Bleu, blanc, rouge – Ciel, comme neige, grange

On a tout rangé, les tracteurs, les outils de travail, les toiles géotextiles.  Ceux qu’il fallait vraiment protéger des rigueurs de l’hiver, on les a entreposé dans les granges et les serres.  Le reste, ils se débrouilleront tout seuls, la ferme n’ayant pas assez de bâtiments fermés pour toute la machinerie que l’on a empilé au fil des ans.  Je ne ferai pas d’envolée sur le pourquoi du comment mais le constat doit être fait, l’agriculteur, plus que quiconque, est un thésaurisateur, une machine à accumuler ferraille et bois, filets et écrous.  C’est plus fort que lui car ‘on ne sait jamais’, un jamais qui selon mon expérience n’arrive presque jamais.  Mais il faudra bien que je construise un abri pour cette machinerie délaissée, un projet pour 2017 très probablement…

Tracteurs remisés - Tractor storageÀ défaut de pouvoir profiter des boisés avoisinants durant la saison estivale, faute de temps bien sûr, ce fermier attend impatiemment les premières véritables chutes de neige pour escalader les superbes pentes des Monts Sutton.  C’est donc chose faite, photos à l’appui et je peux vous assurer que pour quiconque moyennement en forme et n’ayant pas froid aux yeux, l’exercice en vaut la chandelle.  Si aux premiers abords, les feuillus ne payent de mine, chétifs mais longs qu’ils sont, le paysage se transforme très vite pour laisser place à des conifères d’une autre époque, chargés de neige que seul le poids d’une pluie verglaçante arrive à déloger. C’est dans cet état que nous avons retrouvé la forêt hier, arbres emprisonnés dans une couverture de glace, sentiers défoncés par la démarche appuyée des randonneurs de passage, vision féérique sublimant le froid perçant.  Que de plaisir à venir en tout cas, l’hiver est bel et bien installé.

Mes beaux sapins

Les Jardins d’Arlington vous souhaitent un bel hiver ainsi que santé et prospérité pour 2017.  Au plaisir de vous retrouver au printemps.

Il a neigé

Rien de tel qu’un petit pouce de neige sur l’herbe molle pour indiquer à ce maraîcher qu’il est temps de mettre fin à ce grand ballet qu’a été la saison 2016.  Annonciatrice de l’hiver que nous risquons d’avoir, neigeux, froid, cette petite couche de blanc nous est tombée comme une douche froide, pas tout à fait la bienvenue car il restait encore deux ou trois petites choses à faire dans les champs, la plus importante étant l’ail que nous devons planter avant la véritable arrivée des grands froids.  Cette année, la demande étant ce qu’elle est, c’est 15000 caïeux que nous allons mettre sous terre.  La saison 2016 arrive donc à sa fin et elle a charrié, comme bien d’autre crus, son lot de moments forts et de belles surprises.  Mais si on avait à choisir un mot pour la décrire, ce serait chaleur, que l’on pourrait aussi traduire par sécheresse, puits sec, étang bas mais aussi symphonie de saveurs et de goûts.  Mon argument n’a rien de scientifique mais je crois dur comme fer que bien des légumes ne déploient leur potentiel gustatif que lorsqu’une certaine trinité est au rendez-vous, le sol, l’eau et la chaleur, beaucoup de chaleur – et sur ce plan, nous avons été bien servis.  Un dernier mot donc pour vous remercier grandement de votre soutien durant cette saison, pour vos bons mots, vos encouragements, vos conseils.  On espère vous retrouver nombreux la saison prochaine et en attendant, nous vous souhaitons de passer un bel hiver bien québécois.

Fenêtre embuée - Foggy Window

Dans le panier cette semaine, un spécial ‘touski’, tout ce qui reste dans les champs et les tunnels.  Tel qu’indiqué la semaine dernière, on ajoutera aussi en quantité l’équivalent des quelques légumes qui ont manqué dans le premier panier de la saison.  Je vous informe aussi qu’un sondage vous sera envoyé la semaine prochaine afin de récolter vos commentaires et avis sur ce que nous faisons de bien et de… moins bien.  Prenez le temps de le remplir, il nous aidera à mieux faire les choses pour les saisons à venir.  Au plaisir de vous retrouver tous.

Logistique de fin de saison

Ménage - Clean-UpCette note sera purement informative, afin d’indiquer comment nous finirons la livraison des paniers en ces derniers jours d’octobre.  Il reste officiellement deux semaines de paniers pour compléter la saison 2016, cette semaine et la prochaine.  Nous avions aussi proposé, pour compenser les quelques légumes manquants dans le premier panier de la saison (semaine du 13 juin), d’ajouter une semaine de livraison, les mercredi 2 novembre et jeudi 3 novembre.  Mais en fait, après sérieuse cogitation et moult cafés, nous pensons qu’il serait mieux, et pour vous et pour nous, que nous terminions la saison le 30 octobre, en s’assurant que nous fassions de ce dernier panier un ‘méga panier’.  Pour respecter la valeur nominative des petits et grands paniers, nous allons augmenter les quantités des légumes offerts d’autant plus qu’à ce stade-ci de la saison, ce sont les légumes racines qui tiennent le haut du pavé, faciles à ranger dans vos bacs de frigo et à oublier…  Pour les abonnés qui ont des paniers vacances à récupérer, nous vous les livrerons aussi.  J’espère que cette solution sera à la satisfaction de tous.

Ceci dit, nous avons poursuivi la récolte des derniers légumes dans les champs et il ne reste plus grand-chose si ce n’est quelques topinambours en mal de gel prolongé et des choux fleurs hésitants à poursuivre leur croissance.  Je suis toujours impressionné par la résilience de certaines plantes dans les champs, malgré les deux nuits de gel que nous avons vécues ces derniers jours.  Mes engrais verts de pois sont encore très beaux et il en est de même pour la moutarde clairsemée dans certaines allées.

Crépuscule

Les nuits ont été fraîches ces derniers jours, pour ne pas dire carrément frigides, et ce fermier voit déjà venir la fin.  Il y a quelque chose dans un air frisquet d’octobre qui annonce le crépuscule d’une saison.  Je ne sais si c’est le vert pâlot de mon champ de fèveroles ou le léger brunissement du galinsoga agonisant mais la froidure ambiante semble altérer le chatoyant des plants qui m’entourent.  C’est triste et rafraîchissant à la fois et n’importe l’ardeur de nos jours ensoleillés, le mal est déjà fait, la plante se rendant à l’évidence d’une luminosité décroissante.  Un peu comme ces vieux éléphants qui vont s’éteindre quelque recoin d’une forêt tropicale, rien dans nos champs ne sortira indemne par quelques nuits en dessous de zéro.  Curieusement, ce ne sont que les légumes racines qui vont trouver chaussure à leur pied et se bonifier au contact du froid.  Et c’est bien pour cela que la patience est de mise car sans cette transformation du temps, ce sont nos papilles qui s’en trouveraient déçues.

Tomates d'automne - Fall Tomates

Cette semaine, dans vos paniers, des racines bien sûr mais encore quelques tomates, histoire de dire qu’on veut y croire encore, mais juste du bout des lèvres.  Des feuilles aussi, parce que de la fibre pour la digestion, c’est bon.  Au plaisir de vous retrouver tous.

Feuilles dans l'herbe - Leaves in the Grass

Dernier droit

Avec octobre, nous entamons le dernier droit.  Peut-être pas dans les conditions climatiques auxquelles nous sommes habituées (on annonce 23 degrés Celsius mercredi et jeudi!) mais certains signes ne trompent pas.  D’abord, nous ne récoltons plus à 6h du matin comme dans le plus profond de l’été car les chances de se tromper de légumes augmenteraient sensiblement.  Et puis, même s’il reste encore quelques tomates sur les plants, nous passons notre temps à récolter des racines plutôt qu’autre chose.  Cette semaine, nous avons réglé le cas des dernières betteraves et carottes mais aussi du céleri-rave et certains radis.  Suivront d’ici la mi-octobre, le topinambour et le rutabaga.  Chanceux que nous sommes, on ne prévoit pas de pluie avant la fin de la semaine.  Cela voudra dire que le retardataire que je suis va pouvoir se rattraper et ensemencer en engrais verts quelques parcelles qui commençaient à perdre patience.  Un coup de herse d’ici mercredi, une envolée d’avoine avant la fin de semaine et le tour sera joué.  Comme je ne me sens pas encore l’âme mélancolique, je remets à plus tard mes marches dans les boisés avoisinants.  Il ne faudra pas que cela traine car avec l’arrivée de la saison de la chasse, je risque d’y trouver quelques surprises…Celeriac - Root Celery

Dans les paniers, il ne reste plus vraiment de relents estivaux.  Je suis heureux par contre de vous présenter la courge buttercup et le chou de Savoie.  Avec le premier, je vous invite à concocter la plus délicieuse des soupes impliquant une courge et avec le deuxième légume, ce sera le temps de sortir les cigares.  Il y aura aussi du poireau, des oignons et des radis.  Sur ce, au plaisir de vous retrouver tous.

Glas boréal

La fin de semaine a sonné le glas de certaines solanacées.  Deux nuits à des températures avoisinant le zéro ont mis à terre les aubergines, les poivrons et pratiquement toutes les tomates cultivées sans protection.  Idem pour les haricots et les courgettes.  Il reste encore les solanacées cultivées dans nos tunnels mais même celles-là risquent de dépérir si la température ne s’assagit pas durant les prochains jours.  On en a donc profité pour retirer des champs les tomates italiennes qui perduraient sur les plants, ainsi que quelques broutilles délaissées sur des fonds de rangs.

Derniers foins - Last HayingC’est notre routine à nous en ces fins de saison, le ramassage des paillis plastique là où on en a étalé et du hersage à satiété, prélude au nécessaire semis d’engrais verts avant l’arrivée des grands froids.  À m’écouter, on serait au pied de l’hiver mais là n’est pas vraiment mon propos.  Mon inquiétude serait plutôt l’impossibilité d’entrer dans les champs avec n’importe laquelle de nos machines car octobre est souvent un mois misérable de pluie et de vent, oscillant entre l’envie de nous faire plaisir par des échappées ensoleillées et l’obligation de se soumettre au diktat de Borée.

Dieu grec du vent du nord, Boreas, Greek God of the North WindLes paniers ont décidément pris une petite tournure automnale.  Il y aura de la tomate pour la couleur mais aussi le retour de la betterave et des pommes de terre.   J’y inclus aussi du poireau (un record pour nous) et la courge sera la bien aimée butternut ou courge musquée pour les intimes.  N’oubliez pas que Capitaine Levain attend vos inscriptions si vous voulez vos pains à partir de cette semaine. Et enfin, notre amie et blogueuse, Anaïs Berzi, abonnée aux paniers depuis plusieurs années, se paye le luxe d’un passage sur Télé-Québec, en compagnie de Josée di Stasio (vendredi 30 septembre à 20h).

Au plaisir de vous retrouver tous aux points de livraison.

Le merveilleux monde des courges

Courge Delicata SquashS’il fallait attendre les risques d’un premier gel pour sortir les courges des champs, on se serait roulé les pouces encore longtemps.  Durant un court conciliabule, nous avons décidé qu’il y avait limite à tester notre patience car bien d’autres tâches agricoles nous attendent au cours des prochaines semaines.  Nous avons donc mis les bouchées doubles pour récolter ce qui me semble une quantité infinie de courges musquées, poivrées, buttercup, delicata et j’en passe. Ces courges, nous les avions plantées sur un retour de prairie, c’est-à-dire un vieux champ de foin que nous avions détruit en début de saison pour laisser place aux cucurbitacées et autres brassicacées.  Planter dans un vieux champ de foin, c’est un peu comme laisser un cycliste se doper dans un Tour quelconque, ça donne des ailes – avec la conséquence que nous avons récolté les courges sur des plants encore verts (azote, azote, azote).  Après la spaghetti des paniers précédents, nous vous présentons la délicata, ma préférée car facile à apprêter (avec sa peau), sucrée sans excès et à la texture rappelant la pomme de terre.

Courge musquée au soleil - Sunlit ButternutJe rappelle à ceux qui n’ont pas pu se présenter la semaine dernière que votre ail est prêt ainsi que vos commandes de tomates.  Venez-nous voir pour les ramasser, avec de l’argent comptant si possible…  Au plaisir de vous retrouver tous.

Qu’ils mangent de la laitue

Fin de journée - End of Day

Gros dilemme au Jardins d’Arlington cette semaine : à combien de laitues pouvez-vous faire face durant un laps de temps donné?  La question est existentielle et chaque saison, elle revient nous tarauder.  Notre plan de production nous assure que telle ou telle laitue arrivera à telle ou telle date mais, ô surprise, trois variétés aux temps de croissance différents sont prêtes à la récolte pratiquement en même temps,   Que faire?  Vous noyer sous une montagne de verdure ou nourrir les chevreuils du coin?   La problématique se pose souvent avec les légumes feuilles, en particulier les laitues qui, dans un élan télépathique, se donnent le mot pour nous jouer ce genre de tours…   Ne vous en faites tout de même pas, ce sera le nombre limité de bacs de récolte qui va déterminer la quantité de laitues dans vos paniers mais attendez-vous à plus qu’une laitue dans vos paniers.
Dans le sac - In The Bag
Bâtiments au soleil couchant - Farm Buildings at SunsetAprès les tomates, nous entamons cette semaine la distribution de vos commandes d’ail.  Tel qu’indiqué dans les courriels précédents, c’est un ail de conservation, c’est-à-dire que dans les conditions appropriées, il va tenir l’hiver voire une partie du printemps.  Assurez-vous de l’entreposer dans un endroit sec et frais, dans son contenant en papier, à l’abri de la lumière si possible.  Vous pouvez même le laisser dans votre dépense et il se débrouillera très bien.  Il reste encore des tomates italiennes dans les champs si vous tenez à faire quelques conserves pour l’hiver.  Au plaisir de vous retrouver tous.

Un automne qui tarde

Difficile à croire mais nous entamons déjà notre 12ième semaine de livraison!  Et avec septembre re-débute une autre transition, vers des légumes plus représentatifs de l’automne qui s’en vient.  Nous avons donc récolté toutes nos courges spaghetti et c’est ce qui alourdira votre panier de la semaine.  Fait inusité, c’est de force que nous faisons sortir les courges des champs car les plants ne veulent aucunement jaunir comme ils le font habituellement quand août finit par être frais et un peu crachoteux. Cette année, vous l’avez noté, on vit sur un nuage, du soleil à profusion, des pluies en attente de prière.  Le message ne passe donc pas, les plants – tous les plants – vivent une amnésie saisonnière, un refus de faire face à la réalité d’un automne qui tarde et d’un hiver qui finira bien par nous assommer…

Verge d'or - Goldenrod

Histoire de tomate

Je l’avais promis à certains d’entre vous; ce serait l’année de la tomate.  Après la déconfiture de l’année dernière, une saison à oublier pour le Solanum lycopersicum, j’avais mis les bouchées doubles pour garantir la production de 2016, en quantité et en qualité.  Je rappelle pour ceux qui n’étaient pas des nôtres l’an dernier, la tristesse infinie que peuvent ressentir le fermier et son abonné, fin juillet, devant des champs complets atteints par le mildiou, la pourriture grise, le chancre bactérien, l’alternariose, et j’en passe, gratuité bien sûr d’un été hyper mouilleux.  Une panoplie d’afflictions que je ne souhaiterais à aucun autre légume.  Je dis bouchées doubles comme je pourrais aussi dire couvertures doubles, les trois-quarts de nos tomates protégées cette année par une grande serre et deux tunnels chenille.  Devant les aléas climatiques de nos étés fous, nous n’avons plus le choix que de les couvrir et minimiser ainsi leur contact avec tout ce qui ressemble à une goutte d’eau.  Il faut aussi avouer que les canicules de cette saison nous ont beaucoup aidé, avec le dernier quart qui s’est retrouvé en plein champ, faute d’espace dans les serres.  Nous produisons bien des variétés, mes préférées étant  les tomates du patrimoine, ces laiderons surdimensionnées, sortis tout droit de l’imaginaire d’un bestiaire végétal.  Mais leur difformité est rescapée par un goût exquis, une chair sensuelle et la conviction que ce plaisir est ce qu’il y a de plus éphémère.

Histoire de tomate - Tomato Tale

Dans vos paniers, cette semaine, un avant-goût de l’automne qui s’en vient, le poireau.  Mon royaume pour un poireau.  J’ai cherché partout sur Internet si quelqu’un avait exprimé une telle opinion mais je n’ai rien trouvé.

Poireaux 2016 Leeks