Frénésie de … désherbage

La semaine s’est terminée dans une frénésie de désherbage. Non que l’on ne voyait pas les choses venir mais les petites pluies des jours précédents et le soleil plombant les sols, on savait que l’inexorable s’en venait, ce maraîcher sentant monter en lui une inquiétude sourde, celle qui annonce que sans une intervention rapide, on allait échapper une culture ou deux.

Vous vous en doutez, d’une liste interminable de choses à accomplir, il a fallu choisir quelques platebandes qui se devaient d’être nettoyées, lame après lame, dent contre dent, un genou suivant l’autre. Les laitues ici, les oignons là et le maïs et les betteraves. La mauvaise herbe a la couenne dure et les neuf vies d’un chat. On le sait et on aborde cet exercice avec l’état d’esprit du coureur de fond, ne pas s’énerver, clipper fort, trouver son rythme, faire le vide et tenir jusqu’aux premiers froids quand un gel salvateur nous libérera de cette fatalité…

La semaine qui s’en vient sera pleine de rebondissements car en plus de livrer nos paniers en quartiers résidentiels, nous inaugurons nos deux kiosques aux marchés Atwater (#99-100, devant Première Moisson) et Jean-Talon (#198-199-200 sur ‘l’Allée verte’), à compter du vendredi 3 juillet. Vous nous y trouverez entre 9 et 18h le vendredi, et 9h et 17h le samedi et le dimanche. Ce courriel est donc un petit rappel aux abonnés de nos deux marchés de venir chercher vos paniers aux journées choisies.

Le panier, lui, est un beau mélange de feuilles et de légumes racines dont un de mes préférés, la betterave que nous servirons avec feuilles.

Ode aux irrigateurs

Si vous cherchez dans le dico, vous sourirez quant aux définitions de ce mot et à leurs usages mais chez nous, les irrigateurs sont des énergumènes en chair et en os, qui ont sué sang et eau, littéralement, pour amener le précieux liquide aux légumes déjà plantés. Deux canicules déjà et cette deuxième semble vouloir battre un record d’assiduité. Nous avons nommé deux personnes à cette tâche tant fondamentale, deux jeunes pleins d’entrain, qui ont quadrillé la ferme, sillonné ses allées, déroulé du goutte à goutte dans les rangs, planté des arroseurs automatiques dans toute une flopée de légumes racines et affronté les sautes d’humeur de nos pompes à moteur. C’est un travail déjà ingrat quand la température est agréable mais à plus de 30 degrés Celsius, on flirte avec le calvaire et la procession…Mais il faut ce qu’il faut et laisser des légumes s’assécher dans les champs faute d’eau aurait été impensable. En tout cas, mission accomplie et vous pourrez, un jour, remercier nos deux garçons, Djamel et Imad, qui ont su si bien relever ce défi.

Le panier maintenant : il ressemble un peu à celui de la semaine dernière mais avec l’ajout des fraises que nous nous sommes procurés chez nos amis maraîchers à Farnham, la Ferme des 3 Samson. Nous ne faisons plus de fraises depuis quelques années mais devant les difficultés que nous avons dernièrement à trouver des fraises bio de qualité, nous allons y revenir, maintenant que nous ajoutons 4 hectares nouveaux aux 6 actuellement en usage.

Tout un mois de mai

Quel mois de mai avons-nous vécu! Tout y est passé en matière d’extrêmes de saison! Des nuits à -5 Celsius à des journées dépassant les 30 degrés. Cela veut dire, des heures à protéger avec des bâches flottantes les légumes intrépidement plantés aux premières giboulées pour se retrouver ces jours-ci à trainer des dizaines de mètres de tuyaux d’irrigation d’une parcelle à une autre afin de ne pas les perdre. Tout cela promet pour cet été qui nous souhaite la bienvenue à sa façon…

Bref, la jeune équipe des Jardins d’Arlington s’est affairée à maintes tâches, la principale, bien sûr, étant la plantation de milliers de plants allant des oignons et poireaux aux betteraves, épinards et autres laitues, sans oublier les brassicacées.  Le gros de ce travail continuera jusqu’à la mi-juin avec les solanacées et les cucurbitacées que nous ne plantons qu’une fois les risques de gel bel et bien évacués. Le temps radieux des derniers jours à ravivé les plants déjà aux champs, eux qui avaient ‘stallé’ pour reprendre une expression du terroir durant les grands froids…

Tout compte fait, nous avons espoir que nos légumes rattraperont le temps perdu à vivoter dans les champs durant les premiers jours de mai.

Famille et amis

Comme pour bien d’entre vous, le Covid chamboule un peu nos façons de faire à la ferme. Pas tellement en ce qui concerne nos cultures, car pour débuter nos semis, les repiquer et les chouchouter, nous sommes plutôt assez autonomes et consciencieux. Je ne parle même pas de la préparation des parcelles car même là, le travail est fait maison, assis sur nos tracteurs, enfouissant les résidus de culture ou détruisant des restants d’engrais verts dans nos sols. Je fais plutôt allusion à l’arrivée tardive de notre contingent mexicain, six employés sur lesquels je compte beaucoup durant la saison et dont j’apprécie l’ardeur au travail et l’efficacité. Cette saison, gracieuseté du Covid, il va falloir ronger son frein et attendre leur arrivée plus tard que prévu, possiblement vers la fin mai ou début juin. Ce n’est pas une calamité car nous l’avions anticipée et mis sur pied un plan B qui consiste à la ‘conscription’ des amis de nos enfants, prêts à ‘tougher’ les éléments, affronter les rigueurs du travail de la terre et planter les dizaines de milliers de transplants qui attendent patiemment leur tour sur nos tables d’endurcissement. La battue a marché car nous en avons trouvé suffisamment pour débuter les plantations en attendant le renforcement du groupe.

Les inscriptions vont bon train et à ce rythme, nous sommes à quelques semaines d’afficher complet. Légumes frais et petits fruits dans les paniers, œufs de la ferme en mode premier arrivé premier servi et bien sûr les pains du Capitaine Levain si vous vous abonnez à leur boulange. Plus que sept semaines avant le jour J pour les paniers de la saison ‘régulière’ et neuf semaines avant le début des paniers de kiosque aux Marchés Atwater et Jean-Talon.

Ma serre à moi

Je pourrais passer toute ma saison des cultures dans ma serre à semis. Et c’est ce que je fais d’ailleurs depuis les ides de mars. L’espace est attrayant, tout de bois construit et l’ambiance on ne peut plus zen dans cet havre de paix et de chaleur. Ces moments sont précieux et ô combien importants pour bien lancer une saison, partir les oignons et les poireaux, les poivrons et les aubergines et bientôt les tomates, sans oublier les vagues incessantes de laitues, brocolis et autres betteraves qui attendent patiemment leur tour. La liste est longue, répétitive et planifiée au quart de tour parce que même si nous sommes tributaires des aléas de la météo une fois dans les champs, la succession des semis en serre ne laisse rien à la chance mais tout à Excel…

Mais la satisfaction ultime, ce sont ces moments d’introspection, méditatifs presque, où les gestes renouvelés nous amènent autre part, cette huit centième semence de laitue qui retrouve sa cuvette ou ce deux millième plant de poivron que je repique et à qui je redonne un nouvel espace de liberté. Oui, j’y passerais bien la saison mais cela ne se fera pas car déjà se pointe à l’horizon le vortex des plantations et des semis aux champs, activités tonitruantes s’il en est et qui nous rappellent brusquement l’intense agitation qui s’exercera sur nous durant tout l’été. On a déjà hâte…

La patience est une vertu

Le confinement des dernières semaines a été une opportunité pour vaquer aux affaires pressantes et moins pressantes de la ferme, les semis en serre bien sûr, mais aussi de petits et grands projets mis au rancard ces dernières années mais pour lesquels cette quarantaine était une occasion inespérée de les remettre sur la table. Pendant que ce maraîcher remplit les plateaux dans le confort douillet de la serre à semis, il a demandé à sa progéniture de démonter la grande serre détruite l’an dernier suite aux vents violents d’une nuit fatidique, la suite étant sa reconstruction durant le courant de l’été afin de pouvoir cultiver des légumes pour nos fins de saison. Les autres projets incluent une réorganisation de notre salle de lavage, la construction d’une salle d’entreposage pour nos courges et le déménagement de notre salle d’outils. Tant que cette jeunesse restera proche des prémisses, elle sera mise à contribution et on la remercie grandement… Comme vous tous, nous nous installons dans ce confinement avec l’espoir des lendemains meilleurs mais aussi de la patience retrouvée.

Rites printaniers

En cette ère du COVID-19, rien de mieux que de se projeter dans le futur et entrevoir des jours plus gracieux. Plus qu’une semaine avant l’ouverture de nos serres et vogue la valse des semis. Nous avons pratiquement tout reçu, de l’aubergine à la tomate et de la courge d’été au poivron doux, sans oublier les fines herbes et le maïs. On ne se pressera pas trop, mais il faudra trouver un petit moment pour nettoyer la serre de fond en comble, remettre les tables d’aplomb, elles qui ont été déstabilisées par l’effet du gel et du dégel (oui, même en serre!) et tester les fournaises. C’est le rituel printanier pour nous, un passage obligé pour s’assurer que les semis, période charnière à la ferme, se fassent dans des conditions optimales, elles qui s’étaleront de la fin mars à la fin août.

Lancement de la saison 2020

C’est avec plaisir et trépidation que nous lançons la saison 2020 des paniers bio, notre onzième pour être précis. Nous avons eu la décence d’attendre la fin de la première véritable tempête hivernale de l’année pour le faire mais à quelques semaines de l’ouverture de notre serre à semis, il était temps de ‘partir’ les ordinateurs, dépoussiérer quelques liens sur le site Internet et appuyer sur la touche ‘envoyer’. Esprits reposés, corps requinqués, il faut déjà se projeter dans la saison des cultures qui nous attend et qui nous promet comme d’habitude son lot de surprises. Tabula rasa, c’est ainsi que nous abordons chaque saison, avec la détermination de faire mieux et de partager avec vous le meilleur de ce que nos jardins ont à vous offrir.

La formule des paniers bio ne change pas : nous vous offrons toujours un grand et petit panier, le premier pour suffire aux besoins alimentaires de trois à quatre adultes et le deuxième amplement suffisant pour un ou deux adultes, voire une petite famille avec un ou deux jeunes enfants. La saison ‘régulière’ débutera le mercredi 17 juin pour se compléter le jeudi 5 novembre, juste avant les grands froids, un total de 21 semaines… Les abonnés aux paniers bio de la saison ‘kiosque’ aux marchés publics Atwater et Jean-Talon débuteront à des dates différentes, horaire des marchés oblige, soit du vendredi 3 juillet au dimanche 1ier novembre, pour un total de 18 semaines. Pour les amateurs de bon pain au levain, nous sommes heureux du retour des pains du Capitaine Levain. Vous connaissez la formule, vous vous inscrivez auprès d’eux et nous ne faisons que vous amener leurs délicieux pains.

Un petit mot sur nos projets pour la saison 2020 : d’abord, nous allons rebâtir la serre endommagée par les grands vents de mars dernier et planifier la construction de deux nouvelles serres qui vont nous permettre de prolonger la saison des cultures en novembre et possiblement début décembre. Ensuite, l’ouverture de 4 hectares de nouvelles parcelles qui vont nous permettre de mieux organiser nos rotations des cultures et nous rendre totalement autonome quant à nos plans de fertilisation végétale des cultures. Enfin, poursuivre et développer de nouveaux mélanges d’engrais verts répondant aux besoins nutritifs des légumes.

La saison sera intense et nous vous invitons tous à nous rejoindre pour profiter de ses bienfaits.

Déjà vu

Cent fois sur le métier, il faut remettre son ouvrage… L’adage de Boileau ne s’est jamais aussi bien appliqué à notre étang que nous recreusons pour une troisième fois afin de répondre à nos besoins croissants en irrigation. Ils sont donc venus ce matin, ‘pépines’ sous le bras et camions dans le sillon, déplacer des montagnes de terre et de glaise et reformer ce qui, à une autre époque, n’était qu’un petit trou d’eau servant à abreuver les vaches de la ferme. C’est un spectacle impressionnant que de voir ces machines fonctionner, conduites par des artistes de la manette, grattant le sol de leurs bras télescopiques et redistribuant ces amoncellements dans les espaces environnants. Encore plus impressionnant est le temps que le creusage d’un étang peut prendre, une journée, peut-être deux si les choses se compliquent et que l’on tombe sur un ‘cap de roche’. Miracle de la machine, ode au génie humain, on peut se situer des deux côtés du débat, le résultat sera le même, il y aura un énorme trou ce soir à la ferme que l’hiver s’occupera de remplir tranquillement, au gré des précipitations et du bon vouloir des cieux.

Magnifique méchoui

Magnifique journée que nous avons eue hier pour ce méchoui 2019! Soleil brillant, ciel bleu et température douce à souhait et cela a duré le temps de l’événement car vers 15h, comme pour annoncer la fin de la récréation, le vent s’est levé, le ciel a grisonné, la température a baissé de quelques degrés, signal clair qu’il était temps de remballer assiettes et marmailles et d’affronter les bouchons de la ville. Mille fois merci à vous tous qui avez pris le temps de nous concocter les plats les plus délicieux et partager avec nous vos impressions campagnardes, vos inspirations et vos aspirations du rôle d’une ferme. Et même si le temps nous a manqué pour butiner le plus possible aux différentes tables, Claire et moi avons été enchantés d’échanger avec vous sur le métier, la vie à la ferme, nos projets futurs et j’en passe. C’est bien sûr partie remise et à ceux qui n’ont pu être là hier, il y aura une autre fois, c’est promis…