Travail d’équipe

Je ne peux laisser finir la saison sans revenir sur ceux qui ont planté, sarclé et récolté tous les légumes qui ont fait partie de vos paniers. 2020 aura été une année exceptionnelle : nos employés réguliers provenant du Mexique sont arrivés avec deux mois de retard et il a fallu tous les moyens de persuasion de la part de nos enfants pour convaincre leurs amis de venir nous donner un coup de main afin de lancer la saison en mai.

Avec le recul, je peux dire mission accomplie sur le plan des ressources humaines. Les jeunes ont appris sur le tas et ont fait de leur mieux pour partir nos légumes, les planter, les arroser, les désherber et ce durant une période qui a viré du plus froid au plus chaud.

Covid oblige, il a fallu instaurer des mesures d’hygiène et de sécurité afin de protéger nos travailleurs locaux et étrangers, créer des bulles afin de minimiser les interactions entre ceux qui vivaient à temps plein à la ferme et ceux qui rentraient chez eux. En tout, ce seront une bonne trentaine de travailleurs qui auront foulé le sol de la ferme, participant à maintes activités agricoles, plus une demi-douzaine d’employés et amis qui nous ont prêté main-forte aux kiosques de marché à Jean-Talon et Atwater.

Enfin, je veux souligner l’apport capital de nos employés mexicains, eux qui quittent leurs familles pendant de longs mois afin d’améliorer leur sort et sans qui notre entreprise ne pourrait fonctionner. Ils sont l’épine dorsale de notre ferme et je leur dois une fière chandelle. Un grand merci à Crescencio, Jhenrri, Gregorio, Librado, Gerardo et Crispin. À l’année prochaine!

Le 20ième panier est encore fort en couleur et généreux en légumes feuilles. Nous allons d’ailleurs devoir cueillir ces derniers en vitesse car on nous annonce plusieurs nuits en dessous de zéro au cours des prochaines journées.

Quand il faut s’armer de patience

Ils annonceraient une semaine grise et pluvieuse, apparemment… Rien de surprenant en ces fins d’octobre. On s’arme de patience, on enfile les cirés, on colmate les bottes de pluie et on regarde droit devant.

Dans les champs, c’est le status quo. Beaucoup de légumes feuilles et de moins en moins de racines, récoltées au fur et à mesure des besoins. À ce stade-ci de la saison, il n’y a plus grand-chose d’agronomique qui se passe dans nos parcelles. Nous venons de débuter la plantation de l’ail de l’an prochain, plantation qui sera probablement entrecoupée par la série d’ondées qu’Environnement Canada nous promet durant la semaine. Nous avons même arrêté les semis d’engrais verts sur le dernier tiers restant de nos champs car le froid et la grisaille ne produiront pas de miracle quant à leur croissance. Il ne reste donc plus que du nettoyage, des paillis ici, des arceaux là-bas et des sacs de rétention un peu partout.

Dans les paniers, des racines et des feuilles et le retour du fenouil, petit mais plein de saveur. N’oubliez pas de consulter notre lien recettes si vous êtes à court d’idées et je vous rappelle qu’il ne reste plus que deux semaines pour les abonnés du marché Atwater et trois semaines pour les abonnés de quartier pour récupérer vos paniers vacances.

Dernier bout d’information, le livre de cuisine dont nous avons fait la promotion (La Saison des légumes, de notre amie productrice bio Mariève Savaria) a été choisi par Catherine Lefebvre, dans Le Devoir, comme une de ses trois lectures d’automne. Félicitations à Marie-Eve pour son ouvrage dont on souligne la grande qualité. Au plaisir de vous retrouver tous.

Au plaisir de vous retrouver tous.

Odes à la nature et chasseurs

Une journée glorieuse se déploie devant nous, fraîche mais ensoleillée, joyeux début d’une semaine qui s’annoncerait en dents de scie climatiquement parlant. Mes déambulations matinales dans les dernières parcelles de légumes m’ont rappelées le deuxième mouvement lent du Chant de la terre de Mahler (Le Solitaire en automne), une ode à la beauté de la nature qui s’étiole, si bien rendue par le hautbois mais aussi une ode à l’acceptation de l’inévitable, nous qui, en ces contrées, connaissons si bien cela.

Autre indice que l’on n’arrêtera pas le temps est le va-et-vient de plus en plus incessant des chasseurs qui préparent leur saison, certains construisant leurs caches dans les fonds des boisés, d’autres parsemant les sentiers forestiers de carottes ou de pommes, tels des petits poucets de notre ère moderne… Bientôt, retentira dans l’air le bruit des cartouches et déjà le chevreuil médite sur la meilleure façon de les esquiver…

Revenons à notre panier de la semaine, un mélange bien automnal, où la feuille tient encore sa place malgré le gel du dimanche soir. Quelques nouveautés, le radiccio, les choux de Bruxelles et le radis Daikon mais aussi le retour de la pomme de terre pour réchauffer les estomacs engourdis.

Dans le giron de l’automne

La ferme est entrée de plein pied dans le giron de l’automne. Feuilles mortes partout, arbres épars, la nature se vide de son trop plein de vie. Comment a-t-on fait pour basculer aussi vite dans cette autre étape de la vie à la ferme? C’est un mystère qui me surprend à chaque fois. Il ne reste dans les champs que de longs rangs de légumes qui peupleront vos paniers au cours des prochaines semaines.

C’est une période qui me sied, quand cette même nature s’affaire à séparer le bon grain de l’ivraie, facilitant le travail de ce maraîcher et de nos employés. Entre deux récoltes, nous nous dépêchons de nettoyer les champs, ranger les derniers systèmes d’irrigation encore utilisés dans les tunnels et ramassant ici et là les accessoires que nous avions perdus de vue dans les grandes herbes de l’été…

Nous nous apprêtons à récolter nos légumes racines, les radis de spécialité, les carottes et le rutabaga, libérant ainsi des pans entiers de champs que nous ensemencerons aussitôt avec un petit seigle d’automne. Je ne dirais pas que les choses se font dans l’urgence mais certainement avec un certain sentiment de fébrilité.

Dans les paniers, des légumes qui vous rappelleront que l’action de grâce est à nos portes. Pour certains, ce sera la buttercup, pour d’autres la citrouille ou encore la courge poivrée, chacune agrémentée de feuilles et de racines. Et en parlant de racines, j’aimerais attirer votre attention que ce n’est pas parce qu’ils sont durs comme fer quand vous les recevez que vous pouvez les entreposer dans vos frigos sans protection. Pour les apprécier le plus longtemps possible, nous vous invitons à les mettre dans des contenants en plastique entreposés dans votre frigidaire. Le ‘crisper’ du bas ne protège strictement rien et vos carottes vireront molles si vous les laissez à l’air libre, frigo ou pas.

Sur ce, au plaisir de vous retrouver tous.

Que des faits, et même pas alternatifs

La Grange Beattie, Les Jardins d’Arlington — par Peter Toth

Il ne reste plus que six livraisons à la saison (cinq pour les paniers de kiosque au marché) et la couleur des feuilles sur les arbres nous le rappelle cruellement. Nous entrons de plein pied dans l’automne et les paniers seront en partie constitués de légumes racines faciles à entreposer dans votre réfrigérateur.

Aussi, j’aimerais faire un peu de publicité pour une ferme bio amie, Les Jardins d’Ambroisie, dont la co-propriétaire, Mariève Savaria, traiteure de renom dans une autre vie, vient de publier un livre de cuisine bien inspirant, La Saison des Légumes. Nous nous permettons de le publiciser car Mariève et son conjoint Francis Madore et nous sommes sur la même longueur d’ondes quant à nos principes et notre approche face à ce que nous consommons, c’est-à-dire manger ce qui est en saison, manger local dans la mesure du possible et s’éloigner des aliments qui requièrent un usage exagéré de pesticides de synthèse.

Pour mieux connaitre ce personnage haut en couleur, je vous invite à lire cet article dans Caribou et pourquoi pas, soutenir son projet fou mais combien réussi en vous offrant son bel ouvrage, un genre de cadeau de Noël… avant Noël.

Dans le panier cette semaine, des courges variées, des radis, des betteraves, bref, vous voyez la chanson…

 

Septembre, mois de tous les espoirs

La semaine dernière avait débuté dans la froidure pour clore sur un véritable déluge. Septembre est donc bel et bien là et avec lui les périls d’une météo revêche. Dans les champs, le vert a perdu de son lustre, toujours présent bien sûr mais laissant petit à petit la place aux différentes teintes de jaune ou de brun.  Mais Septembre est aussi le mois de tous les espoirs, la possibilité que l’été perdure et dans cette suite, les chances d’une croissance soutenue des légumes dans le champs. C’est l’option que je préfère, un soleil fort pour aiguillonner nos légumes feuilles et nos racines mais avec ce fond froid pour contenir nos insectes ravageurs.

À quelques plateaux près, les dés sont jetés car nous avons déjà ou sommes en processus de compléter la plantation de ce qui nous sustentera durant les deux prochains mois. La feuille sous tous ses états mais aussi la racine, emblème de ce qui a nourri le Québec durant ces longs mois d’hiver. Et pour ceux que le sujet intéresse, les nouvelles parcelles labourées et ensemencées en pois et avoine, ces parcelles qui lanceront la nouvelle décennie des Jardins d’Arlington, ont très bien réagi, comme cette photo attestera…

En attendant, je viens de mettre au four la première courge spaghetti de l’année et ma foi, le plaisir a été total, goûteux, onctueux et d’un orange saisissant. C’est ainsi que nous inaugurons Septembre et la diversité de courges qui sera notre lot au cours des prochaines semaines. Nous venons aussi d’entreposer, pour bien sécher, la belle variété d’oignons de conservation que je partagerai avec vous dans les paniers automnaux, en commençant par celui de cette semaine.

Sur ce, bon début de semaine et à très bientôt.

Une belle équipe

J’ai poussé un soupir de soulagement en voyant Librado, le dernier de mes six employés provenant du Mexique. Deux mois que cela a pris pour que les autorités de nos deux pays respectifs laissent passer, au compte-goutte, chacun de ces travailleurs. La Covid a le dos large et on l’a accusée de bien des choses mais dans le cas qui nous concerne, il fallait jouer de prudence, s’assurer que nous offrions à nos employés venus de loin les conditions nécessaires pour un séjour sécuritaire. La ferme étant petite à l’échelle des fermes dont nous proviennent les nouvelles inquiétantes d’employés affectés par la Covid, nous avons réussi à placer les nôtres en quarantaine dans des appartements appartenant à des amis (merci Catherine et Jean…) ou à nos propres enfants étudiant en ville.

Ces arrivées tardives d’employés essentiels à la bonne marche de la ferme nous ont posé bien des tracas de logistique et de bon fonctionnement des diverses activités maraîchères. Je remercie grandement la flopée de jeunes qui nous ont donné un méchant coup de main en mai, pour débuter la saison, planter tout ce qui pouvait l’être, installer des filets, irriguer, mais je savais, au plus profond de moi, que sans l’expérience et la résilience de mes employés mexicains, cette ferme ne tiendrait pas sur le long terme cette saison.

Bien sûr, je pourrais en dire bien plus sur notre dépendance devant la ressource humaine provenant de l’étranger, mais ceci n’est qu’un petit courriel vous donnant un aperçu superficiel sur une problématique majeure touchant l’agriculture en général et le maraîchage en particulier. Aujourd’hui, au Québec (et il en est de même dans le reste du pays), il est très difficile de produire des fruits et légumes sans l’apport crucial de cette communauté. Je revisiterai ce sujet une autre fois peut-être.

La bonne nouvelle est que notre équipe est maintenant complète: Librado, Jhenrri, Crescencio, Gerardo, Crispin et Gregorio, entourés de Djamel, Imad, Tarek, Arnaud, Julien et Émile, sans oublier les personnes en charge de monter les paniers et faire les semis, Yamina, Maïka et Emmanuelle. Au marché et aux points de chute, il y aura nous bien sûr mais aussi les deux Sophie, Natalia, Alexis et Laurent. Méchante équipe, vous allez dire, et nous sommes plus que contents de les avoir toutes et tous, à nos côtés.

Dans les paniers, cette semaine, ce sera un peu comme la semaine dernière, en attendant l’arrivée des solanacées qui progressent bien. La nouveauté sera le fenouil, à manger crû en salade, rôti sur le bbq ou cuisiné dans une soupe de poisson…

Frénésie de … désherbage

La semaine s’est terminée dans une frénésie de désherbage. Non que l’on ne voyait pas les choses venir mais les petites pluies des jours précédents et le soleil plombant les sols, on savait que l’inexorable s’en venait, ce maraîcher sentant monter en lui une inquiétude sourde, celle qui annonce que sans une intervention rapide, on allait échapper une culture ou deux.

Vous vous en doutez, d’une liste interminable de choses à accomplir, il a fallu choisir quelques platebandes qui se devaient d’être nettoyées, lame après lame, dent contre dent, un genou suivant l’autre. Les laitues ici, les oignons là et le maïs et les betteraves. La mauvaise herbe a la couenne dure et les neuf vies d’un chat. On le sait et on aborde cet exercice avec l’état d’esprit du coureur de fond, ne pas s’énerver, clipper fort, trouver son rythme, faire le vide et tenir jusqu’aux premiers froids quand un gel salvateur nous libérera de cette fatalité…

La semaine qui s’en vient sera pleine de rebondissements car en plus de livrer nos paniers en quartiers résidentiels, nous inaugurons nos deux kiosques aux marchés Atwater (#99-100, devant Première Moisson) et Jean-Talon (#198-199-200 sur ‘l’Allée verte’), à compter du vendredi 3 juillet. Vous nous y trouverez entre 9 et 18h le vendredi, et 9h et 17h le samedi et le dimanche. Ce courriel est donc un petit rappel aux abonnés de nos deux marchés de venir chercher vos paniers aux journées choisies.

Le panier, lui, est un beau mélange de feuilles et de légumes racines dont un de mes préférés, la betterave que nous servirons avec feuilles.

Ode aux irrigateurs

Si vous cherchez dans le dico, vous sourirez quant aux définitions de ce mot et à leurs usages mais chez nous, les irrigateurs sont des énergumènes en chair et en os, qui ont sué sang et eau, littéralement, pour amener le précieux liquide aux légumes déjà plantés. Deux canicules déjà et cette deuxième semble vouloir battre un record d’assiduité. Nous avons nommé deux personnes à cette tâche tant fondamentale, deux jeunes pleins d’entrain, qui ont quadrillé la ferme, sillonné ses allées, déroulé du goutte à goutte dans les rangs, planté des arroseurs automatiques dans toute une flopée de légumes racines et affronté les sautes d’humeur de nos pompes à moteur. C’est un travail déjà ingrat quand la température est agréable mais à plus de 30 degrés Celsius, on flirte avec le calvaire et la procession…Mais il faut ce qu’il faut et laisser des légumes s’assécher dans les champs faute d’eau aurait été impensable. En tout cas, mission accomplie et vous pourrez, un jour, remercier nos deux garçons, Djamel et Imad, qui ont su si bien relever ce défi.

Le panier maintenant : il ressemble un peu à celui de la semaine dernière mais avec l’ajout des fraises que nous nous sommes procurés chez nos amis maraîchers à Farnham, la Ferme des 3 Samson. Nous ne faisons plus de fraises depuis quelques années mais devant les difficultés que nous avons dernièrement à trouver des fraises bio de qualité, nous allons y revenir, maintenant que nous ajoutons 4 hectares nouveaux aux 6 actuellement en usage.

Enfin la première semaine des livraisons!

Les températures ont été clémentes ces derniers jours et les légumes ont retrouvé les conditions propices à une reprise de leur croissance. Nous avons donc le plaisir de vous informer que nous livrerons le premier panier de la saison selon l’échéancier d’origine, à compter du mercredi 17 juin pour les points de livraison de Montréal Ouest et Ville Mont Royal et le jeudi 18 juin pour celui de Westmount ainsi qu’à la ferme. Un rappel important pour les abonnés aux paniers de kiosque (18 semaines) à Jean-Talon et Atwater: vos livraisons débuteront le premier weekend de l’ouverture de nos kiosques aux deux marchés, soit le 3, le 4 ou le 5 juillet, selon le jour de livraison choisi.
<pCovid oblige, nous avons un tant soit peu changé certains aspects de nos modes de récupération des paniers, l’élément principal étant que seuls les employés de la ferme seront habilités à aller chercher votre panier personnalisé. Nous faisons cela pour respecter les règles de distanciation sociale et répondre aux inquiétudes de certains quant à une trop grande promiscuité dans un espace restreint. Nous vous invitons à consulter les schémas de distribution de chacun des points de livraison résidentiels concernés et de bien vouloir respecter le 2 mètres de distance entre vous. Enfin, nous avons prolongé la plage horaire des livraisons qui débutera à 16h pour finir à 19h. Afin de mieux prévoir vos arrivées, nous n’avons rien de scientifique à vous proposer mais nous allons laisser les lois de la probabilité agir de la façon suivante : si votre horaire le permet et que la première lettre de votre nom de famille se situe entre A et H, venez entre 16 heures et 17 heures, entre I et P, entre 17 et 18 heures et si entre Q et Z, la dernière heure vous est consacrée. Ce sont bien sûr des suggestions car si votre horaire ne le permet pas, venez quand vous pouvez.
Nos habitués le savent, le contenu des deux ou trois premiers paniers est assez feuillu et cette année ne sera pas différente : kale ou bette à carde, épinards, roquette, laitue, petits navets, fleur d’ail (oui, déjà!), bok choi, fines herbes, choux rave, s’ils trouvent la force de grossir un peu plus et les pommes de terre grelot (2019) de mon fournisseur habituel, Ferme Réal Samson et fils, un voisin et un des meilleurs producteurs de poms terre bio du Québec.
N’OUBLIEZ PAS : de venir avec vos propres sacs à provisions et de ramasser vos pains si vous vous êtes inscrits au programmes pain du Capitaine Levain.Au plaisir de vous retrouver tous.