Septembre, mois de tous les espoirs

La semaine dernière avait débuté dans la froidure pour clore sur un véritable déluge. Septembre est donc bel et bien là et avec lui les périls d’une météo revêche. Dans les champs, le vert a perdu de son lustre, toujours présent bien sûr mais laissant petit à petit la place aux différentes teintes de jaune ou de brun.  Mais Septembre est aussi le mois de tous les espoirs, la possibilité que l’été perdure et dans cette suite, les chances d’une croissance soutenue des légumes dans le champs. C’est l’option que je préfère, un soleil fort pour aiguillonner nos légumes feuilles et nos racines mais avec ce fond froid pour contenir nos insectes ravageurs.

À quelques plateaux près, les dés sont jetés car nous avons déjà ou sommes en processus de compléter la plantation de ce qui nous sustentera durant les deux prochains mois. La feuille sous tous ses états mais aussi la racine, emblème de ce qui a nourri le Québec durant ces longs mois d’hiver. Et pour ceux que le sujet intéresse, les nouvelles parcelles labourées et ensemencées en pois et avoine, ces parcelles qui lanceront la nouvelle décennie des Jardins d’Arlington, ont très bien réagi, comme cette photo attestera…

En attendant, je viens de mettre au four la première courge spaghetti de l’année et ma foi, le plaisir a été total, goûteux, onctueux et d’un orange saisissant. C’est ainsi que nous inaugurons Septembre et la diversité de courges qui sera notre lot au cours des prochaines semaines. Nous venons aussi d’entreposer, pour bien sécher, la belle variété d’oignons de conservation que je partagerai avec vous dans les paniers automnaux, en commençant par celui de cette semaine.

Sur ce, bon début de semaine et à très bientôt.

Une belle équipe

J’ai poussé un soupir de soulagement en voyant Librado, le dernier de mes six employés provenant du Mexique. Deux mois que cela a pris pour que les autorités de nos deux pays respectifs laissent passer, au compte-goutte, chacun de ces travailleurs. La Covid a le dos large et on l’a accusée de bien des choses mais dans le cas qui nous concerne, il fallait jouer de prudence, s’assurer que nous offrions à nos employés venus de loin les conditions nécessaires pour un séjour sécuritaire. La ferme étant petite à l’échelle des fermes dont nous proviennent les nouvelles inquiétantes d’employés affectés par la Covid, nous avons réussi à placer les nôtres en quarantaine dans des appartements appartenant à des amis (merci Catherine et Jean…) ou à nos propres enfants étudiant en ville.

Ces arrivées tardives d’employés essentiels à la bonne marche de la ferme nous ont posé bien des tracas de logistique et de bon fonctionnement des diverses activités maraîchères. Je remercie grandement la flopée de jeunes qui nous ont donné un méchant coup de main en mai, pour débuter la saison, planter tout ce qui pouvait l’être, installer des filets, irriguer, mais je savais, au plus profond de moi, que sans l’expérience et la résilience de mes employés mexicains, cette ferme ne tiendrait pas sur le long terme cette saison.

Bien sûr, je pourrais en dire bien plus sur notre dépendance devant la ressource humaine provenant de l’étranger, mais ceci n’est qu’un petit courriel vous donnant un aperçu superficiel sur une problématique majeure touchant l’agriculture en général et le maraîchage en particulier. Aujourd’hui, au Québec (et il en est de même dans le reste du pays), il est très difficile de produire des fruits et légumes sans l’apport crucial de cette communauté. Je revisiterai ce sujet une autre fois peut-être.

La bonne nouvelle est que notre équipe est maintenant complète: Librado, Jhenrri, Crescencio, Gerardo, Crispin et Gregorio, entourés de Djamel, Imad, Tarek, Arnaud, Julien et Émile, sans oublier les personnes en charge de monter les paniers et faire les semis, Yamina, Maïka et Emmanuelle. Au marché et aux points de chute, il y aura nous bien sûr mais aussi les deux Sophie, Natalia, Alexis et Laurent. Méchante équipe, vous allez dire, et nous sommes plus que contents de les avoir toutes et tous, à nos côtés.

Dans les paniers, cette semaine, ce sera un peu comme la semaine dernière, en attendant l’arrivée des solanacées qui progressent bien. La nouveauté sera le fenouil, à manger crû en salade, rôti sur le bbq ou cuisiné dans une soupe de poisson…

Frénésie de … désherbage

La semaine s’est terminée dans une frénésie de désherbage. Non que l’on ne voyait pas les choses venir mais les petites pluies des jours précédents et le soleil plombant les sols, on savait que l’inexorable s’en venait, ce maraîcher sentant monter en lui une inquiétude sourde, celle qui annonce que sans une intervention rapide, on allait échapper une culture ou deux.

Vous vous en doutez, d’une liste interminable de choses à accomplir, il a fallu choisir quelques platebandes qui se devaient d’être nettoyées, lame après lame, dent contre dent, un genou suivant l’autre. Les laitues ici, les oignons là et le maïs et les betteraves. La mauvaise herbe a la couenne dure et les neuf vies d’un chat. On le sait et on aborde cet exercice avec l’état d’esprit du coureur de fond, ne pas s’énerver, clipper fort, trouver son rythme, faire le vide et tenir jusqu’aux premiers froids quand un gel salvateur nous libérera de cette fatalité…

La semaine qui s’en vient sera pleine de rebondissements car en plus de livrer nos paniers en quartiers résidentiels, nous inaugurons nos deux kiosques aux marchés Atwater (#99-100, devant Première Moisson) et Jean-Talon (#198-199-200 sur ‘l’Allée verte’), à compter du vendredi 3 juillet. Vous nous y trouverez entre 9 et 18h le vendredi, et 9h et 17h le samedi et le dimanche. Ce courriel est donc un petit rappel aux abonnés de nos deux marchés de venir chercher vos paniers aux journées choisies.

Le panier, lui, est un beau mélange de feuilles et de légumes racines dont un de mes préférés, la betterave que nous servirons avec feuilles.

Ode aux irrigateurs

Si vous cherchez dans le dico, vous sourirez quant aux définitions de ce mot et à leurs usages mais chez nous, les irrigateurs sont des énergumènes en chair et en os, qui ont sué sang et eau, littéralement, pour amener le précieux liquide aux légumes déjà plantés. Deux canicules déjà et cette deuxième semble vouloir battre un record d’assiduité. Nous avons nommé deux personnes à cette tâche tant fondamentale, deux jeunes pleins d’entrain, qui ont quadrillé la ferme, sillonné ses allées, déroulé du goutte à goutte dans les rangs, planté des arroseurs automatiques dans toute une flopée de légumes racines et affronté les sautes d’humeur de nos pompes à moteur. C’est un travail déjà ingrat quand la température est agréable mais à plus de 30 degrés Celsius, on flirte avec le calvaire et la procession…Mais il faut ce qu’il faut et laisser des légumes s’assécher dans les champs faute d’eau aurait été impensable. En tout cas, mission accomplie et vous pourrez, un jour, remercier nos deux garçons, Djamel et Imad, qui ont su si bien relever ce défi.

Le panier maintenant : il ressemble un peu à celui de la semaine dernière mais avec l’ajout des fraises que nous nous sommes procurés chez nos amis maraîchers à Farnham, la Ferme des 3 Samson. Nous ne faisons plus de fraises depuis quelques années mais devant les difficultés que nous avons dernièrement à trouver des fraises bio de qualité, nous allons y revenir, maintenant que nous ajoutons 4 hectares nouveaux aux 6 actuellement en usage.

Enfin la première semaine des livraisons!

Les températures ont été clémentes ces derniers jours et les légumes ont retrouvé les conditions propices à une reprise de leur croissance. Nous avons donc le plaisir de vous informer que nous livrerons le premier panier de la saison selon l’échéancier d’origine, à compter du mercredi 17 juin pour les points de livraison de Montréal Ouest et Ville Mont Royal et le jeudi 18 juin pour celui de Westmount ainsi qu’à la ferme. Un rappel important pour les abonnés aux paniers de kiosque (18 semaines) à Jean-Talon et Atwater: vos livraisons débuteront le premier weekend de l’ouverture de nos kiosques aux deux marchés, soit le 3, le 4 ou le 5 juillet, selon le jour de livraison choisi.
<pCovid oblige, nous avons un tant soit peu changé certains aspects de nos modes de récupération des paniers, l’élément principal étant que seuls les employés de la ferme seront habilités à aller chercher votre panier personnalisé. Nous faisons cela pour respecter les règles de distanciation sociale et répondre aux inquiétudes de certains quant à une trop grande promiscuité dans un espace restreint. Nous vous invitons à consulter les schémas de distribution de chacun des points de livraison résidentiels concernés et de bien vouloir respecter le 2 mètres de distance entre vous. Enfin, nous avons prolongé la plage horaire des livraisons qui débutera à 16h pour finir à 19h. Afin de mieux prévoir vos arrivées, nous n’avons rien de scientifique à vous proposer mais nous allons laisser les lois de la probabilité agir de la façon suivante : si votre horaire le permet et que la première lettre de votre nom de famille se situe entre A et H, venez entre 16 heures et 17 heures, entre I et P, entre 17 et 18 heures et si entre Q et Z, la dernière heure vous est consacrée. Ce sont bien sûr des suggestions car si votre horaire ne le permet pas, venez quand vous pouvez.
Nos habitués le savent, le contenu des deux ou trois premiers paniers est assez feuillu et cette année ne sera pas différente : kale ou bette à carde, épinards, roquette, laitue, petits navets, fleur d’ail (oui, déjà!), bok choi, fines herbes, choux rave, s’ils trouvent la force de grossir un peu plus et les pommes de terre grelot (2019) de mon fournisseur habituel, Ferme Réal Samson et fils, un voisin et un des meilleurs producteurs de poms terre bio du Québec.
N’OUBLIEZ PAS : de venir avec vos propres sacs à provisions et de ramasser vos pains si vous vous êtes inscrits au programmes pain du Capitaine Levain.Au plaisir de vous retrouver tous.

Tout un mois de mai

Quel mois de mai avons-nous vécu! Tout y est passé en matière d’extrêmes de saison! Des nuits à -5 Celsius à des journées dépassant les 30 degrés. Cela veut dire, des heures à protéger avec des bâches flottantes les légumes intrépidement plantés aux premières giboulées pour se retrouver ces jours-ci à trainer des dizaines de mètres de tuyaux d’irrigation d’une parcelle à une autre afin de ne pas les perdre. Tout cela promet pour cet été qui nous souhaite la bienvenue à sa façon…

Bref, la jeune équipe des Jardins d’Arlington s’est affairée à maintes tâches, la principale, bien sûr, étant la plantation de milliers de plants allant des oignons et poireaux aux betteraves, épinards et autres laitues, sans oublier les brassicacées.  Le gros de ce travail continuera jusqu’à la mi-juin avec les solanacées et les cucurbitacées que nous ne plantons qu’une fois les risques de gel bel et bien évacués. Le temps radieux des derniers jours à ravivé les plants déjà aux champs, eux qui avaient ‘stallé’ pour reprendre une expression du terroir durant les grands froids…

Tout compte fait, nous avons espoir que nos légumes rattraperont le temps perdu à vivoter dans les champs durant les premiers jours de mai.

Ma serre à moi

Je pourrais passer toute ma saison des cultures dans ma serre à semis. Et c’est ce que je fais d’ailleurs depuis les ides de mars. L’espace est attrayant, tout de bois construit et l’ambiance on ne peut plus zen dans cet havre de paix et de chaleur. Ces moments sont précieux et ô combien importants pour bien lancer une saison, partir les oignons et les poireaux, les poivrons et les aubergines et bientôt les tomates, sans oublier les vagues incessantes de laitues, brocolis et autres betteraves qui attendent patiemment leur tour. La liste est longue, répétitive et planifiée au quart de tour parce que même si nous sommes tributaires des aléas de la météo une fois dans les champs, la succession des semis en serre ne laisse rien à la chance mais tout à Excel…

Mais la satisfaction ultime, ce sont ces moments d’introspection, méditatifs presque, où les gestes renouvelés nous amènent autre part, cette huit centième semence de laitue qui retrouve sa cuvette ou ce deux millième plant de poivron que je repique et à qui je redonne un nouvel espace de liberté. Oui, j’y passerais bien la saison mais cela ne se fera pas car déjà se pointe à l’horizon le vortex des plantations et des semis aux champs, activités tonitruantes s’il en est et qui nous rappellent brusquement l’intense agitation qui s’exercera sur nous durant tout l’été. On a déjà hâte…

Lancement de la saison 2020

C’est avec plaisir et trépidation que nous lançons la saison 2020 des paniers bio, notre onzième pour être précis. Nous avons eu la décence d’attendre la fin de la première véritable tempête hivernale de l’année pour le faire mais à quelques semaines de l’ouverture de notre serre à semis, il était temps de ‘partir’ les ordinateurs, dépoussiérer quelques liens sur le site Internet et appuyer sur la touche ‘envoyer’. Esprits reposés, corps requinqués, il faut déjà se projeter dans la saison des cultures qui nous attend et qui nous promet comme d’habitude son lot de surprises. Tabula rasa, c’est ainsi que nous abordons chaque saison, avec la détermination de faire mieux et de partager avec vous le meilleur de ce que nos jardins ont à vous offrir.

La formule des paniers bio ne change pas : nous vous offrons toujours un grand et petit panier, le premier pour suffire aux besoins alimentaires de trois à quatre adultes et le deuxième amplement suffisant pour un ou deux adultes, voire une petite famille avec un ou deux jeunes enfants. La saison ‘régulière’ débutera le mercredi 17 juin pour se compléter le jeudi 5 novembre, juste avant les grands froids, un total de 21 semaines… Les abonnés aux paniers bio de la saison ‘kiosque’ aux marchés publics Atwater et Jean-Talon débuteront à des dates différentes, horaire des marchés oblige, soit du vendredi 3 juillet au dimanche 1ier novembre, pour un total de 18 semaines. Pour les amateurs de bon pain au levain, nous sommes heureux du retour des pains du Capitaine Levain. Vous connaissez la formule, vous vous inscrivez auprès d’eux et nous ne faisons que vous amener leurs délicieux pains.

Un petit mot sur nos projets pour la saison 2020 : d’abord, nous allons rebâtir la serre endommagée par les grands vents de mars dernier et planifier la construction de deux nouvelles serres qui vont nous permettre de prolonger la saison des cultures en novembre et possiblement début décembre. Ensuite, l’ouverture de 4 hectares de nouvelles parcelles qui vont nous permettre de mieux organiser nos rotations des cultures et nous rendre totalement autonome quant à nos plans de fertilisation végétale des cultures. Enfin, poursuivre et développer de nouveaux mélanges d’engrais verts répondant aux besoins nutritifs des légumes.

La saison sera intense et nous vous invitons tous à nous rejoindre pour profiter de ses bienfaits.

La récolte des courges

On a récolté les dernières courges aujourd’hui. De belles courges musquées (butternut), ramassées au coucher du soleil et se reposant maintenant dans notre serre à semis vide de ses transplants. Cela ne fut jamais le cas auparavant, nous qui pensions qu’il fallait aborder la récolte des courges comme l’armée d’Alexandre devant les innombrables troupes du roi Darius. Non, cette fois-ci, nous avons choisi de diviser pour régner, la spaghetti ici, la delicata là, pour finir par la reine des reines, la musquée, que tout le monde connaît et qui réchauffera vos soirées automnales. La récolte des courges, c’est un jalon dans la saison d’une ferme, le signal que l’été est sur le point de clore, l’invitation à repenser son menu, rebrasser ses recettes et faire face à l’inévitable.

Récoltes abondantes

L’ail est récolté depuis fin juillet (il sèche tranquillement dans notre grange rouge) et les tomates italiennes rougissent à vue d’œil sur les plants. C’est donc le moment des commandes spéciales pour ceux et celles qui aiment s’adonner aux cannages et/ou qui veulent faire des réserves d’allium. Cette année, vous pouvez placer vos commandes, jusqu’à épuisement des stocks, à travers notre site Internet ici et les ramasser à votre point de livraison régulier de paniers bio ou à l’un de nos kiosques fermiers à Atwater ou Jean-Talon quand ils seront traités au cours des prochaines semaines. On vous avisera de la date prévue de votre livraison à l’avance, et vous pourrez payer en espèces ou même, dans nos kiosques marché, par interac (i.e. avec votre carte débit).

L’ail : facile à conserver en autant que vous suiviez certaines règles, il devrait durer jusqu’à la fin du printemps voire plus tard si les conditions d’entreposage sont à leur optimum. On conseille de le garder dans l’emballage d’origine (un sac en papier), dans une dépense de cuisine, loin de la lumière et des grosses fluctuations de température. Une armoire fera l’affaire, pas de frigo bien sûr et encore moins un garage humide et frisquet. 

La tomate italienne : nous produisons deux variétés de tomates italiennes, la San Marzano et la Roma. Les deux sont idéales pour le cannage car riches en chair et sans trop de jus. Comme nous les récoltons proches de leur maturité, il serait important pour la qualité de votre cannage que vous les transformiez dans les deux ou trois jours qui suivent leur réception.