Nuits fraîches, journées chaudes

Septembre est à nos portes et amène avec lui son lot de réconfort. Les nuits sont fraîches et les journées passablement chaudes. C’est tout ce qu’il fallait comme signal pour évacuer en un tour de main les quelques insectes qui nous ont mené la vie dure au plus gros de l’été.  Oh, ils ne sont pas allés bien loin, quelques centimètres en dessous du sol, tapis entre deux molécules d’eau et un restant de légumes. Ils vont rester là jusqu’au printemps prochain, prêts à ressortir au grand jour quand la nature reprendra ses droits.

Mais on leur réserve tout une surprise, l’altise, le doryphore, la chrysomèle (que de poésie dans ces noms…), quand ils se réveilleront et qu’ils se rendront compte, tardivement j’espère, que les légumes ont déménagé leurs pénates et qu’il leur faudra quelques mois pour les retrouver.  Je ne me fais pas d’illusion, ces bestioles nous rattraperont éventuellement… mais quelques mois de répit, durant une saison, c’est salutaire. En attendant, nous continuons à planter les derniers légumes de la saison, les feuilles surtout, sachant que la froidure qui s’en vient adoucira bien des mœurs.

Preuve que l’automne est presqu’arrivé, nous avons le plaisir de vous offrir dans le panier de cette semaine les premiers poireaux, petits fûts à cuisiner à la vapeur et à napper d’une petite vinaigrette.  Pour le reste, ce sera de l’été et encore de l’été.   Au plaisir de vous retrouver tous et toutes.

Préparer le futur

On ne laboure plus vraiment en régie biologique. Cette activité, maintes fois millénaire, est passée de mode, à l’avantage de ceux qui défendent la conservation des sols et le maintien de la biodiversité souterraine. Mais quand on veut transformer une vieille prairie en nouveaux champs de culture, il y a peu de recours autres que le labour; un petit mal pour un grand bien, diront certains.

Nous avons donc labouré notre grand champ de foin, adjacent à nos anciennes parcelles, cinq nouveaux hectares de terre arable qu’il va falloir découvrir, travailler et enrichir. Tout s’est fait en quelques heures, une charrue à cinq versoirs empruntée à une ferme voisine, plusieurs passages de herse à disques pour casser les mottes et affiner la surface et aujourd’hui, lundi, une course contre la montre pour semer nos premiers engrais verts avant la supposée pluie de ce soir…

Je ne vous dis pas le sentiment de satisfaction à la vue de tous ces champs prêts à être cultivés l’an prochain, car cela faisait plusieurs années que nous appréhendions le manque d’espace pour respecter nos plans de fertilisation et nos rotations. C’est chose faite maintenant et soulagement ultime, c’est notre combat contre la mauvaise herbe qui s’en voit facilité car une vieille praire, fauchée régulièrement, en contient peu. La saison 2021 vient donc juste de commencer!

Le panier de cette semaine ressemble pas mal à celui de la semaine dernière, à la différence que c’est le tour de la pastèque de faire son apparition. C’est mon fruit d’été préféré et je vous l’offre avec pépins afin que vous vous rappeliez qu’avant l’apparition des variétés hybrides sans pépins, s’amuser en mangeant de la pastèque voulait dire qui pouvait ‘cracher’ ses pépins le plus loin…

Le maïs de cette semaine est un ‘deux couleurs’ aussi délicieux que celui de la semaine dernière et j’ai bon espoir de vous en offrir encore la semaine prochaine, les ratons étant bien méfiants ces temps-ci…

Enfin, août

Enfin, août! Non que l’arrivée de ce mois signifierait la fin du maraîchage, loin de là, mais plutôt l’apparition d’une lumière au bout du tunnel de nos frustrations… C’est le mois du début du nettoyage des champs et celui de la plantation des derniers légumes d’automne. C’est aussi le mois des grands semis d’engrais verts, preuve, qu’en agriculture bio, il faut gérer le présent en s’assurant d’avoir déjà les pieds dans les champs de demain.Non que l’arrivée de ce mois signifierait la fin du maraîchage, loin de là, mais plutôt l’apparition d’une lumière au bout du tunnel de nos frustrations… C’est le mois du début du nettoyage des champs et celui de la plantation des derniers légumes d’automne. C’est aussi le mois des grands semis d’engrais verts, preuve, qu’en agriculture bio, il faut gérer le présent en s’assurant d’avoir déjà les pieds dans les champs de demain.

Et c’est un peu tout cela qui nous occupe actuellement, la transformation de nos pâturages jamais cultivés en légumes, les semis intensifs d’avoine et de pois dans les parcelles déjà récoltées et bien sûr, tout le reste, les récoltes, le désherbage, la plantation des légumes d’automne, le rutabaga, les différents types de radis, le retour des navets japonais et rabioles car bien qu’au plus profond de l’été, c’est maintenant qu’il faut agir.

Août, c’est encore le mois de la prudence, car si les nuits commencent à se faire plus fraîches, les journées sont encore chaudes et humides. Il faudra malgré tout combattre l’altise avec nos filets, la cicadelle probablement et les nouvelles maladies, fongiques surtout, le blanc dans les courges, le botrytis dans les tomates et j’en passe.

Mais août, c’est aussi le mois de l’abondance et je sais que vous avez été bien patients et d’une haute civilité. La trinité des solanacées, le maïs, les melons, que de bonnes choses que vous trouverez dans vos paniers très bientôt.

L’été

Dans les jardins, les solanacées se préparent pour leur tour de chant. Même si ici et là, il y aura encore une brassicacée dans les paniers, au plus profond de l’été, c’est au tour de la tomate, de l’aubergine et du poivron de susciter notre émoi et nos inspirations. Amantes du soleil et de l’eau, elles recherchent nos étés les plus intenses. Peut-être pas les canicules des semaines précédentes mais des journées bien chaudes, sans excès, suivis d’une saucée ou deux.

Elles arrivent presque en même temps, l’odorante tomate, l’aubergine à la robe luxuriante, suivies du pataud poivron, toujours le dernier à exprimer son affable caractère. Ces princes des potagers représentent la quintessence de l’été, la raison d’être de tous nos efforts et la source de nos plus grands plaisirs culinaires, chez ce maraîcher en tout cas. Ceux qui nous connaissent savent notre parti pris pour l’aubergine et la place qu’elle peut prendre dans nos paniers… Force est de constater malgré tout qu’il y a inflexion dans les champs et que l’on entre de plein pied dans le profond de l’été, pour notre plus grand plaisir.

Ce sixième panier sera le moins feuillu, histoire de vous donner le temps de cuisiner le kale et la bette à carde qui traineraient dans vos frigos. Ne vous attendez pas non plus à avoir les trois légumes cités plus haut en même temps dans votre panier cette semaine. Chacun débute sa fructification et on fera en fonction des quantités récoltées cette semaine. Vous avez grandement apprécié le cassis et nous en sommes ravis. Cette fois-ci, c’est au tour du bleuet de faire son apparition.

Vents légers

La semaine s’est achevée sur une note rafraîchissante, des ondées ici et là et un vent léger pour agrémenter le tout. Assez d’eau pour étancher les soifs de bien des légumes mais pas assez pour renflouer les réserves des étangs. On prendra ce que la nature nous permettra. De concert, les légumes et les mauvaises herbes se sont donnés le La pour savoir qui l’emportera, au grand dam de ce maraîcher pour qui ce combat ne devrait avoir qu’une seule issue.

On ne laissera pas perdurer ce face à face dont on connaît le dénouement si laissé au bon vouloir de la nature, car c’est le combat de David contre Goliath, un plant seul face à une multitude de graines proliférant tout autour. À la liste déjà longue de tâches à accomplir à la ferme, la semaine débutera demain sur une fixation freudienne, libérer nos légumes de l’envahissement de mauvaises herbes que Juillet transporte avec lui, accéléré par une des périodes les plus chaudes que l’on ait connue depuis belle lurette. Je vous dirai dans une autre communication si la conclusion sera hollywoodienne…

Tout pousse dans les champs bien sûr, mais notre attention s’est portée ces derniers jours sur la protection de nos plants de bleuets dont les fruits commencent à bleuir. Déjà les merles et les geais ont repéré les petits fruits et bientôt ce sera toute la colonie aviaire de la région qui va se donner le mot pour le party.  Nous avons commencé à poser des filets anti-oiseaux sur les plants et bientôt, il va falloir trouver les petites mains fouineuses pour récolter ce qui me semble le fruit emblématique de notre province.

Côté légumes, nous pensions pouvoir vous offrir les premières carottes de la saison mais elles ont besoin d’une autre bonne semaine pour prendre un peu plus de coffre. En attendant, nous vous servirons de nouveau des betteraves qui semblent avoir eu une saison hors du commun. La bonne chose avec la betterave est que vous pouvez l’entreposer dans votre frigo et l’oublier pendant des semaines sans vous en inquiéter. D’ailleurs, nous vous proposons une panoplie de recettes recherchée et organisée par notre amie Laure, afin que vous les apprêtiez.

Une belle équipe

J’ai poussé un soupir de soulagement en voyant Librado, le dernier de mes six employés provenant du Mexique. Deux mois que cela a pris pour que les autorités de nos deux pays respectifs laissent passer, au compte-goutte, chacun de ces travailleurs. La Covid a le dos large et on l’a accusée de bien des choses mais dans le cas qui nous concerne, il fallait jouer de prudence, s’assurer que nous offrions à nos employés venus de loin les conditions nécessaires pour un séjour sécuritaire. La ferme étant petite à l’échelle des fermes dont nous proviennent les nouvelles inquiétantes d’employés affectés par la Covid, nous avons réussi à placer les nôtres en quarantaine dans des appartements appartenant à des amis (merci Catherine et Jean…) ou à nos propres enfants étudiant en ville.

Ces arrivées tardives d’employés essentiels à la bonne marche de la ferme nous ont posé bien des tracas de logistique et de bon fonctionnement des diverses activités maraîchères. Je remercie grandement la flopée de jeunes qui nous ont donné un méchant coup de main en mai, pour débuter la saison, planter tout ce qui pouvait l’être, installer des filets, irriguer, mais je savais, au plus profond de moi, que sans l’expérience et la résilience de mes employés mexicains, cette ferme ne tiendrait pas sur le long terme cette saison.

Bien sûr, je pourrais en dire bien plus sur notre dépendance devant la ressource humaine provenant de l’étranger, mais ceci n’est qu’un petit courriel vous donnant un aperçu superficiel sur une problématique majeure touchant l’agriculture en général et le maraîchage en particulier. Aujourd’hui, au Québec (et il en est de même dans le reste du pays), il est très difficile de produire des fruits et légumes sans l’apport crucial de cette communauté. Je revisiterai ce sujet une autre fois peut-être.

La bonne nouvelle est que notre équipe est maintenant complète: Librado, Jhenrri, Crescencio, Gerardo, Crispin et Gregorio, entourés de Djamel, Imad, Tarek, Arnaud, Julien et Émile, sans oublier les personnes en charge de monter les paniers et faire les semis, Yamina, Maïka et Emmanuelle. Au marché et aux points de chute, il y aura nous bien sûr mais aussi les deux Sophie, Natalia, Alexis et Laurent. Méchante équipe, vous allez dire, et nous sommes plus que contents de les avoir toutes et tous, à nos côtés.

Dans les paniers, cette semaine, ce sera un peu comme la semaine dernière, en attendant l’arrivée des solanacées qui progressent bien. La nouveauté sera le fenouil, à manger crû en salade, rôti sur le bbq ou cuisiné dans une soupe de poisson…

Frénésie de … désherbage

La semaine s’est terminée dans une frénésie de désherbage. Non que l’on ne voyait pas les choses venir mais les petites pluies des jours précédents et le soleil plombant les sols, on savait que l’inexorable s’en venait, ce maraîcher sentant monter en lui une inquiétude sourde, celle qui annonce que sans une intervention rapide, on allait échapper une culture ou deux.

Vous vous en doutez, d’une liste interminable de choses à accomplir, il a fallu choisir quelques platebandes qui se devaient d’être nettoyées, lame après lame, dent contre dent, un genou suivant l’autre. Les laitues ici, les oignons là et le maïs et les betteraves. La mauvaise herbe a la couenne dure et les neuf vies d’un chat. On le sait et on aborde cet exercice avec l’état d’esprit du coureur de fond, ne pas s’énerver, clipper fort, trouver son rythme, faire le vide et tenir jusqu’aux premiers froids quand un gel salvateur nous libérera de cette fatalité…

La semaine qui s’en vient sera pleine de rebondissements car en plus de livrer nos paniers en quartiers résidentiels, nous inaugurons nos deux kiosques aux marchés Atwater (#99-100, devant Première Moisson) et Jean-Talon (#198-199-200 sur ‘l’Allée verte’), à compter du vendredi 3 juillet. Vous nous y trouverez entre 9 et 18h le vendredi, et 9h et 17h le samedi et le dimanche. Ce courriel est donc un petit rappel aux abonnés de nos deux marchés de venir chercher vos paniers aux journées choisies.

Le panier, lui, est un beau mélange de feuilles et de légumes racines dont un de mes préférés, la betterave que nous servirons avec feuilles.

Ode aux irrigateurs

Si vous cherchez dans le dico, vous sourirez quant aux définitions de ce mot et à leurs usages mais chez nous, les irrigateurs sont des énergumènes en chair et en os, qui ont sué sang et eau, littéralement, pour amener le précieux liquide aux légumes déjà plantés. Deux canicules déjà et cette deuxième semble vouloir battre un record d’assiduité. Nous avons nommé deux personnes à cette tâche tant fondamentale, deux jeunes pleins d’entrain, qui ont quadrillé la ferme, sillonné ses allées, déroulé du goutte à goutte dans les rangs, planté des arroseurs automatiques dans toute une flopée de légumes racines et affronté les sautes d’humeur de nos pompes à moteur. C’est un travail déjà ingrat quand la température est agréable mais à plus de 30 degrés Celsius, on flirte avec le calvaire et la procession…Mais il faut ce qu’il faut et laisser des légumes s’assécher dans les champs faute d’eau aurait été impensable. En tout cas, mission accomplie et vous pourrez, un jour, remercier nos deux garçons, Djamel et Imad, qui ont su si bien relever ce défi.

Le panier maintenant : il ressemble un peu à celui de la semaine dernière mais avec l’ajout des fraises que nous nous sommes procurés chez nos amis maraîchers à Farnham, la Ferme des 3 Samson. Nous ne faisons plus de fraises depuis quelques années mais devant les difficultés que nous avons dernièrement à trouver des fraises bio de qualité, nous allons y revenir, maintenant que nous ajoutons 4 hectares nouveaux aux 6 actuellement en usage.

Enfin la première semaine des livraisons!

Les températures ont été clémentes ces derniers jours et les légumes ont retrouvé les conditions propices à une reprise de leur croissance. Nous avons donc le plaisir de vous informer que nous livrerons le premier panier de la saison selon l’échéancier d’origine, à compter du mercredi 17 juin pour les points de livraison de Montréal Ouest et Ville Mont Royal et le jeudi 18 juin pour celui de Westmount ainsi qu’à la ferme. Un rappel important pour les abonnés aux paniers de kiosque (18 semaines) à Jean-Talon et Atwater: vos livraisons débuteront le premier weekend de l’ouverture de nos kiosques aux deux marchés, soit le 3, le 4 ou le 5 juillet, selon le jour de livraison choisi.
<pCovid oblige, nous avons un tant soit peu changé certains aspects de nos modes de récupération des paniers, l’élément principal étant que seuls les employés de la ferme seront habilités à aller chercher votre panier personnalisé. Nous faisons cela pour respecter les règles de distanciation sociale et répondre aux inquiétudes de certains quant à une trop grande promiscuité dans un espace restreint. Nous vous invitons à consulter les schémas de distribution de chacun des points de livraison résidentiels concernés et de bien vouloir respecter le 2 mètres de distance entre vous. Enfin, nous avons prolongé la plage horaire des livraisons qui débutera à 16h pour finir à 19h. Afin de mieux prévoir vos arrivées, nous n’avons rien de scientifique à vous proposer mais nous allons laisser les lois de la probabilité agir de la façon suivante : si votre horaire le permet et que la première lettre de votre nom de famille se situe entre A et H, venez entre 16 heures et 17 heures, entre I et P, entre 17 et 18 heures et si entre Q et Z, la dernière heure vous est consacrée. Ce sont bien sûr des suggestions car si votre horaire ne le permet pas, venez quand vous pouvez.
Nos habitués le savent, le contenu des deux ou trois premiers paniers est assez feuillu et cette année ne sera pas différente : kale ou bette à carde, épinards, roquette, laitue, petits navets, fleur d’ail (oui, déjà!), bok choi, fines herbes, choux rave, s’ils trouvent la force de grossir un peu plus et les pommes de terre grelot (2019) de mon fournisseur habituel, Ferme Réal Samson et fils, un voisin et un des meilleurs producteurs de poms terre bio du Québec.
N’OUBLIEZ PAS : de venir avec vos propres sacs à provisions et de ramasser vos pains si vous vous êtes inscrits au programmes pain du Capitaine Levain.Au plaisir de vous retrouver tous.

Tout un mois de mai

Quel mois de mai avons-nous vécu! Tout y est passé en matière d’extrêmes de saison! Des nuits à -5 Celsius à des journées dépassant les 30 degrés. Cela veut dire, des heures à protéger avec des bâches flottantes les légumes intrépidement plantés aux premières giboulées pour se retrouver ces jours-ci à trainer des dizaines de mètres de tuyaux d’irrigation d’une parcelle à une autre afin de ne pas les perdre. Tout cela promet pour cet été qui nous souhaite la bienvenue à sa façon…

Bref, la jeune équipe des Jardins d’Arlington s’est affairée à maintes tâches, la principale, bien sûr, étant la plantation de milliers de plants allant des oignons et poireaux aux betteraves, épinards et autres laitues, sans oublier les brassicacées.  Le gros de ce travail continuera jusqu’à la mi-juin avec les solanacées et les cucurbitacées que nous ne plantons qu’une fois les risques de gel bel et bien évacués. Le temps radieux des derniers jours à ravivé les plants déjà aux champs, eux qui avaient ‘stallé’ pour reprendre une expression du terroir durant les grands froids…

Tout compte fait, nous avons espoir que nos légumes rattraperont le temps perdu à vivoter dans les champs durant les premiers jours de mai.