Déjà vu

Cent fois sur le métier, il faut remettre son ouvrage… L’adage de Boileau ne s’est jamais aussi bien appliqué à notre étang que nous recreusons pour une troisième fois afin de répondre à nos besoins croissants en irrigation. Ils sont donc venus ce matin, ‘pépines’ sous le bras et camions dans le sillon, déplacer des montagnes de terre et de glaise et reformer ce qui, à une autre époque, n’était qu’un petit trou d’eau servant à abreuver les vaches de la ferme. C’est un spectacle impressionnant que de voir ces machines fonctionner, conduites par des artistes de la manette, grattant le sol de leurs bras télescopiques et redistribuant ces amoncellements dans les espaces environnants. Encore plus impressionnant est le temps que le creusage d’un étang peut prendre, une journée, peut-être deux si les choses se compliquent et que l’on tombe sur un ‘cap de roche’. Miracle de la machine, ode au génie humain, on peut se situer des deux côtés du débat, le résultat sera le même, il y aura un énorme trou ce soir à la ferme que l’hiver s’occupera de remplir tranquillement, au gré des précipitations et du bon vouloir des cieux.

Magnifique méchoui

Magnifique journée que nous avons eue hier pour ce méchoui 2019! Soleil brillant, ciel bleu et température douce à souhait et cela a duré le temps de l’événement car vers 15h, comme pour annoncer la fin de la récréation, le vent s’est levé, le ciel a grisonné, la température a baissé de quelques degrés, signal clair qu’il était temps de remballer assiettes et marmailles et d’affronter les bouchons de la ville. Mille fois merci à vous tous qui avez pris le temps de nous concocter les plats les plus délicieux et partager avec nous vos impressions campagnardes, vos inspirations et vos aspirations du rôle d’une ferme. Et même si le temps nous a manqué pour butiner le plus possible aux différentes tables, Claire et moi avons été enchantés d’échanger avec vous sur le métier, la vie à la ferme, nos projets futurs et j’en passe. C’est bien sûr partie remise et à ceux qui n’ont pu être là hier, il y aura une autre fois, c’est promis…

Lundi et coucher de soleil d’octobre

Avec l’arrivée de l’automne et la baisse des récoltes encore au champ, nous avons pris l’habitude depuis quelques semaines de ne pas travailler les lundi. Tant mieux, d’abord parce je n’aime pas les lundi et qu’il semble ne jamais faire beau ce jour-là, ces derniers temps en tout cas! On en profite pour poser nos béquilles, brasser de la paperasse, s’adonner au yoga et…commencer à planifier l’après-saison. Ah, l’après-saison, on y pense comme un désaltéré devant un mirage dans le désert. Mais la réalité nous rattrape vite, des communications à compléter, des récoltes à planifier et la valse à mille temps qui nous reprend, avait dit un magnifique chanteur.

Nous avons organisé le panier de cette semaine pour qu’il réponde aux besoins de la célébration de l’Action de Grâce, une ode aux légumes s’il en existait une. Il devrait y avoir de quoi satisfaire tous les palais, même notre légume fétiche, la tomate, qui, cette année, semble braver toutes les conditions, malgré les froids des derniers jours.

Ménage de champs

La semaine s’annonce fraîche et paraît-il, pluvieuse et en ce début d’octobre, ces deux états de fait vont souvent ensemble. Alors plutôt que de se lancer dans une première salve de récoltes pour les paniers de la semaine, nous avons décidé, par un soleil éclatant, de faire un nettoyage des champs déjà récoltés mais encore délaissés. Paillis et goutte à goutte retirés, un passage de débroussailleuse (bush hog) pour émietter les gros plants, un hersage grossier et vite, vite, un semis de seigle avant l’arrivée de la pluie dans les prochaines heures. Ces semis d’engrais verts automnaux sont souvent accomplis dans des conditions douteuses. Non qu’on le fasse exprès mais la météo ne coopère presque jamais, champs humides, portance amoindrie mais on ne peut laisser les sols à nu car l’érosion éolienne défait en un hiver ce que la nature a pris des millénaires à créer. On récoltera possiblement sous la pluie demain mais nous en avons l’habitude et de plus, ils annonceraient une journée plutôt clémente.

Brume d’automne

La semaine s’annonce basse et grise et la pluie des aurores en a déjà donné le ton. Mais je ne m’en plains pas tant car même s’il n’est plus aussi oppressant, le soleil des derniers jours a asséché bien des parcelles de légumes, m’obligeant in extremis à ressortir nos systèmes d’aspersion. Ce ne sera plus nécessaire et après les précipitations que l’on semble annoncer pendant les prochains jours, la question ne portera plus sur les conséquences d’un asséchement des sols mais bien sur le retour d’Hélianthe, seule force capable de libérer la terre de cet excès d’eau. C’est en fait ma préoccupation première arrivé octobre, l’incapacité des sols à se drainer et conséquemment, les difficultés croissantes quant à l’usage de ces parcelles. N’oubliez pas qu’il reste encore des champs à semer en engrais verts et d’autres à récolter, activités et lieux qui demandent malgré tout un minimum de portance. Ne broyons pas déjà noir, octobre a toujours su nous surprendre, qui sait, avec un autre de ces étés indiens…

La récolte des courges

On a récolté les dernières courges aujourd’hui. De belles courges musquées (butternut), ramassées au coucher du soleil et se reposant maintenant dans notre serre à semis vide de ses transplants. Cela ne fut jamais le cas auparavant, nous qui pensions qu’il fallait aborder la récolte des courges comme l’armée d’Alexandre devant les innombrables troupes du roi Darius. Non, cette fois-ci, nous avons choisi de diviser pour régner, la spaghetti ici, la delicata là, pour finir par la reine des reines, la musquée, que tout le monde connaît et qui réchauffera vos soirées automnales. La récolte des courges, c’est un jalon dans la saison d’une ferme, le signal que l’été est sur le point de clore, l’invitation à repenser son menu, rebrasser ses recettes et faire face à l’inévitable.

Quand le temps file

La période est intense et le temps file. Difficile à croire mais pour ce maraîcher, il reste peu de temps pour la préparation des champs de la saison prochaine. Nettoyage et hersage des parcelles déjà récoltées, semis des plus nutritifs engrais verts possibles, les séquences se suivent selon l’échéancier que nous impose Dame Nature et c’est là où les pluies tant souhaitées durant le plus profond de l’été deviennent des irritants, voire de sérieux obstacles à la préparation des champs de l’an prochain. Car, voyez-vous, tous les engrais verts ne naissent pas égaux, un mélange avoine et pois, par exemple, est bien plus riche en azote et en matière organique qu’une avoine seule et les semer trop tard affecterait leur masse totale. Alors, tout est affaire de bonne préparation et de chance et pour répondre à ce défi qui resurgit saison après saison, nous allons labourer d’ici quelques jours une nouvelle parcelle de près d’un hectare, assurant ainsi les espaces nécessaires à nos rotations.

J’aimerais dire que nous entrons de plein pied dans l’automne mais le vert gras des boisés me pousse à une certaine retenue. Peut-être qu’une nouvelle récolte, ce matin, d’une série de courges d’hiver m’inciterait à l’affirmer mais là aussi, ce serait pousser le bouchon un peu trop fort. On attendra le premier gel pour le clamer haut et fort même si en mon for intérieur, je sais que nous y sommes bel et bien. Dans vos paniers, il reste encore des traces de l’été et nous avons hâte de les partager avec vous.

Ode à l’aubergine

Les paniers en débordent ces temps-ci et devant les regards éplorés de certains, j’aimerais expliquer les raisons de cet excès. Il y a trois légumes que je cultive en quantité importante, toutes trois des solanacées d’ailleurs, l’aubergine, suivi du poivron et de la tomate. Pour cette dernière, reine des champs, il faut la prémunir de bien de maladies et la cultiver selon des techniques différentes, qu’elle soit hâtive ou tardive, en champ ou en tunnel chenille. Le résultat est le même, la tomate colonise de grandes superficies et phagocyte bien des énergies. Mais pour le poivron et l’aubergine, l’histoire est autre : c’est un insecte le coupable, la punaise terne, une bêbête du bon dieu qui sévit partout à la ferme et qui se délecte des fleurs des légumes mentionnés. Elle s’attaque aux fleurs des poivrons et des aubergines et peuvent en quelques jours faire avorter plusieurs générations de légumes, créant ainsi des trous dans leur récolte. Que faire donc? En planter beaucoup et espérer que la punaise terne s’attaquera à 30 ou 40% des fleurs mais en laissera assez pour remplir nos paniers.

Cette année, surprise, point de punaise terne dans les champs! En tout cas pas assez pour faire de sérieux dégâts. Et voilà pourquoi, nous nous retrouvons actuellement avec des plants gorgés de fleurs, chacune un légume en puissance et que nous sommes obligés de récolter afin de sauvegarder la santé physiologique du plant.

On servira donc encore des aubergines pendant quelques semaines car les composter serait sacrilège…

Trouver l’équilibre

Il a fallu réorganiser l’entrepôt, bouger des boîtes, libérer les couloirs et laisser place aux premiers légumes d’automne, nos chères courges. Et ce lundi matin, nous sommes allés les cueillir au petit matin, la spaghetti, la buttercup et j’en passe. Au passage, nous avons même ramassé les premières pastèques avec pépins, nos préférées car sucrées à point et gentiment parfumées. La course se poursuit aussi pour nettoyer les champs, engrais verts oblige et pour montrer à ceux qui nous retrouveront au méchoui des parcelles un tant soit peu présentables. Comme toujours, ces derniers jours d’août me plaisent car enfin, voilà revenu le temps de l’équilibre, équilibre des températures entre des jours aux chaleurs doucereuses et aux nuits tout juste fraiches, équilibre aussi dans la composition des légumes, la solanacée, la feuille et la racine. Je dis cela sachant que vous allez encore avoir un amoncellement d’aubergines dans vos paniers mais comme le dit si prudemment ma professeur de yoga quand elle ne veut pas que l’on se blesse en faisant un exercice, ‘c’est une direction que l’on cherche à trouver’…

Récoltes abondantes

L’ail est récolté depuis fin juillet (il sèche tranquillement dans notre grange rouge) et les tomates italiennes rougissent à vue d’œil sur les plants. C’est donc le moment des commandes spéciales pour ceux et celles qui aiment s’adonner aux cannages et/ou qui veulent faire des réserves d’allium. Cette année, vous pouvez placer vos commandes, jusqu’à épuisement des stocks, à travers notre site Internet ici et les ramasser à votre point de livraison régulier de paniers bio ou à l’un de nos kiosques fermiers à Atwater ou Jean-Talon quand ils seront traités au cours des prochaines semaines. On vous avisera de la date prévue de votre livraison à l’avance, et vous pourrez payer en espèces ou même, dans nos kiosques marché, par interac (i.e. avec votre carte débit).

L’ail : facile à conserver en autant que vous suiviez certaines règles, il devrait durer jusqu’à la fin du printemps voire plus tard si les conditions d’entreposage sont à leur optimum. On conseille de le garder dans l’emballage d’origine (un sac en papier), dans une dépense de cuisine, loin de la lumière et des grosses fluctuations de température. Une armoire fera l’affaire, pas de frigo bien sûr et encore moins un garage humide et frisquet. 

La tomate italienne : nous produisons deux variétés de tomates italiennes, la San Marzano et la Roma. Les deux sont idéales pour le cannage car riches en chair et sans trop de jus. Comme nous les récoltons proches de leur maturité, il serait important pour la qualité de votre cannage que vous les transformiez dans les deux ou trois jours qui suivent leur réception.