’eux et nous ne faisons que vous amener leurs délicieux pains.

Un petit mot sur nos projets pour la saison 2020 : d’abord, nous allons rebâtir la serre endommagée par les grands vents de mars dernier et planifier la construction de deux nouvelles serres qui vont nous permettre de prolonger la saison des cultures en novembre et possiblement début décembre. Ensuite, l’ouverture de 4 hectares de nouvelles parcelles qui vont nous permettre de mieux organiser nos rotations des cultures et nous rendre totalement autonome quant à nos plans de fertilisation végétale des cultures. Enfin, poursuivre et développer de nouveaux mélanges d’engrais verts répondant aux besoins nutritifs des légumes.

La saison sera intense et nous vous invitons tous à nous rejoindre pour profiter de ses bienfaits.

Déjà vu

Cent fois sur le métier, il faut remettre son ouvrage… L’adage de Boileau ne s’est jamais aussi bien appliqué à notre étang que nous recreusons pour une troisième fois afin de répondre à nos besoins croissants en irrigation. Ils sont donc venus ce matin, ‘pépines’ sous le bras et camions dans le sillon, déplacer des montagnes de terre et de glaise et reformer ce qui, à une autre époque, n’était qu’un petit trou d’eau servant à abreuver les vaches de la ferme. C’est un spectacle impressionnant que de voir ces machines fonctionner, conduites par des artistes de la manette, grattant le sol de leurs bras télescopiques et redistribuant ces amoncellements dans les espaces environnants. Encore plus impressionnant est le temps que le creusage d’un étang peut prendre, une journée, peut-être deux si les choses se compliquent et que l’on tombe sur un ‘cap de roche’. Miracle de la machine, ode au génie humain, on peut se situer des deux côtés du débat, le résultat sera le même, il y aura un énorme trou ce soir à la ferme que l’hiver s’occupera de remplir tranquillement, au gré des précipitations et du bon vouloir des cieux.

Magnifique méchoui

Magnifique journée que nous avons eue hier pour ce méchoui 2019! Soleil brillant, ciel bleu et température douce à souhait et cela a duré le temps de l’événement car vers 15h, comme pour annoncer la fin de la récréation, le vent s’est levé, le ciel a grisonné, la température a baissé de quelques degrés, signal clair qu’il était temps de remballer assiettes et marmailles et d’affronter les bouchons de la ville. Mille fois merci à vous tous qui avez pris le temps de nous concocter les plats les plus délicieux et partager avec nous vos impressions campagnardes, vos inspirations et vos aspirations du rôle d’une ferme. Et même si le temps nous a manqué pour butiner le plus possible aux différentes tables, Claire et moi avons été enchantés d’échanger avec vous sur le métier, la vie à la ferme, nos projets futurs et j’en passe. C’est bien sûr partie remise et à ceux qui n’ont pu être là hier, il y aura une autre fois, c’est promis…

Lundi et coucher de soleil d’octobre

Avec l’arrivée de l’automne et la baisse des récoltes encore au champ, nous avons pris l’habitude depuis quelques semaines de ne pas travailler les lundi. Tant mieux, d’abord parce je n’aime pas les lundi et qu’il semble ne jamais faire beau ce jour-là, ces derniers temps en tout cas! On en profite pour poser nos béquilles, brasser de la paperasse, s’adonner au yoga et…commencer à planifier l’après-saison. Ah, l’après-saison, on y pense comme un désaltéré devant un mirage dans le désert. Mais la réalité nous rattrape vite, des communications à compléter, des récoltes à planifier et la valse à mille temps qui nous reprend, avait dit un magnifique chanteur.

Nous avons organisé le panier de cette semaine pour qu’il réponde aux besoins de la célébration de l’Action de Grâce, une ode aux légumes s’il en existait une. Il devrait y avoir de quoi satisfaire tous les palais, même notre légume fétiche, la tomate, qui, cette année, semble braver toutes les conditions, malgré les froids des derniers jours.

Ménage de champs

La semaine s’annonce fraîche et paraît-il, pluvieuse et en ce début d’octobre, ces deux états de fait vont souvent ensemble. Alors plutôt que de se lancer dans une première salve de récoltes pour les paniers de la semaine, nous avons décidé, par un soleil éclatant, de faire un nettoyage des champs déjà récoltés mais encore délaissés. Paillis et goutte à goutte retirés, un passage de débroussailleuse (bush hog) pour émietter les gros plants, un hersage grossier et vite, vite, un semis de seigle avant l’arrivée de la pluie dans les prochaines heures. Ces semis d’engrais verts automnaux sont souvent accomplis dans des conditions douteuses. Non qu’on le fasse exprès mais la météo ne coopère presque jamais, champs humides, portance amoindrie mais on ne peut laisser les sols à nu car l’érosion éolienne défait en un hiver ce que la nature a pris des millénaires à créer. On récoltera possiblement sous la pluie demain mais nous en avons l’habitude et de plus, ils annonceraient une journée plutôt clémente.

Brume d’automne

La semaine s’annonce basse et grise et la pluie des aurores en a déjà donné le ton. Mais je ne m’en plains pas tant car même s’il n’est plus aussi oppressant, le soleil des derniers jours a asséché bien des parcelles de légumes, m’obligeant in extremis à ressortir nos systèmes d’aspersion. Ce ne sera plus nécessaire et après les précipitations que l’on semble annoncer pendant les prochains jours, la question ne portera plus sur les conséquences d’un asséchement des sols mais bien sur le retour d’Hélianthe, seule force capable de libérer la terre de cet excès d’eau. C’est en fait ma préoccupation première arrivé octobre, l’incapacité des sols à se drainer et conséquemment, les difficultés croissantes quant à l’usage de ces parcelles. N’oubliez pas qu’il reste encore des champs à semer en engrais verts et d’autres à récolter, activités et lieux qui demandent malgré tout un minimum de portance. Ne broyons pas déjà noir, octobre a toujours su nous surprendre, qui sait, avec un autre de ces étés indiens…

La récolte des courges

On a récolté les dernières courges aujourd’hui. De belles courges musquées (butternut), ramassées au coucher du soleil et se reposant maintenant dans notre serre à semis vide de ses transplants. Cela ne fut jamais le cas auparavant, nous qui pensions qu’il fallait aborder la récolte des courges comme l’armée d’Alexandre devant les innombrables troupes du roi Darius. Non, cette fois-ci, nous avons choisi de diviser pour régner, la spaghetti ici, la delicata là, pour finir par la reine des reines, la musquée, que tout le monde connaît et qui réchauffera vos soirées automnales. La récolte des courges, c’est un jalon dans la saison d’une ferme, le signal que l’été est sur le point de clore, l’invitation à repenser son menu, rebrasser ses recettes et faire face à l’inévitable.

Quand le temps file

La période est intense et le temps file. Difficile à croire mais pour ce maraîcher, il reste peu de temps pour la préparation des champs de la saison prochaine. Nettoyage et hersage des parcelles déjà récoltées, semis des plus nutritifs engrais verts possibles, les séquences se suivent selon l’échéancier que nous impose Dame Nature et c’est là où les pluies tant souhaitées durant le plus profond de l’été deviennent des irritants, voire de sérieux obstacles à la préparation des champs de l’an prochain. Car, voyez-vous, tous les engrais verts ne naissent pas égaux, un mélange avoine et pois, par exemple, est bien plus riche en azote et en matière organique qu’une avoine seule et les semer trop tard affecterait leur masse totale. Alors, tout est affaire de bonne préparation et de chance et pour répondre à ce défi qui resurgit saison après saison, nous allons labourer d’ici quelques jours une nouvelle parcelle de près d’un hectare, assurant ainsi les espaces nécessaires à nos rotations.

J’aimerais dire que nous entrons de plein pied dans l’automne mais le vert gras des boisés me pousse à une certaine retenue. Peut-être qu’une nouvelle récolte, ce matin, d’une série de courges d’hiver m’inciterait à l’affirmer mais là aussi, ce serait pousser le bouchon un peu trop fort. On attendra le premier gel pour le clamer haut et fort même si en mon for intérieur, je sais que nous y sommes bel et bien. Dans vos paniers, il reste encore des traces de l’été et nous avons hâte de les partager avec vous.

Ode à l’aubergine

Les paniers en débordent ces temps-ci et devant les regards éplorés de certains, j’aimerais expliquer les raisons de cet excès. Il y a trois légumes que je cultive en quantité importante, toutes trois des solanacées d’ailleurs, l’aubergine, suivi du poivron et de la tomate. Pour cette dernière, reine des champs, il faut la prémunir de bien de maladies et la cultiver selon des techniques différentes, qu’elle soit hâtive ou tardive, en champ ou en tunnel chenille. Le résultat est le même, la tomate colonise de grandes superficies et phagocyte bien des énergies. Mais pour le poivron et l’aubergine, l’histoire est autre : c’est un insecte le coupable, la punaise terne, une bêbête du bon dieu qui sévit partout à la ferme et qui se délecte des fleurs des légumes mentionnés. Elle s’attaque aux fleurs des poivrons et des aubergines et peuvent en quelques jours faire avorter plusieurs générations de légumes, créant ainsi des trous dans leur récolte. Que faire donc? En planter beaucoup et espérer que la punaise terne s’attaquera à 30 ou 40% des fleurs mais en laissera assez pour remplir nos paniers.

Cette année, surprise, point de punaise terne dans les champs! En tout cas pas assez pour faire de sérieux dégâts. Et voilà pourquoi, nous nous retrouvons actuellement avec des plants gorgés de fleurs, chacune un légume en puissance et que nous sommes obligés de récolter afin de sauvegarder la santé physiologique du plant.

On servira donc encore des aubergines pendant quelques semaines car les composter serait sacrilège…

Trouver l’équilibre

Il a fallu réorganiser l’entrepôt, bouger des boîtes, libérer les couloirs et laisser place aux premiers légumes d’automne, nos chères courges. Et ce lundi matin, nous sommes allés les cueillir au petit matin, la spaghetti, la buttercup et j’en passe. Au passage, nous avons même ramassé les premières pastèques avec pépins, nos préférées car sucrées à point et gentiment parfumées. La course se poursuit aussi pour nettoyer les champs, engrais verts oblige et pour montrer à ceux qui nous retrouveront au méchoui des parcelles un tant soit peu présentables. Comme toujours, ces derniers jours d’août me plaisent car enfin, voilà revenu le temps de l’équilibre, équilibre des températures entre des jours aux chaleurs doucereuses et aux nuits tout juste fraiches, équilibre aussi dans la composition des légumes, la solanacée, la feuille et la racine. Je dis cela sachant que vous allez encore avoir un amoncellement d’aubergines dans vos paniers mais comme le dit si prudemment ma professeur de yoga quand elle ne veut pas que l’on se blesse en faisant un exercice, ‘c’est une direction que l’on cherche à trouver’…

Récoltes abondantes

L’ail est récolté depuis fin juillet (il sèche tranquillement dans notre grange rouge) et les tomates italiennes rougissent à vue d’œil sur les plants. C’est donc le moment des commandes spéciales pour ceux et celles qui aiment s’adonner aux cannages et/ou qui veulent faire des réserves d’allium. Cette année, vous pouvez placer vos commandes, jusqu’à épuisement des stocks, à travers notre site Internet ici et les ramasser à votre point de livraison régulier de paniers bio ou à l’un de nos kiosques fermiers à Atwater ou Jean-Talon quand ils seront traités au cours des prochaines semaines. On vous avisera de la date prévue de votre livraison à l’avance, et vous pourrez payer en espèces ou même, dans nos kiosques marché, par interac (i.e. avec votre carte débit).

L’ail : facile à conserver en autant que vous suiviez certaines règles, il devrait durer jusqu’à la fin du printemps voire plus tard si les conditions d’entreposage sont à leur optimum. On conseille de le garder dans l’emballage d’origine (un sac en papier), dans une dépense de cuisine, loin de la lumière et des grosses fluctuations de température. Une armoire fera l’affaire, pas de frigo bien sûr et encore moins un garage humide et frisquet. 

La tomate italienne : nous produisons deux variétés de tomates italiennes, la San Marzano et la Roma. Les deux sont idéales pour le cannage car riches en chair et sans trop de jus. Comme nous les récoltons proches de leur maturité, il serait important pour la qualité de votre cannage que vous les transformiez dans les deux ou trois jours qui suivent leur réception.

 

Le temps d’une récolte

Je me suis mis au créole ces derniers temps. Non que je voulais me rajouter une autre langue. On en parle déjà trois à la ferme, la plus commune étant l’espagnol vu le temps passé auprès de nos employés mexicains. Non, on s’est mis au créole pour communiquer avec de nouvelles employées engagées de façon journalière, à travers un programme de l’Union des Producteurs Agricoles. Le dilemme revient chaque année, qui va récolter tous ces bleuets mûris à point alors que le travail bat son plein et que nous en avons déjà par-dessus les bras avec nos tâches quotidiennes. Et c’est là qu’interviennent ces sympathiques dames, presque toutes grand-mères d’ailleurs, Viergela, Marie-Ange, Violette, Lumène, des noms que l’on se plaît à répéter car d’une autre époque et qui essaiment les champs du Québec le temps d’un été. Femmes vaillantes au parcours difficile, peu loquaces d’ailleurs, mais qui s’ouvrent à vous si vous prenez le temps de les apprivoiser. Elles ont arpenté la bleuetière pour nous laisser apprécier les douceurs de l’été et déjà elles ont migré autre part, qui sait, désherbant une parcelle de carottes ou de choux. On s’est donc mis au créole, le temps d’une récolte de bleuets.

Panier toujours estival, le bleuet sera remplacé par le premier melon, un cantaloup odorant et muri à point. La nature étant encore généreuse, il nous faut rivaliser d’imagination pour préparer aubergines et courgettes. Viendra un temps quand il n’y en aura plus dans les paniers…

Fête du maïs

Après des années de disette, je suis fier d’annoncer que le stratagème a fonctionné et, conséquemment, qu’il y aura mâchement d’épis de maïs dans certaines chaumières du Québec… Et pour ne pas rentrer dans trop de détails techniques, ce n’est pas la clôture branchée sur du 110 qui a résolu le maraudage des ratons mais bien le rajout d’une troisième broche métallique sur la clôture, fruit d’une cogitation serrée entre employés de la ferme, surpris de voir que l’électrification n’avait pas eu les effets escomptés. Avec ses trois paliers posés au six pouces, la clôture devenait un obstacle bien plus ardu à surmonter pour nos débrouillards des bois. Mais il faut toujours rester aux aguets, le raton laveur a plus d’un tour dans sa queue…

Août a débuté comme il débute souvent, journées chaudes et nuits de plus en plus fraîches, message clair pour nous maraîchers que nous venons de prendre le premier tournant vers le début de l’automne. Je sais, je sais, il faut faire durer le plaisir, les étés sont si courts et les hivers si longs mais en termes agronomiques, l’arrivée des nuits fraîches lance un message précis aux plantes qu’il est temps de penser à sa progéniture, en particulier la mauvaise herbe qui sait qu’il ne lui reste plus bien de temps pour assurer sa pérennité. Donc, il y aura maïs dans les paniers et bien d’autres choses qui rappelleront que nous vivons encore les émois de l’été.

D’orages et de récoltes

On l’attendait cette pluie depuis des semaines quand elle s’est abattue sur nous en cette fin d’après-midi dominicale, humide, sous la forme d’un méchant orage, soulevant au passage une bonne partie de nos filets mais déversant par là-même des trombes d’eau salutaires. Maïs, courges, bleuets, carottes, tous avaient soif et faisaient du surplace en attendant la bénédiction des cieux. On ne pavoisera pas, ce n’était qu’une abattée et il en faudrait plusieurs comme celle-là pour verdir nos champs. L’autre bonne nouvelle est bien sûr la razzia que nous avons faite dans notre parcelle d’ail. Il ne nous a fallu que quelques heures pour nettoyer le champ de cette exquise racine qui repose maintenant sur les ponts de notre grange rouge, mûrissant lentement.

Batailles épi-ques

Le maïs est beau et l’épi se forme déjà… si seulement on pouvait éliminer un irritant majeur, le raton laveur, la terreur du maraîcher, la hantise du jardinier. Suite au carnage qu’a été le cru 2018, je pèse bien mes mots, 20000 épis partis en fumée en l’espace de quelques semaines et bien des énergies gaspillées à contrer cette peste des forêts, on a décidé de sortir l’artillerie lourde. Plus de clôture alimentée au solaire comme on le faisait depuis nos débuts car ces bestioles avaient bien compris que pour accéder au fruit défendu, il fallait juste endurer le drôle de chatouillis que pouvait décharger ces piles. À la place, nous avons décidé d’installer une clôture alimentée au 110 volts. Le choc ne sera pas mortel, loin de là mais qui va s’y frotter s’y piquera, la décharge étant un peu plus costaude que notre version écolo… Et si après cela, nos astucieux ratons trouvent un moyen de passer outre, ce sera la preuve, tout simplement, que ce sont les animaux les plus intelligents de la planète!
Si la courgette et le concombre en ont été un avant-goût, nous entrons de plein pied dans la saison estivale avec l’introduction de la tomate et de l’aubergine, mes légumes préférés et que nous offrirons chaque semaine jusqu’à la décrépitude des plants. À la différence des deux premiers légumes mentionnés, que nous cultivons par vagues, les solanacées sont produites sur un même plant et il faut être fort pour continuer à donner généreusement, semaine après semaine, jusqu’à l’arrivée des premiers froids.

La carotte et moi: une relation amour-haine

J’ai encore semé des carottes, cette fin de semaine. C’est un des seuls légumes que l’on ne peut faire passer par notre serre des transplants. Il ne tolère aucun compromis, c’est comme ça, à prendre ou à laisser. Soit on est un doué du semoir et on réussit son semis du premier coup, soit cent fois sur le métier on remet son ouvrage… Et je ne les compte plus les fois qu’il a fallu pour refaire des semis de carottes, soit parce qu’ils n’avaient pas bien levé ou parce que les mauvaises herbes les avaient étouffé. J’ai donc semé des carottes cette fin de semaine, dans la douceur d’une fin d’après-midi, le sol, le semoir et moi. Un ami maraîcher me l’avait déjà dit, de ne pas se battre contre la nature, partir de bon pied, laisser le semoir glisser dans le sillon, y aller d’un mouvement fluide mais certain et la semence fera le reste. Samedi, j’ai semé les carottes avec le sentiment de m’en être approché.

Quand l’eau se fait rare

Deux ou trois jours au-dessus de 30 C et déjà, on se croirait transporté au fin fond de l’été! C’est ce qui est arrivé ces derniers jours, la chaleur, l’humidité, la pluie qui boude et la nécessité de pallier à son absence. Heureusement qu’avec le temps, la ferme a développé des réflexes pavloviens, où le manque d’eau est automatiquement suivi par le déroulement d’un ‘layflat’, auquel s’ajoute le débobinement d’un goutte à goutte et la mise en marche des pompes dans les étangs. Intermède technique mais salutaire au bien-être des plantes, la question étant toujours : ‘et comment allons-nous faire quand nos plans d’eau seront vides?’ comme nous l’avons vécu l’été dernier en plein juillet! C’est un risque que l’on est prêt à prendre et advienne que pourra.

‘I went to the market, mon p’tit panier sous mon bras’

La tension est montée d’un cran à la ferme, comme si on en avait besoin… La raison : l’ouverture, non pas d’un, mais de nos deux kiosques aux marchés publics d’Atwater et de Jean-Talon, vendredi prochain, alors que les fleuristes qui ont lancé la saison laissent leur place aux maraichers qui la cloront en octobre quand la bise sera venue… On s’affaire donc depuis quelques jours, rabotage et ponçage, teinture et sablage, rien qui ne fasse penser agriculture mais qui interpellera certainement les chalands du dimanche et les fidèles de ces temples du bien-être. L’ouverture de ces marchés est pour nous un deuxième lancement de la saison des cultures, mêmes légumes, différents environnements mais toujours le plaisir de retrouver nos habitués et d’en découvrir de nouveaux.


Un rappel aussi : le retour du notre traditionnel méchoui, interrompue depuis l’ouverture de notre kiosque du marché Atwater, mais que nous relançons sous de meilleurs auspices, le lundi de la fête du travail, en l’occurrence le 2 septembre 2019. C’est une formule potluck, nous fournissons les agneaux, vous venez avec vos plats préférés que nous partagerons et on vous fait le tour des champs. Les détails suivront.

Au Roi Kale

La ferme a basculé dans l’été, comme ça, sans trompette ni tambour. Après nuits froides et journées pluvieuses, nous avons allégrement retrouvé des températures clémentes voire des soupçons de canicule. Qu’à cela ne tienne, les solanacées ont tout d’un coup récupéré vigueur et croissance alors que certaines brassicacées ont même pensé monter en orgueil. Pour les maraîchers que nous sommes, le constat est encourageant pour la suite des choses car annonciateur d’une normalisation de la vie culturale dans les champs, la possibilité de servir certains légumes selon les calendriers indiqués et ambivalence extrême, la certitude que la bataille contre les mauvaises herbes vient de commencer, une certitude qui revient nous hanter tous les ans et que seul la froidure automnale clôt sans préavis. La semaine s’est donc achevée dans un déchaînement de binettes, sachant que tout a une fin et qu’on annonce déjà le retour des ondées.

Dans les paniers, le kale est à l’honneur. Nous en produisons quatre variétés et on voudrait vous en faire goûter deux ou trois selon la taille de vos paniers. Nous savons que les smoothies sont encore populaires mais chez nous, c’est dans les braisés et en salade que nous les apprécions le plus. D’autres brassicacées feront aussi partie des choix de la semaine et nous attendons encore l’arrivée des fraises de saison qui se font toujours désirer. Au plaisir de vous retrouver tous.